Ligne Maginot et Guerre 39-45

Mardi 12 mai 2009 2 12 /05 /Mai /2009 00:00
Sur la route de l'exode, 10 au 11 septembre 1939, St-Mard-sur-le-Mont

A 25 km de Noirlieu, situé entre Vitry-le-François et Saint-Dizier, Pargny-sur-Saulx est une commune de près de 2000 habitants au début de ce 21e. A l'intérieur de la Champagne humide, non loin de la Champagne crayeuse, la commune est traversée par l'Ornain, la Saux et le Canal de la Marne au Rhin. La commune se situe entre Vitry-le-François, Saint-Dizier et Bar-le-Duc.
Le plus grand lac artificiel d'Europe, le lac du Der-Chantecoq, est à environ 12 lieues.


Pour Pargny-sur-Saulx, nos anciens ont un trou de mémoire. On y reviendra peut-être plus tard...



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Mardi 12 mai 2009 2 12 /05 /Mai /2009 08:38

Il reste encore quelques jours aux gens de Hestroff pour atteindre Montier-en-Der où ils séjourneront de 3 à 4 semaines.

C'est à Montier-en-der que leurs destins vont se séparer...

Les uns feront marche arrière pour retrouver des cousins en Lorraine avant de rejoindre Hestroff. D'autres partiront pour Bordeaux.

Ceux qui n'avaient pas de famille pour les recevoir rejoindront Saint-Sauveur dans la Vienne.



Nous aimerions savoir qui est parti où ?




Familles Ottorino PERINI & Alphonse NADé réunies à Saint-Sauveur
Collection  Association du Fort aux Fresques



Il suffit de cliquer sur "ajouter un commentaire" en bas de page
pour nous rapporter ce que vos parents vous ont confié.
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Mardi 12 mai 2009 2 12 /05 /Mai /2009 23:29

"Le 24 Août 1939, sur ordre de l’autorité militaire  les familles logées dans les Cités cadres de la ligne Maginot, les casernes de la Garde républicaine mobile et  unités de la Compagnie de Moselle situées en « zone rouge » sont évacuées en vertu de la mesure N°27 (Alerte renforcée) ; mesure dont l’application immédiate contraint les familles à abandonner  leurs biens sur place  pour n’emporter  que de maigres bagages à main.

Ce départ précipité amorce un gigantesque mouvement de population et d’effroyables drames humains auxquels les unités de la Compagnie de Moselle vont  être confrontées jusqu’en juin 1940.

En effet, durant la journée du 1er septembre, en même temps qu’elles apposent les affiches blanches annonçant la mobilisation générale pour le samedi 2 à zéro heure, elles notifient aux maires des localités des arrondissements de Boulay, Forbach, Sarreguemines et Thionville l’ordre d’évacuation  immédiate de la population civile de la zone rouge vers l’intérieur de la France."




Extrait du site http://garde-rep-mobile-moselle.perso.neuf.fr/gendarmeriedepart.htm

 

Depuis dix jours, nous essayons de comprendre, à travers les souvenirs et les mots de nos anciens partis en exode, comment et pourquoi ils ont été jetés sur la route si brutalement. Pendant des décennies, nous avons pu entendre qu'il n'y avait eu aucune urgence pour Hestroff, pourtant placé en zone rouge ou plutôt en "3e zone" comme certains aiment à le répéter, que les pouvoirs locaux en place alors auraient déployé trop de zèle... etc... etc...

Le nouveau site
La garde républicaine de la Moselle de 1927 à 1940, mis en chantier par Roland Gautier, déjà auteur averti de 
  • http://chaussy.chez.com/
  • http://camp-de-bockange.chez-alice.fr/
vient mettre en lumière ce que nos civils ignoraient ou ont occulté ce vendredi 1er septembre 1939.

 


 


 

 

Le 24 Août 1939, sur ordre de l’autorité militaire  les familles logées dans les Cités cadres de la ligne Maginot, les casernes de la Garde républicaine mobile et  unités de la Compagnie de Moselle situées en « zone rouge » sont évacuées en vertu de la mesure N°27 (Alerte renforcée) ; mesure dont l’application immédiate contraint les familles à abandonner  leurs biens sur place  pour n’emporter  que de maigres bagages à main.

Ce départ précipité amorce un gigantesque mouvement de population et d’effroyables drames humains auxquels les unités de la Compagnie de Moselle vont  être confrontées jusqu’en juin 1940.

