Dimanche 26 juillet 2009
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Vie et mort des Juifs sous l'occupation - 4 -
"A l'arrivée, ce fut la scène aujourd'hui bien connue : la sélection sur le quai, les bagages que l'on laisse dans les wagons, les détenus en tenues rayées qui nous font descendre; et on ne
comprend pas ce que cela signifie, ni qui ils sont. On nous met en rang en nous bousculant, sans nous parler. Puis vient le tri effectué par les médecins SS : les hommes d'un côté, les femmes et
les enfants de l'autre. Enfin c'est la sélection à l'intérieur de ces premières colonnes, afin de définir qui est apte au travail... On ne comprenait pas. On avait même une idée complètement fausse
de ce qui nous attendait. Cela parce que les dirigeants de Drancy, pour éviter les révoltes et les évasions, avaient déclaré que nous allions rejoindre des familes déjà déportées, dans une colonie
agricole, ou un camp de travail en Pologne.
"Pour nous donner le change, la veille du départ, on nous avait demandé de déposer notre argent français, contre lequel on nous avait remis un bon pour un certain nombre de zlotys à recevoir en
Pologne..."
Sylvain Caen fut sélectionné parmi les hommes aptes au travail. Rien de surprenant à cela, il avait vingt-cinq-ans, il était grand et sportif. Il fut envoyé au camp de Monowitz, surnommé "Buna",
qui dépendait de l'usine de l'I.G. Farben Industrie, fabriquant du caoutchouc et de l'essence synthétiques. Le camp, immense, comptait près de dix mille hommes de toutes nationalités.
"On ne s'était pas posé de questons sur ceux qui étaient restés sur le quai, ou qui avaient pris une autre direction. On ne savait pas encore... Je pensais que les autres groupes allaient être
conduits vers d'autres camps.
"Aussi, lorsqu'on nous annonça à notre arrivée à Monowitz : "Ici, vous entrez par la porte et vous ressortez par la cheminée...", on n'a pas compris ce que cela signifiait. Nous trouvions même la
plaisanterie de fort mauvais goût."
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Voir aussi fiche expo de l'Université de Nancy : http://www.
ac-nancy-metz.fr/Academie/Esprit_defense/Fiches_Expos_DMPA.pdf
Par solnade
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Lundi 27 juillet 2009
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Vie et mort des Juifs sous l'occupation - 5 -
Sylvain Caen passa d'un kommando à l'autre, pour des travaux très durs, jusqu'au jour où il eut la chance inespérée d'avoir comme chef un sous-officier de la DCA allemande qui était un ancien
légionnaire français. Il prit Sylvain en sympathie et lui apporta tous les jours un petit supplément alimentaire qu'il transportait dans sa serviette.
Tout l'hiver 1944-1945, Sylvain Caen le passa dans la plaine entourant Auschwitz, non loin de Birkenau dans la vallée de la Vistule, gardé par des troupes de la DCA. Ce n'était pas aussi dur que le
régime SS, sauf au moment de rentrer au camp.
"Ce même Allemand qui me nourrissait m'avait donné des bottes toutes neuvres, un don inestimable dans notre situation et me demandait toujours de lui préparer son feu. Grâce à lui, je pus "durer"
jusqu'à l'évacuation du camp, puis résister à "la marche de la mort" qui commença le 18 janvier 1945."
A chaque étape de cette marche qui les mena d'Auschwitz à Gleiwitz, les détenus étaient parqués dans d'autres camps, avant de repartir dans la neige, par moins 30 degrés.
"A Gleiwitz, les Allemands formèrent des convois vers différents camps du centre de l'Allemagne. Un de mes anciens kapos, un Tchèque juif communiste qui avait déjà fait sept ans de camps, m'informa
de la constitution d'un convoi destiné à Buchenwald, un camp qui, d'après lui, était plus supportable que les autres. Je me suis précipité vers l'endroit où s'opérait le tri. Aptes à droite,
inaptes à gauche. Mes bottes de caoutchouc attirèrent la convoitise d'un kapo allemand détenu de droit commun, qui m'aiguilla vers les éclopés, d'où je réussis à repartir vers le quai
d'embarquement. Nous fûmes entassés dans des bennes à charbon découvertes, debout, sans pouvoir nous asseoir un seul instant. Il neigeait. Pour tromper la faim et étancher notre soif, nous mangions
la neige sur le dos de nos voisins.
