Ci-dessous, un petit récapitulatif de terrains vendus et pour lesquels le vendeur a dû honorer les taxes foncières sur plus de 20 ans suite à des négligences
notariales. Pour la petite histoire, il a fallu batailler plus de 5 ans avec le cadastre. Vendeur et acheteurs ont dû signer de nouveaux actes notariaux pour régulariser la situation. Le vendeur a
été indemnisé par Messieurs MATHIEU et REINERT, qui avaient bien compris que les premiers contrats étaient nuls et non avenus.
Ce type de situation se rencontre encore de nos jours d'autant plus facilement que le n° des parcelles pour lesquelles vous êtes taxés ne figurent pas sur votre avis d'imposition.
Mais là n'est pas le but de notre article. Nous aimerions simplement, à la lumière de ce document, noter que lors du dernier abornement certains noms ont encore été mal
retranscrits.
Maintenant que nous nous sommes familiarisés avec notre dernier cadastre, on peut faire plusieurs constatations.
Derrière les Chênes a été (re)francisé au début de ce siècle. Dans les années 60, on parlait encore de "Hinter
den Eichen".
"Bei der abgebrannten Oelmühle" non seulement vient confirmer qu'il y eut un moulin à huile sur le ban de Hestroff, mais que celui-ci a brûlé... Voir le
Olich Muhle vers les bans de Hestroff et d'Edling. A ce propos, signalons qu'il nous a été rapporté récemment qu'à cet endroit on peut
encore de nos jours y retrouver des tuiles.
Si "Obere Kruten" existait, inévitablement nous avions "Untere Kruten". Aujourd'hui c'est Kruten tout court.
"In der Nätze" (Dans le Filet) semble avoir disparu, à moins d'une distraction. A vérifier.
Enfin "Lauswiesen", dont la nouvelle appellation est Lustwiesen, nous éloigne totalement de nos
"Joyeux Prés", Lauswiesen signifiant littéralement "Les prés aux Puces".
Alors si vous retrouvez de vieux documents, ne jetez rien ou prenez note. Faites-nous savoir !
"Vor dem Dordatz" ou l'ubac de la colline de Gomelange bordant la Route de Metz entre la Geissenmillen et le Streiffel
La Hirckenbach, mieux connu à Hestroff comme la Tïackenbach (le ruisseau des Turcs), prend sa source aux confins des bans de Piblange, Ebersviller et
Hestroff dans le Hohwald. Ce ruisseau sépare le ban d'Ebersviller de celui de Hestroff jusqu'à la Kreschmühle.
La Hirckenbachpassant sous la D55et sa clairière
La Tirckenbach et non la Hirckenbach fut citée le 15 octobre 1836. Au cours de ses recherches aux archives départementales de la
Moselle, Alfred LOUIS est tombé sur un acte insolite :
"... est comparu François BOUCHERON, 10 ans, d'Ebersviller, qui nous a déclaré que le 14 octobre, entre une et deux heures de l'après-midi, étant en compagnie de Marie FIEVET, âgée de 10
ans, demeurant à Ebersviller, ils ont trouvé dans le ruisseau qui sépare les bans de Hestroff et d'Ebersviller, nommé "TIRCKENBACH", au canton VEYER, un enfant mort tel qu'ils nous le
présentent, emmailloté dans une couverture de laine, d'un linge de toile de chanvre, vêtu d'une chemise en percale, ornée d'un jabot de dentelle. Cette chemise portait la marque E en coloris
rouge; sa tête était coiffée d'un bonnet en toile sertie, fond d'un rouge brun. Après avoir visité l'enfant, nous avons reconnu qu'il était du sexe féminin, qu'il paraissait âgé de trente à
quarante jours..."
La Tirckenbach prenant sa source entre le B. de Bersweiller et le Haut Bois de
Eschetroff jusqu'à la Kreschmillen au 18eselon Naudin
Le canton "Veyer" doit correspondre à Unter Weiher (Ebersviller) que la Tirckenbach sépare de Weissenacker (Hestroff),
à mi-chemin entre la D55 et la Kreschmühle
La Ligne Maginot dans le département de la Moselle
Par suite de l'énorme saignée, subie par la France durant la Première guerre mondiale, et en présence de la montée du danger extérieur, constitué par la
renaissance du militarisme allemand et l'avènement de l'hitlérisme, les gouvernements français crurent judicieux de protéger le pays au nord-est par une ceinture de fortification, la Ligne
Maginot.
