Ligne Maginot et Guerre 39-45

De Montier-en-Der à Saint-Sauveur, septembre 1939

Nos familles sont arrivées à Saint-Sauveur et s'installent chez l'habitant.

Comme nous l'a écrit Marie-Thérèse, parmi elles se trouvaient sa famille maternelle, les BASSOMPIERRE, celle de son mari, les SCHMIDT-BAILLY et leurs enfants Maya et Roger. Proches de sa maman Jeanne, le tonton Emile et la tante Anne BASSOMPIERRE, épouse HUMPSCH et sa fille Irène.

Irène, 90 ans depuis ce 21 mai, trouvera à Saint-Sauveur l'élu de son coeur. Au début des années 60, elle rapatria sa maman Anne, qui vivait seule à Hestroff. Anne mourut ainsi chez sa fille à Saint-Sauveur où elle est aussi inhumée. La maison famiale à Hestroff, juste à côté du cimetière, fut vendue.

Irène reçut à plusieurs reprises un gars de Hestroff qui avait poursuivi sa carrière militaire, Louis HUMBERT, dont le dernier casernement fut Poitiers, ainsi qu'une des deux filles de ce dernier qui réalisa le dépouillement des habitants de Saint-Sauveur pour le compte de l'Université de Poitiers.

Plus récemment sa cousine germaine, Marie-Thérèse, restée en Lorraine, lui rendit visite au début de cette année.



Happy Birthday to you Irène !!!

Les cousines Marie-Thérèse et Irène à Saint-Sauveur, février 2009
Collection Marie-Thérèse LOSSON-SCHMIDT

  ... Irène s'est marié avec le fils de la ferme qui appartenait au château, Jean Cousin. Et pour cette raison, nous sommes souvent allés dans la Vienne, prenant le train pour Chatellerault.

Le chauffeur de taxi nous disait : Alors, voilà ces gens de l'Est !

J'y suis allé en février dernier, rendre visite à Irène, qui aura 90 ans le 21 mai. 

Je lui ai offert une photocopie cartonnée de mon aquarelle. Elle a beaucoup apprécié, reconnaissant la maison de son enfance et l'église telle qu'elle l'avait connue.

Elle va bien et m'a reçue chez elle où j'ai passé un très agréable séjour. Nous avons parlé "platt" et elle était surprise de si bien s'en rappeler, ne l'ayant pas utilisé depuis au moins quinze ans. J'ai aussi rencontré ses 2 fils, leurs épouses et sa fille qui habitent la région. ...



 




Par solnade - Publié dans : Ligne Maginot et Guerre 39-45
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Tout ce qui précède n'est que le premier chapître d'un livre que nous devrions écrire à plusieurs mains.

Comme nous venons de le constater, si certaines familles retournèrent sur leurs pas pour retrouver refuge dans leurs familles respectives, beaucoup ont continué leur route vers Saint-Sauveur à 6 km de Chatellerault dans la Vienne. Par train cette fois-ci. Dans quelles conditions ?

Nous n'avons pas encore eu l'opportunité d'interroger les soeurs PERINI et d'OLIVEIRA, très jeunes en ce temps-là, mais dont la mémoire est restée intacte.

Par contre, nous avons déjà le témoignage de Marie-Thérèse LOSSON-SCHMIDT, qui bien que née après cet épisode en 1940, l'a vécu pleinement tant ses parents en ont parlé :

... Je suis avec beaucoup d'intérêt ta "série" sur l'expulsion. Je n'y ai pas participé, étant née en décembre 1940 à Bouzonville (les amis de ma classe sont nés dans la Vienne) . Ma famille et mon mari et sa famille en ont fait partie. J'en ai, bien entendu, entendu parler et j'ai même rencontré à Montier-en-Der, lors d'une excursion, les personnes qui avaient hébergé ma mère et mes grands-parents. On ressent une grande émotion à lire toute cette histoire vraie !

Marie-Thérèse est la fille de Jeanne BASSOMPIERRE, la soeur du Emile dont la tatche en francique a déjà été évoquée. Marie-Thérèse compte parmi ses ascendants, outre l'incontournable Jean NADé °1680, de nombreux tyroliens tels les LIZER, HARTENSTEIN, BOLZINGER.

Son mari, Roger SCHMIDT, dont elle a eu 4 enfants, est décédé brutalement à Hestroff au coeur de l'été 1995. Sa maman Joséphine BAILLY, dite Finchen,
agée de 90 ans, à laquelle il était très dévoué,  le suivit 18 mois plus tard.

La Finchen, toujours élégante et coquette, n'allait jamais à la messe sans un joli chapeau qu'elle tirait de sa collection assez impressionnante, selon une de ses petites-filles. Elle est descendante avérée de Charlemagne (voir le CG 571). Elle était également la cousine germaine des frères Alphonse et Gilbert PHILLIP, respectivement maire honoraire d'Ebersviller et maire de Bouzonville.


Le père de Roger, Joseph, dit Péta's Nécklé, était menuisier. Bien qu'étant depuis longtemps en retraite, il accéda à notre désir, avant de décéder en 1982, de nous fabriquer sa dernière klaba (crécelle) et une luge, dont lui seul avait le secret.