"Très vite, il y eut des morts. Nous avons traversé la Tchécoslovaquie, sans boire ni manger pendant plusieurs jours. Arrivées à Buchenwald dans la nuit du 25 janvier, nous avons dû marcher par
cinq, les moins faibles soutenant les plus fragiles. Douches, désinfection, rhabillement, nouvelle immatriculation, toutes ces opérations précédèrent une maigre distribution de pain. Au matin, nous
avons intégré le "petit camp", où les conditions de vie étaient épouvantables.
"Je fus rapidement repéré par d'anciens résistants français qui me firent passer dans un "grand camp", où la vie était un peu mieux organisée, depuis que les "politiques" avaient éliminé le
"droits-communs".
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Lundi 27 juillet 2009
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"En honorant ceux qui ont refusé de se plier à la fatalité de la volonté exterminatrice de l´idéologie nazie, la médaille des Justes contribue à rétablir l´Histoire dans sa vérité."
Simone Veil
Le Comité Français pour Yad Vashem, association fondée
en 1989, par Sylvain CAEN et Charles CORRIN, est constitué presque exclusivement de bénévoles. Actuellement, les présidents d'honneur en sont Samuel PISAR, Simone VEIL, Elie WIESEL et
Dr Richard PRASQUIER.
Ce comité s’est donné trois missions essentielles :
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Faire reconnaître et honorer les Justes des Nations
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Collecter les noms des victimes de la Shoah
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Favoriser la transmission de l’histoire de la Shoah
Par solnade
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Mardi 28 juillet 2009
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Vie et mort des Juifs sous l'occupation - 6 -
Vie et mort des Juifs sous l'occupation - 6 -
"Devant l'avancée des Américains, les SS décidèrent l'évacuation du camp. Les Juifs furent rassemblés sur la place d'appel, parqués dans une usine, puis embarqués. Personne n'a survécu
à ce convoi, qui, arrivé à Dachau, ne contenait plus que des cadavres. J'ai pu y échapper. Au moment du rassemblement des Juifs, grâce à la complicité des résistants français, je pus me faire
passer pour un détenu politique. C'est à ce moment-là que j'appris l'existence d'un mouvement de résistance au sein même du camp, auquel j'adhérai aussitôt.
"Au moment de l'évacuation de Buchenwald, le 10 avril 1945, je compris qu'il y avait deux groupes, ceux qui partiraient à pied et ceux qui prendraient le train. J'avais l'expérience des deux et
m'arrangeais pour être de ceux que l'on mettait dans les trains.
"Ce ne fut pas une bonne idée car, le lendemain, Buchenwald fut libéré par les résistants du camp, juste avant l'arrivée des Américains...
"On arriva dans un autre camp, celui de Flossenburg, qui fut également évacué. Nous marchions trente kilomètres par nuit, jusqu'à ce que les Américains nous libèrent sur la route, tout près de la
frontière tchèque."
Les Allemands étaient cernés, d'un côté par l'avance des Russes, de l'autre par celle des Alliés. Malgré tout, ils cherchaient une issue car, dans leur esprit, il était hors de question de libérer
qui que ce soit. Tous devaient être exterminés. Eichmann avait même donné la priorité aux convois de prisonniers juifs sur ceux de l'armée. L'extermination l'emportait sur l'efficacité
militaire...
"Libéré dans la petite ville de Cham située dans le Haut-Palatinat, à la frontière tchèque, j'ai rencontré un sous-officier de l'armée française. Il était avec douze hommes chargés du
renseignement. En réalité, ils recherchaient déjà des criminels de guerre. Certains SS tentaient de se faire passer pour des déportés.