Henri HIEGEL
Le Hackenberg près de Veckring, le plus grand ouvrage de la Ligne Maginot-
En Moselle, de Thionville à Bitche,le tracé est long de 130 km. Le SF de Boulay est
placé sur la 6e crête du Bassin Parisien, entre le nord-ouest de Thionville et St-Avold.
Le Secteur Fortifié de Boulay comprenait :
les 4 ouvrages du Hackenberg près de Veckring, Mont des Welches près de Menskirch, Michelsberg près de Dalstein et Anzeling,
les 11 P.O. du Coucou près de Kemplich, Hobling, Bousse près de Hestroff, Behrenbach près de Gomelange, Bovenberg près de Denting, Denting, Village de Coume
annexe-nord de Coume, Coume, annexe-sud de Coume, Mottenberg près de Boucheporn,
les 17 casemates d'Hummersberg-nord et sud de Lémestroff, Veckring nord et sud, Menskirch, Huberbusch ouest et est, Edling ouest et est, Eblange, Langhep ouest et
est près d'Ottonville, Bisterberg nord 1 et 2 et sud 1 et 2, sud de Mottenberg,
les 2 observatoires des Chênes-brûlés près de Kemplich et Hestroff,
les 14 abris du Hummersberg, Chênes brûlés, Bois de Klang, Coucou, Veckring, Mont des Welches, Ising, Bilmette, Férange, Hestroff, Rotherberg, Bockange, Gomelange
et Colming et
les casemates d'artillerie du Bovenberg et du bois d'Ottonville.
Le Hackenberg était l'ouvrage le plus important de la Ligne Maginot.
Au total, en Moselle, la Ligne Maginot se composait, en dehors des 106 casemates C.O.R.F., 28 casemates S.T.G., 43 abris, 7 observatoires, des blockhaus, des étangs
artificiels et des plans d'eau, de 39 ouvrages, dont 14 munis d'artillerie et 25 sans artillerie.
Dans le SF de Boulay, les ouvrages du Hackenberg, du Mont des Welches, du Michelsberg et d'Anzeling appartenaient à la 1ère catégorie. Hestroff entrait dans la catégorie des petits ouvrages.
Chaque ouvrage avait son puits. Les postes de commandement se trouvaient en général à 30 m sous terre. L'Anzeling était à même de tirer sur l'Allemagne et le Luxembourg.
Lors de la réception des travaux de la LIgne Maginot et encore plus tard, de nombreuses malfaçons furent constatées. Il y eut des malversations.
Le ravitaillement en vivres, munitions et matériel militaire fut assuré, soit par des routes ordinaires et parfois stratégiques, soit par le réseau ferré qui comprenait le réseau SNCF, des chemins
de fer stratégiques et des voies de fortification vers Métrich, Hackenberg et Anzeling.
Après le 10 mai 1940, l'électricité fut fournie, soit par interconnexion si la sous-station fonctionnait encore, soit par la centrale électrique de l'ouvrage, alimentée par des groupes diesels
exigeant des réserves importantes en combustible, huile et eau de refroidissement.
Pour rendre la vie des militaires plus agréables, les généraux Henri GIRAUD et Lucien LOIZEAU, gouverneurs militaires de Metz, firent planter en automne 1938 et en 1939 plus de 8000 roses dans les
camps de sûreté de Ban Saint-Jean, Bockange, Zimming, Téting, etc.
Le camp de Veckring, d'une superficie de 14 ha, comprenait 5 bâtiments pour la troupe, un mess des officiers et sous-officiers, des réfectoires de la troupe, des
hangards et des garages, des pavillons d'habitation, une écurie, un dispensaire et une infirmerie.
L’inquiétude des Mosellans augmenta dès l’avènement d’Adolphe Hitler début 1933.
Si aucune cellule nazie n’était répertoriée officiellement en Moselle, force est de constater que certains
fonctionnaires formés à l’université allemande montraient des sympathies pour le régime hitlérien sous couvert de lutter contre le bolchévisme.
Quand plus de 50000 pèlerins mosellans se rendirent à Trêves pour vénérer la Sainte Robe, les autorités
civiles et religieuses allemandes leur firent des réceptions grandioses qui occultèrent la terreur politique et les persécutions religieuses en Allemagne.
Pourtant, des intellectuels mosellans dénoncèrent très tôt les dangers de la doctrine
nationale-socialiste.
Les queues de cochon
Puis il y eut le plébiscite de la Sarre. Pour rappel, les articles 45 à 50 du Traité de Versailles faisaient
du bassin de la Sarre un territoire placé sous mandat dont la durée fut fixée pour une période de 15 ans à l’issue de laquelle un plébiscite devait décider du statut de la Sarre.