En effet, durant la journée du 1er septembre, en même temps qu’elles apposent les affiches blanches annonçant la mobilisation générale pour le samedi 2 à zéro heure, elles notifient aux maires des localités des arrondissements de Boulay, Forbach, Sarreguemines et Thionville l’ordre d’évacuation  immédiate de la population civile de la zone rouge vers l’intérieur de la France.

Maginot, les casernes de la Garde républicaine mobile et  unités de la Compagnie de Moselle situées en « zone rouge » sont évacuées en vertu de la mesure N°27 (Alerte renforcée) ; mesure dont l’application immédiate contraint les familles à abandonner  leurs biens sur place  pour n’emporter  que de maigres bagages à main.

Ce départ précipité amorce un gigantesque mouvement de population et d’effroyables drames humains auxquels les unités de la Compagnie de Moselle vont  être confrontées jusqu’en juin 1940.

En effet, durant la journée du 1er septembre, en même temps qu’elles apposent les affiches blanches annonçant la mobilisation générale pour le samedi 2 à zéro heure, elles notifient aux maires des localités des arrondissements de Boulay, Forbach, Sarreguemines et Thionville l’ordre d’évacuation  immédiate de la population civile de la zone rouge vers l’intérieur de la France.



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Mercredi 13 mai 2009 3 13 /05 /Mai /2009 00:00
A Saint-Rémy-en-Bouzemont-Saint-Genest-et-Isson, commune de la Marne au nom le plus long de France, se compose de trois hameaux. Située au sud de la vallée de la Marne, à l'ouest du lac du Der-Chantecoq et à 14 km au sud-est du chef-lieu d'arrondissement de Vitry-le-François, est la dernière étape de nos réfugiés avant Montier-en-Der.

C'est à Saint-Rémy, dans une belle demeure délaissée par ses propriétaires, et non pas à l'hôtel de ville qu'on voit ci-contre, que le doyen du convoi, Jean-Pierre HACKSPILL, ancien maître ébéniste, retrouve avec plaisir son ami Nicolas DODELLER, natif de Flastroff, de plus de 20 ans son benjamin, avec qui il adore s'entretenir en francique du pays des Trois frontières.

La femme du vieux Hackspill, Cartherine WEBER la sage-femme, décédée il y a 4 ans, n'est-elle pas native de la commune voisine, Kirschnaumen ? N'a-t-elle pas porté au monde les trois enfants Dodeller, Joseph, Louise et Eugénie ? Ne serait-elle pas apparentée à sa première épouse Catherine FELTEN ?


Ils nous a été rapporté que ces deux-là étaient bien contents ce soir-là de partager les mêmes murs, tant ils avaient à se raconter...Depuis leur départ de Hestroff, plus de 3 km de caravane les séparaient...

Ont-ils ce soir là évoqué une possible idylle entre la petit-fille Marie-Louise et le fils Joseph ? Certaines paroles d'encouragement le laissaient supposer... Mais nul ne le saura jamais. Joseph était quelque part en "France".

Marie-Louise prit un autre gars de Hestroff et Joseph, à son retour, alla chercher son bonheur à Monneren...

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Mercredi 13 mai 2009 3 13 /05 /Mai /2009 13:23

Sur la route de l'exode, 13 & 14 septembre 1939, St-Rémy-en-Bouzemont


Ce matin, 14 septembre 1939, se joue une mini tragi-comédie.

 

La Biblé crie au voleur ! La  « lessiveuse », planque favorite de son vison et de son jambon,  laissée sur la charrette, a été délestée de son précieux contenu.  

 

Rapidement, les soupçons se portent sur la « bonne » chargée par les maîtres de maison de prendre soin de leur demeure pendant leur absence. Peut-être aussi l’œuvre d’un rodeur, attiré par l’obsédante odeur de fumé qui s’échappait du contenant et qui avait tant incommodé pour des raisons diverses les occupants de la léétawaan.

 

Aucun des compagnons de nuitée n’éprouve cependant quelque pitié à l'encontre de la pauvre Biblé à qui on demande de la mettre en sourdine. Après tout, ce signe extérieur de richesse n'était-il pas de mauvais goût par les temps qui couraient ? Pour ce qui concerne le jambon, ils ont par contre tous un petit pincement au cœur, ou plutôt à l’estomac, et regrettent de ne pas avoir pu s'en régaler, ni l'entamer le lendemain comme elle le leur avait si bien promis …

 

Bref, il est temps de se remettre en route. Pas question d’indisposer les édiles de cette commune qui les ont reçus si dignement et redonné l’espoir de retrouver bientôt de meilleures conditions d’hébergement.