"On m'a présenté au capitaine de cette troupe qui, en découvrant l'état dans lequel nous étions, nous a équipés et a réquisitionné pour nous une grosse voiture américaine ayant appartenu aux
autorités nazies hongroises. Ils ont rempli le réservoir, ajoutant dans le coffre une réserve de cinquante litres d'essence et chacun d'entre nous s'est vu remettre un pistolet au cas où il aurait
à se défendre."
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Mercredi 29 juillet 2009
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Vie et mort des Juifs sous l'occupation - 7 -
Sylvain Caen et son groupe de rescapés pensaient que la guerre éait terminée, mais les Américains étaient toujours au combat. A l'heure du couvre-feu encore de rigueur, ils se firent arrêter.
"Cest là que j'ai peut-être passé la nut la plus désagréable de ma vie. Les Américains nous avaient collés avec des SS qu'ils avaient arrêtés peu avant nous. Partager la même cellule qu'eux était
insupportable. Chaque fos que je protestais, une sentinelle pointait sa mitraillette sur moi.
"Le lendemain, un officier est venu nous libérer avec des excuses. Mais notre voiture ne nous fut pas rendue. On a raconté notre mésaventure aux Français qui nous avaient aidés et ils allèrent
aussitôt voler la voiture pour nous la rendre. Cela s'est déroulé en l'espace de trois jours."
Par la suite, Sylvain Caen attrapa le typhus et resta dans le coma, sous perfusion, six jours et six nuits. Puis il "revient au monde". Comme il parvenait difficilement à s'alimenter, sa guérison
fut très lente et il lui fallut attendre un certain temps avant de pouvoir marcher. Il passa par un camp de personnes déplacées et, dès qu'il fut transportable, on le rapatria en France, le 2 juin
1945. Il arriva en France par Sarrebourg, à quelques kilomètres de l'une de ses soeurs.
"J'ai téléphoné et on est venu me chercher. A l'arrivée, avec mes bottes, des vêtements civils et un pardessus, je pesais cinquante kilos. Il fallut me refaire une
santé... J'appris avec soulagement que toute ma famille directe était sauve. En revanche, du côté maternel, mes oncles, tantes et cousins ne sont plus jamais revenus...
"Enfin rétabli, je suis rentré à Metz, où j'ai retrouvé ma future femme que j'avais rencontrée avant la guerre. On s'est mariés en 1946, on a eu des enfants peu après, la vie a repris le
dessus.
Mais depuis son retour, à l'issue de cette expérience inhumaine, quelque chose avait profondément changé en Sylvain Caen. Il établit une distinction entre sa nationalité et son appartenance.
"Quand j'étais sur la frontière suisse, j'aurais pu passer sans difficulté et me mettre à l'abri, mais j'étais officier, j'avais été éduqué dans une famille française, dans l'esprit du devoir. Les
Juifs d'Alsace-Lorraine étaient profondément patriotes. Curieusement, ce n'est pas au moment du statut de 1940 que j'ai eu ce débat intérieur : "Juif ou Français ?" C'est arrivé après la
guerre...
"J'ai eu une éduction juive traditionaliste, pratiquant le judaïsme comme il se vivait dans nos régions : avec des connaissances imparfaites. On était comme tous les Français israélites : Juif chez
soi, et Français dans la rue. Il faut savoir que l'antisémitisme était virulent en France depuis 1934. Je me souviens que, comme jeune étudiant, puis dans l'armée, je me revendiquais en tant que
citoyen français de religion israélite. Les Juifs étaient français depuis des siècles. J'avais les mêmes droits et les mêmes devoirs que tous les Français...
Je suis entré dans la résistance car je pensais que c'était mon devoir de citoyen, en tant que Français, en tant qu'officier et en tant que Juif, de combattre l'ennemi.