Nous ne connaissons pas les ascendants de Joseph. Tout juste ses parents : Nicolas né vers 1842 et Marguerite HAUE née en 1862.










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Quelques nouvelles de nos familles expatriées :

Ma famille est partie dans un premier temps vers Dijon, puis est revenue dans le secteur de Montier-en-Der. En fait, elle habitait à Sommevoire, commune limitrophe, alors que le grand-père Nicolas travaillait à l'usine de fabrication de cloches à Montier-en-Der. Tata Génie était interprète à la demande des mairies ou de l'administration allemande. Il y a quelques photos de cette époque, mais dans la maison de Tonton René.

Jean-Luc DODELLER

Jean-Pierre HACKSPILL, sa fille Barbara, dite la Biblé, et sa petite-fille Marie-Louise HUMBERT, retournent en Moselle à Luttange plus exactement. Le petit-fils du Paté, Louis FRANCOIS, fils de Maya, sa  fille aînée, avait déjà été à la rencontre de son grand-père aux environs d'Ay-en-Moselle lors du 1er jour d'exode pour le prier de venir chez sa fille à Luttange. Le Paté y décéda en avril 1940 à l'âge de  87 ans. Il émit le voeu de reposer auprès de son épouse à Hestroff. Quelques mois plus tard, sa fille, de retour au village, rapatria son corps. Mais l'espiègle doyen de la commune fit un détour par Hastroff et Halstroff avant d'arriver dans sa paroisse où famille, voisins et amis l'attendaient depuis plus de deux heures.

Marie-Louise HUMBERT-NADé

Madeleine BERTLOLINO, épouse Eugène PICK, prit le chemin vers la Marne où des cousins l'accueillirent avec ses trois enfants, Thérèse, François et René.

François PICK

Madeleine d'OLIVEIRA, sa soeur Alice et leur mère  Mathilde BOUR poursuivirent leur chemin vers Saint-Sauveur.
Mdeleine PICK & Alice SCHILTZ

... Je suis avec beaucoup d'intérêt ta "série" sur l'expulsion. Je n'y ai pas participé, étant née en décembre 1940 à Bouzonville (les amis de ma classe sont nés dans la Vienne) . Ma famille et mon mari et sa famille en ont fait partie. J'en ai, bien entendu, entendu parler et j'ai même rencontré à Montier-en-Der, lors d'une excursion, les personnes qui avaient hébergé ma mère et mes grands-parents. On ressent une grande émotion à lire toute cette histoire vraie !
Marie-Thérèse LOSSON-SCHMIDT

Autres témoignages

Ma maman me racontait souvent l'évacuation de Filstroff : si les noms des lieux ne sont pas les mêmes, l'histoire est absolument identique; et la tata Nini ne gardait pas du tout un bon souvenir de la Vienne :on se moquait de leur accent, entre autres et le sentiment de honte ne les a jamais quittées

Mamacricri


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Sur la route de l'exode, 19 septembre 1939, Montier-en-Der


Les chevaux sont vendus au marché local pour des prix dérisoires. C'est bien connu, par temps de crise les plus malins s'enrichissent...


Les voitures laissées en dépôt par les évacués chez les particuliers de Montier-en-Der. Il faut toutefois  noter que les personnes citées sont propriétaires des véhicules mais ne sont pas nécessairement sur les lieux, beaucoup d'entre eux ayant été équisitionnés avant le départ des villageois le 2 septembre 1939.


Quand aux particuliers ayant offert le gîte aux véhicules, nous ne trouvons plus aujourd'hui à Montier-en-Der de DAVENECH ou DAVEUCH, si toutefois il s'agissait d'un patronyme (voir Camille HACKSPILL), ni de GRIFFON (Célestin DEPENWEILLER), ni de TROUSSARD (Hyppolite FONCIN et Albert CAUDY).

 

Le Moulin de l'Abattoir -dont le nom dériverait non pas de l'abattage des animaux mais des arbres -, qui accueillit les voitures de Joseph KETZINGER, Hyppolite MAILLARD, Adam MAGAR et Nicolas BOTTER, a été transformé en gîte rural.


La Bouverie, proche de l'Abattoir, où  les voitures des cousins Paul JACOB et Théophile BOUR trouvèrent refuge, offre des chambres d'hôtes itou. Le domaine est géré de nos jours par Maurice MARCHAND.


Au passage nous pouvons nous imaginer que les nôtres ont certainement connu la chapelle Saint-Berchaire datée du 16e, située en bordure du chemin reliant ces deux lieux-dits. Petit édifice à pans de bois, la chapelle fut détruite vers 1970 en raison de sa vétusté et du danger qu'il représentait.


Il semblerait qu'il existe un 2e moulin où Jean, François et Nicolas LEMMERY laissèrent chacun une voiture. Ou s'agirait-il d'une contraction du Moulin de l'Abattoir ?


Quant à la Varnière où Nicolas SCHMIDT mit en dépôt sa voiture chez la Veuve HUMBERT, à l'instar du Moulin de l'Abattoir, de la Bouverie, la ferme y offre aussi des chambres d'hôtes.


 

 

 

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