Malgré la campagne des anti-nazis, le ressentiment contre la France s’exprima le 13 janvier 1935 avec
90,7 % des votants choisissant l’union avec l’Allemagne, 8,9 % le statu quo, et 0,4 % l’union avec la France. Le 17 janvier 1935, le conseil de la Société des Nations
approuva le rattachement à l’Allemagne et le 1er mars, le Reich reprit officiellement contrôle du territoire.
Le 15 janvier 1935, 8000 Sarrois, des communistes, des socialistes, des centristes et des Juifs passèrent en
gare de Forbach, de Creutzwald, de Bouzonville pour s’établir soit dans ces villes soit à Metz ou le sud de la France, notamment dans la région de Foix.
Les incidents commencèrent à se multiplier de part et d’autre de la frontière. On se lança des injures et
même des pierres. L’Hôpital et Carling, détérioraient les drapeaux à croix gammées, les fanfares jouaient la Marseillaise aux postes-frontières.
Dès le plébiscite, des créanciers mosellans eurent du mal à récupérer loyers et autres revenus immobiliers et
en plus ils durent acquitter des amendes au fisc français pour placement illicite de capitaux à l’étranger. Les Mosellans, qui habitaient la Sarre, expulsés, durent vendre leurs immeubles avec
une perte de plus de 70 %. La clientèle sarroise diminua dans la restauration mosellane. Les autorités allemandes refusèrent aux frontaliers, qui n’avaient que des attestations en langue
française de leurs propriétés agricoles en Allemagne, de les laisser passer. La frontière se ferma peu à peu aux produits agricoles de la Moselle et aux 2/3 des exportations
françaises.
Par contre des industriels allemands ou sarrois furent autorisés à exporter vers la France de très grandes
quantités de marchandises telles faïencerie, verrerie, chaussures, vêtements, métallurgie, ce qui mit à mal les secteurs concernés du côté mosellan. Suivirent les difficultés
d’installation de nouvelles industries dans le périmètre de la Ligne Maginot.
Les relations avec la Sarre ne furent pas entièrement coupées.
Les habitants de Leyding près de Heining, qui relevaient de la paroisse de Guerstling, continuaient à aller à
la messe à Leidingen, plus proche que Guerstling. Le journal parisien Paris-Soir s’émeut de cette situation et ouvrit une souscription pour la construction d’une chapelle en territoire
français.
Sur toute la ligne Maginot s’élevèrent des réseaux de fil de fer (les queues de cochon), des blockhaus, des
obstacles antichars dont les travaux se poursuivirent jusqu’au 10 mai 1940.
Nous avons déjà évoqué certains lieux-dits dont les noms n'apparaissent plus sur le dernier cadastre.
Or d''autres lieux viennent d'être découverts, en l'occurrence In der Nätze. Nous pensions avoir commis un oubli et avons revisité entièrement le cadastre en ligne. En vain.
In der Nätze et Hasensprung entre Retterberg,
Potenterei et Botzing
Entre Krutten, Potenterei et Botzing. Il s'agissait d'une petite prairie. A côté, vers Potenrerei, une petite dépression s'appelant le Hasensprung (le saut
du lièvre), a disparu itou tout comme Obere Kruten et Untere Kruten, tous deux orthographiés avec un seul "t", alors qu'un "t" a été rajouté à la graphie actuelle...
Tout en interrogeant la doyenne de la mémoire de Hestroff nous avons appris d'autres changements importants.
Nous venons d'apprendre avec une profonde tristesse que David MATHIS est décédé brutalement à Thionville.
David, 29 ans, avant-dernier d'une couvée de 6 enfants, est un descendant HACKSPILL, l'une des familles les plus anciennes de Hestroff.
Nous présentons nos condoléances à sa maman Marie-Louise, à son oncle maternel Louis, à ses frères et soeurs Christian, Patricia, Thierry, Franck et Olivia ainsi qu'à toute la famille.
Ses obsèques auront lieu en l'abbatiale Ste-Croix à Bouzonville lundi 2 novembre à 10h30.
Les traditions ont été respectées même si elles nous reviennent profondément modifiées d'au-delà de l'océan. Nos petits bootzen sont venus quémander des bonbons et sont repartis avec des cacahuètes...
Félicitations aux jeunes parents et merci pour ce bref moment d'enchantement.
Le Colvert,tel qu'il est cadastré, etdont nos anciens n'ont jamais entendu parlé,
correspond à Zoosingen...qui fut séparé de Krumme Strochen par la voie ferrée Anzeling-Metz à la hauteur de la barrière dite Géant.