 

Aujourd’hui, ils se rappellent encore  de Saint-Rémy-en-Bouzemont qui leur a laissé, somme toute, de bons souvenirs.

 

Pour l'instant, il pleut ! Et personne n'a songé à emporter un parapluie. Ah le maudit tonton Louis, de service à la gare de Kuntzig, qui s'est opposé à ce qu'on emmène la  bâche...

 

 


 

 

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Vendredi 15 mai 2009 5 15 /05 /Mai /2009 06:26
Sur la route de l'exode, 14 septembre 1939, Saint-Rémy-en-Bouzemont

Ce matin, Hestroff se réveille à Montier-en-Der en Haute-Marne.


Montier-en-der avant 1939. Rue des Ponts - Collection Adrien MASSON

Nos anciens auront plus de 15 jours devant eux pour découvrir cette petite ville, qui compte aujourd'hui un peu plus de 2000 habitants et abrite toujours le Haras National, où nos parents sont allés admirer les "si beaux chevaux".

Logé chez l'habitant, chacun des nôtres pourra ranger dans un tiroir de sa mémoire cette "randonnée" peu glorieuse, se reposer et réfléchir à son devenir.



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Vendredi 15 mai 2009 5 15 /05 /Mai /2009 12:00

Nos parents n’ont pas connu le Lac du Der tel qu’il se présente aujourd’hui. La Marne qu’ils ont traversée entre Vitry-le-François et Saint-Dizier avant d'atteindre Saint-Rémy-en Bouzemont, a maintes fois irrité le Zouave du Pont de l’Alma à Paris. Il fut donc décidé d’assagir les affluents de la Seine, notamment la Marne dont les inondations étaient célèbres.

 

Après la crue de 1924, un programme de travaux fut établi en 2 étapes. La première étape consista à construire 4 réservoirs, entre 1832 et 1949. C’est celui de Champaubert-aux-Bois, achevé en 1938, que les gens de Hestroff auraient pu longer avant leur arrivée à Montier-en-der.

Geoportail


Le Zouave continuant à avoir trop souvent les pieds dans l’eau, il fallait davantage assagir la Marne.

 

C’est ainsi que le réservoir Marne, dit LAC du DER Chantecoq (350 millions de m3 sur 4800 hectares) fut inauguré en 1974.

 

Le choix de l'implantation du réservoir fut lié aux caractéristiques locales du sous-sol. Il était nécessaire de trouver un terrain imperméable de surface importante et comportant un relief en forme de cuvette. Ce fut le cas de la région du Bocage Champenois riche en argile. Malheureusement, le tracé du plan du lac impliqua la disparition de 3 petits villages : CHANTECOQ, CHAMPAUBERT-AUX-BOIS et NUISEMENT-AUX-BOIS.

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Samedi 16 mai 2009 6 16 /05 /Mai /2009 00:00
Sur la route de l'exode, 15 septembre 1939, Montier-en-Der

Les réfugiés sont maintenant tous installés.

Pour l'instant, nous n'avons que peu d'écho de leur quotidien à Montier-en-Der. Aussi, n'aurons nous d'autre choix que de faire jouer les acteurs que vous connaissez déjà.
Vue panoramique de Montier-en-Der. Collection Adrien MASSON

Le Paté Jean-Pierre, maîtrisant parfaitement la langue de Molière, se fait rapidement plein de copains parmi les vieux Dervois à la place du Marché.

Sa fille, la Biblé, et Madeleine BERTOLINO, épouse PICK, s'inscrivent à la Croix-Rouge. Elles se portent volontaires pour la popotte des réfugiés.

Eugénie DODELLER, fille de Nicolas, fait ses premiers pas en interprétariat de liaison entre ses concitoyens et les autochtones.


Nos jeunes François et René PICK prolongent l'école buissionnière. Les deux frères ont emmené avec eux leur vélo et c'est tout naturellement qu'ils iront admirer les beaux cavaliers sur les belles montures au Haras national.


Les dames les plus pieuses se hâteront d'aller se recueillir à l'église. Elles ont laissé derrières elles maris, frères, fils... et sont très inquiètes. 


Nos jeunes filles en herbe retrouvent goût à la coquetterie.


Les enfants fredonnent le refrain de leur nouveau tube :


"Montier-en-Der, cul en l'air"

 




 

 






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Dimanche 17 mai 2009 7 17 /05 /Mai /2009 05:50
Sur la route de l'exode, Montier-en-Der après le 16 septembre 1934

Au 7e, les moines s'installent dans la région du Der qui dépend de l'évêque de Châlons-en-Champagne. Les terres ont été données par le roi Childéric II. Une abbaye d'hommes est installée par Saint Berchaire dans la forêt selon la règle de Saint Colomban. Une église est construite.