"Pour moi le problème a été simple : j'étais un Français de religion israélite avant la guerre, mais ce gouvernement pour lequel j'avais combattu dans l'armée, ce gouvernement qui n'avait rien fait
pour nous sauver de la déportation, ce gouvernement représentait à mes yeux la France. J'ai alors pris conscience, après la guerre, qu'il s'était produit en moi une mutation. Je suis devenu, depuis
ce jour, je le suis encore et le revendique hautement, je suis devenu un Juif de citoyenneté française. C'est différent..."
Après la guerre, Sylvain Caen fut nommé à un grade supérieur de l'armée. Même pendant sa déportation, alors qu'il se trouvait à Auschwitz il avait été nommé sous-lieutenant puis lieutenant le même
jour, par de Gaulle, à Alger.
"Je suis devenu un sioniste actif. Pendant vingt-cinq ans, j'ai été collecteur de l'Appel juif unifié et responsable de l'Association France-Israël jusqu'en 1985, afin de promouvoir des voyages et
des liens de sympathie auprès des non-Juifs pour Israël.
"Actuellement, je suis secrétaire général du comité de Yad Vashem en France. Je suis entièrement concerné par le judaïsme et
Israël..."
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Samedi 1 août 2009
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Abraham BLUM, fils de Michel de Metz, marchand de bestiaux, et Sara ISRAËL, vendeuse de pain à Metz rue de l'Arsenal, épouse
Elisabeth OSBILD à Hestroff le 30 septembre 1846.
Un mariage comme tant d'autres ? Que nenni !
A
côté du cimetière de Hestroff, les maisons HUMPSH et BLUME transformées depuis les années 1980.
Abraham, coquetier puis marchand de porcs en 1847 à Hestroff, est né à Luttange le 20 novembre 1811. Il connaît celle qu'il vient d'épouser depuis ces 21 ans, soit 13 ans au moins.
Elisabeth OSBILD, coquetière, fille de Louis Sylvestre et de Barbe Catherine BOUSENDORFFER, née à Hestroff le 28 juillet 1804, n'est-elle pas la mère de ses
enfants Catherine née en 1833, Anne-Catherine en 1835, Nicolas en 1837, Marie en 1939, Jean-Pierre en 1842 et Pierre en 1844 ?
Sur l'acte de mariage enregistré ce 30 septembre 1846 à Hestroff on peut lire :
"la mère refuse son consentement, il nous a été exhibé par le futur époux un acte respecteux fait le 8 août dernier par Maître Nicolas RICHARD, notaire à Metz adressé, à Sara ISRAËL ....
par lequel il lui demande de consentir à son union avec Elisabeth OSBILD ... les formalités requises étant remplies, le délai expiré ... "
Une petite fille prénommée Marguerite viendra le 20 mars suivant enrichir cette union et porter nos petits goym au nombre de 7. La maman a près de 43 ans et l'heureux
papa en a presque 36.
Inutile de vous rappeler que la descendance d'Abraham BLUM ne sera jamais reconnue au sein de la Communauté juive.
Par contre, au début de ces tristes années dominées par le nazisme, avec la complicité du secrétaire de mairie - pour effacer toutes traces de racines juives -, fut rajouté en grand secret et
avec dextérité un "e" à tous les BLUM de l'état-civil de Hestroff.
Nos vrais faux BLUME (Fleur pour les Teutons) n'en ont pas dormi pour autant sur leurs deux oreilles... Si dans le village on ignorait alors tout des camps de concentration, on savait qu'il valait
mieux faire profil bas tant il n'était pas bon d'être Juif.