Loopatt & Soosingen
Il apparaît clairement que l'arpenteur, chargé de refaire le cadastre de Hestroff a privilégié le nom donné à l'étang artificiel créé vers les années 1980.
Etang "Le Colvert"
En faisant table rase de Soosingen, on en a également profité pour faire disparaître le Loopatt, où on allait faire le foin, entre Hausfeld et le Colbert.
Force est de constater que les arpenteurs ne se préoccupent guère de l'histoire du ban qu'ils réabornent. Time is money...
Face au village se trouve la Colline de Gomelange ainsi nommée familièrement à Hestroff. Nous l'avions traitée partiellement.
Cette colline, sous laquelle existe une véritable ville souterraine appartenant à l'ouvrage de la Ligne Maginot dit l'Anzeling, appartient d'ouest en est aux communes de Piblange, Hestroff et Anzeling.
Au
Dordatz, quand les vaches s'agglomèrent près de la forêt c'est signe de mauvais temps...
A l'est de la Route de Metz, sur le ban de Piblange, en quittant les Quatre Vents, se succèdent "Joignant le Chemin de Holeck", "Beuvrot", "Pointes de Holeck", "Courtes Raies de Streiffel"
séparées des "Longues Raies de Streiffel" par la D55 et enfin "Loch", "Klapperscheck" et "Gravat".
Limites administratives de la Colline de Gomelangeen rose et ancien chemin Hestroff-Gomelange en jaune
Sur le ban de Hestroff, jouxtant "Gravat" de Piblange, nous avons la jumelle "Gravatte", "Dordatz", "Hochness" avoisinant "Sous Maginot" appartenant
déjà au ban d'Anzeling ainsi que "Engelsberg" face au "Colvert".
Au sommet de la colline, Gravatte et Dordatz sont respectivement prolongés par "Obere Gravatte" et "Stauden" jusqu'à la D55, ce qui fait que le début de la forêt de
Gomelange située à gauche de la départementale appartient encore à Hestroff jusqu'à l'ancien sentier emprunté par nos ancêtres pour se rendre à Gomelange.
Le bout de forêt appartenant au ban de Hestroff s'appelle également Dordatz.
Aucune suggestion pour l'étymologie de Dordatz et Hochness. Tout au plus pourrions-nous attribuer l'origine des noms Gravat ou Gravatte à la présence des Croates
lors de la Guerre de Trente Ans. Il est vrai que l'endroit était une position de choix pour qui désirait faire le siège du village qui s'étale à la vue de tout passager venant de
Gomelange...Lors de l'arrivée des troupes américaines, les Allemands, cantonnés à Hestroff, se replièrent également derrière la Colline de
Gomelange.
Hestroff sous la neige vu
de Obere Gravatte
NB : La cravate, attribut vestimentaire incontournable de la mode masculine, tire son origine de la bande d'étoffe portée autrefois par les cavaliers croates qui servirent
dans le régiment du « Royal-Cravate » au temps de Louis XIII et Louis XIV. Adoptée par la Cour de Versailles, elle s'imposa dans le monde. Accessoire essentiel, la cravate permet,
selon Balzac, de "connaître celui qui la porte", réflexion appuyée par La Rochefoucauld, qui affirmait que "le noeud est à la cravate ce que le cerveau est à
l'homme"...
Aujourd'hui, le Petit Robert propose d'ailleurs la définition suivante : Cravate, 1651, « bande de linge que les cavaliers croates portaient autour du cou » ; forme francisée
de Croate. En effet, c'est le mot Hrvat, forme croate de Croate, qui a donné krvat, puis cravate. On le retrouve également dans les autres langues : cravat/tie (ang.), krawatte (all.),
corbata (esp.), cravatta (it.), gravata (port.), kravat (hong.), krawat (pol.), krawatt (suéd.) ou... kravata (croa.).
"Et comment pouvais-je lutter, moi, faible, grêle, mis simplement, pâle et hâve comme un artiste en convalescence d'un ouvrage, avec des jeunes gens bien frisés, jolis, pimpants,
cravatés à désespérer toute la Croatie, riches, armés de tilburys et vêtus d'impertinence ?"
La Peau de chagrin, Honoré de Balzac.
"Une cravate bien nouée est le premier pas sérieux dans la vie"
Vous habitez loin, même très loin ! Vous ne pouvez pas rendre visite in situ à vos défunts même si vos pensées les accompagnent.
Rassurez-vous, pour la fête des morts, personne n'est oublié, les proches restés au pays n'ont jamais manqué de leur apporter le témoignage de l'affection que vous continuez à leur porter.
Derniers Commentaires