Les armes de l'Abbaye de Montier en Der deviennent les armes de la ville "d'azur, à une fleur de lys, accompagnée de tois faucilles d'argent, emmanchées d'or, deux en chef confrontées et une en pointe"

 


10

 

L'église abbatiale fut construite en 998 par Adson.

 

 


En 1790 les moines quittèrent l'abbaye.


 

En 1940, le clocher fut détruit et reconstruit 1 an après.



En 1812,  un haras s'installe dans les bâtiments de l'abbaye. L'élevage dans les haras nationaux était essentiellement destiné à l' armée. Aujourd'hui, le haras est  partenaire du ministère de l'agriculture dans le domaine de l'élevage du cheval, de l'équitation et des courses.

 

 

 

Le Pavillon des Officiers fut détruit au cours de la nuit du 14 au 15 juin 1940

Collection Adrien MASSON

 

Montier en Der avait un hôpital qui fut détruit en 1945. Reconstruit en 1953, rénové en 1990, cette ancienne maladrerie du 18e, aurait une capacité d'accueil de 50 lits.


A l'emplacement de la maison-Dieu où les gens étaient soignés par des dames de charité, se dresse la maison de retraite qui compte plus de 110 lits.


La gare, mise en service en 1884 par la compagnie des chemins de fer de l'Est, connut un flux de voyageurs importants. Vers 1910, Montier en Der comptait jusqu'à six hôtels.


Collection Adrien MASSON


Le marché que Hestroff connut existe encore mais il a changé de place. Avant, il était près de la Mairie et dans la rue de l'Isle. De nos jours, il est sur la place Notre-Dame.

 

 


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Lundi 18 mai 2009 1 18 /05 /Mai /2009 00:00
Où étaient les hommes considérés valides,  pères, frères, fils quand, en ce bloody 1er septembre 1939, l'ordre fut donné d'expulser vieillards, femmes et enfants des villages classés en zone rouge ?


Ecrivez-nous et laissez vos témoignages à solnade@aol.com


Parmi les civils, nous avons déjà connaissance de certaines affectations. Citons notamment les employés des chemins de fer de l'Est tels que Louis HACKSPILL, gare de Kuntzig, Nicolas HUMBERT, gare de Vigy, Eugène PICK, gare de Metz, François VELLEUR, gare d'Ebersviller...

Parmi les agriculteurs, nous savons qu'Emile BOTTER fut rappelé sous les drapeaux. Affecté au Fort de Bousse. Camille HACKSPILL fut affecté à la garde du viaduc de Chailly. ...

Parmi les hommes valides désignés pour s'occuper des chevaux lors de l'exode : Jean SCHNEIDER dit Marlou's Jean, cocher de la charette Hackspill-Humbert-Pick. CIBIC, cocher de l'entourage d'Alice KIEN-FANTIN ...

Nous savons que parmi les occupants du fort de Bousse, soit le Fort aux Fresques, se trouvaient plusieurs gars du village, rappelés sous les drapeaux : Emile BOTTER, Joseph FONCIN, Jean Joseph
GOBY, dit Goby'S Jèngel, Alphonse NADé...


Faites un effort et écrivez-nous pour compléter, confirmer ou infirmer ce que nous savons déjà !



Témoignages

Joseph (DODELLER) était selon toute vraisemblance en son casernement du Mont-Vélérien à Suresnes en proche banlieue ouest de Paris (un endroit où les nazis exécuteront des résistants et des juifs en 1944 avant la libération de Paris).
Il y est à cette époque maréchal-des-logis (c'est à dire sergent dans certaines armes) dans la DCA, et quand il s'agira de combattre réellement après la "drôle de guerre", il sera amené à le faire, en tant que responsable de batterie anti-aérienne, sur le front de la Somme.


Jean-Luc Dodeller

Paul NADé, sergent au 162e RIF, est caserné au fort de Morfontaine dans le Barrois, où il fut fait prisonnier en juin 1940 en compagnie de Charles MAUJARD et Arthur HAAN.


Louis HUMBERT, qui a rempilé, est à Pontoise comme élève-officier dans une division d'infanterie motorisée.

Marie-Louise Humbert-Nadé

Camille KIEN, rappelé sous les drapeaux était à VOLMERANGE-LES-MINES. Fut fait prisonnier.

Alice Kien-Fantin






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