Les enfants de Hestroff nés dans la Vienne
A Montier-en-Der, de guerre las, nos gens s'interrogent et prennent contact avec leurs familles n'habitant pas en zone rouge.
Petit à petit, nous faisons connaissance avec ceux qui n'ont pas suivi leurs compagnons d'infortune à Saint-Sauveur.
Ainsi, avons-nous appris que Joséphine CASSE-VELLEUR avait déjà quitté le convoi, à la hauteur de Conflans-en-Jarnisy, pour aller se réfugier à Tucquenieux en Meurthe-en-Moselle. Elle était accompagnée de ses cinq enfants : Henri, Léon, Charles, Marie-Thérèse et le petit dernier Jean. Son mari, François, cheminot, était retenu à la gare d'Ebersviller.
Madeleine SCHILTZ, épouse de Georges NADé, dit Dicken Georges, née le 8 octobre 1874 à Hestroff, n'a jamais atteint Montier-en-Der. Elle est décédée sur la route de
l'exode à l'âge de 65 ans Elle était la belle-mère de Marie GOBY de la Geissenmillen. Ses parents étaient Nicolas, garde-forestier, et Barbe KIEN.
Céline NADé et son époux Charles NADé, dit Paté Chaadlé, en compagnie de leur plus jeune fils René, quittent Montier-en-Der pour rejoindre leur famille résidant rue des 3 Evêchés à Metz-Queuleu. La soeur aînée de Céline, Marie épouse Georges WELTER, y habitait. Leur fils François, étudiant, 17 ans, habitait rue Mazelle.
Les PICK, Madeleine BERTOLINO-PICK, Marie-Thérèse, François et René, quittent Montier-en-Der pour Saint-Dizier puis Metz.
Les DODELLER, Nicolas et ses filles Louise et Eugénie, sont partis « dans un premier temps vers Dijon » avant de revenir à Sommevoire, à 12 km du Lac de Der, haut lieu de production de fonte d’art et d’ornement. « Le grand-père Nicolas travaillait à l'usine de fabrication de cloches à Montier-en-Der. Tata Génie était interprète à la demande des mairies ou de l'administration allemande ». Nul doute que Nicolas DODELLER, précurseur dans son art, devait être très intéressé par le “Paradis”, c-à-d les hangars ainsi nommés par les ouvriers qui y travaillaient, où étaient entreposés de grandes quantités de statues religieuses.
Barbara HACKSPILL-HUMBERT retourne à Luttange avec son père, le Paté Jean-Pierre, et sa fille Marie-Louise. Ils résideront dans la maison de feue Maya, fille aînée de Jean-Pierre, épouse Ernest FRANCOIS, qu'ils eurent la douleur de perdre en août de la même année. Pour Barbara et la jeune Marie-Louise, ce fut une aubaine. Elles se rapprochaient de Vigy où mari/père était chef de gare.
A suivre...
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« ... en 1939, la
population de Filstroff a été évacuée à BONNEUIL-MATOURS dans la Vienne près de Châtellerault; ma mère m'a souvent raconté le périple, le départ, en larmes, de Filstroff en laissant tout ce qui
faisait leur vie ... Sur le waan, il y avait Pierre WEBER et sa femme, la Bibi WINCKEL, leurs 3 plus jeunes enfants, Nini 18 ans, Jeanchen 16 ans et Julien dit Julchen le petit dernier 9 ans. Et
aussi la fille aînée du couple, la tata Lisa avec ses 3 petits de 6, 4 ans et 8 mois. Une halte a eu lieu à Hagondange où, à l'école de filles, ils se sont restaurés et ont passé la nuit avant de
partir en train. Arrivés à Bonneuil, les WEBER ont eu une chambre dans un hôtel, car la Bibi était gravement malade depuis quelque temps. Le choc de l’évacuation aggrava son état. Elle a été
soignée par ses filles, qui étaient bien jeunes, puis elle est décédée le 28 mars 1940. Le grand-père a voulu retrouver son village. Novembre 1940, retour à Filstroff, où il décède le 14 janvier
1941 ».
Collection Association du Fort aux Fresques