Descendance de BLUME Abraham
BLUME Abraham N : 20/11/1811 Luttange (57) D : 04/05/1858 Hestroff (57) Coquetier; Marchand de porcs en 1847
x OSBILD Elisabeth N : 28/07/1804 Hestroff (57) M : 30/09/1846 Hestroff (57) D : 11/05/1865 Hestroff (57) Coquetière
| ...BLUME Catherine N : 29/08/1833 Hestroff (57)
| ...BLUME Anne Catherine N : 26/09/1835 Hestroff (57)
| ...BLUME Nicolas N : 12/10/1837 Hestroff (57) Coquetier, Ferkelshändler en 1874
| ...BLUME Marie N : 22/12/1839 Hestroff (57)
| ...BLUME Jean Pierre N : 04/01/1842 Hestroff (57)
| ...BLUME Pierre N : 08/07/1844 Hestroff (57) Ouvrier
| ...BLUME Marguerite N : 20/03/1847 Hestroff (57) D : 09/12/1848 Hestroff (57)
Par solnade
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Dimanche 9 août 2009
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Ouvrage au bord de la route
Hestroff-Hobling à côté du chemin de fer Hargarten-Thionville
En venant de Hestroff direction Hobling, se trouve un petit ouvrage de la Ligne Maginot situé à main droite juste avant la ligne de chemin de fer
Hargarten-Thionville. A Hestroff, cet abri, répertorié officiellement "abri de Hestroff" de la ligne Maginot, est surtout connu comme "le fort de Hobling".
De nos jours il n'est plus visible de la route, la nature ayant repris ses droits.
Ce matin, en passant devant cet ouvrage, nous n'avons pu nous empêcher de frémir.
Tout au début des années 60, trois Douafbéseln à peine âgés de 8 ans s'y sont aventurés : Denis SCHNEIDER, Victor MULLER et Isabelle NADé.
Nos petits diables avaient repéré une bombe qui dormait depuis près de 20 ans dans la fosse diamant à un endroit peu accessible.
A un âge où on multiplie les exploits en vue de recevoir quelques bonbons, Denis, Isabelle et Victor décidèrent de ramener cette bombe au village. Pour cela, le plus petit et le plus mince des
trois, en l'occurrence Victor, se proposa, à l'aide d'une corde, de remonter la bombe.
L'entreprise ne fut guère aisée mais la récompense que nos garnements espéraient... valait bien la peine de faire quelques efforts. Aussi retour au village pour dénicher au grenier une corde
assez longue pour tenter l'exploit.
Ah que notre trio était fier de ramener à Hestroff la bombe solidement arrimée sur le porte-bagages du petit vélo d'Isabelle ! On se frottait les mains à
l'idée des congratulations qui les attendaient...
En poussant la porte de la mairie avec leur précieux chargement, à la vue des yeux ahuris du maire et du secrétaire communal, nos trois jeunes héros réalisèrent soudainement que peut-être
leur idée n'était pas aussi géniale que çà. Le local fut rapidement évacué et les secours appelés...
Adieu veau, vache, cochon ! Pas de félicitations, pas de bonbons mais des remontrances et une grosse punition !
Par solnade
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Mercredi 2 septembre 2009
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Régulièrement le Républicain Lorrain nous relate les initiatives de nombreux villages mosellans ayant connu l'évacuation en
septembre 1939.
Beaucoup de villages ont donné le nom de leur commune d'accueil à une rue, une place. De nombreux jumelages ont été réalisés avec les Charentes et le département de la Vienne.
A Hestroff nous n'avons que la mémoire de nos anciens... Mais comme en Afrique, pays à forte tradition orale, à chaque fois qu'un de nos parents disparaît c'est tout un pan de notre bibliothèque
qui s'effrondre.
C'est pourquoi vous avez été nombreux à suivre la route de l'exode de vos concitoyens qui s'acheva à Montier-en-Der, d'où une partie de la population fut acheminée par train vers leur destination
finale : Saint-Sauveur dans la Vienne. Les autres irent se réfugier dans leurs familles ou chez des amis n'habitant pas la zone occupée par la Ligne Maginot.
Fidèles lecteurs vous savez aujourd'hui, contrairement aux autres communes voisines prises en charge à la gare de Hagondange, que les nôtres ont dû continuer leur chemin à pied.
Dans des conditions épouvantables, ils ont erré sur les routes plus de 10 jours en s'arrêtant successivement à Saint-Privat-la-Montagne, Fresne-en-Woëvre, Marchéville, Villers-sur-Meuse,
Triaucourt, Noirlieu, Saint-Mard-sur-le-Mont, Pargny, Saint-Rémy-Bouzemont avant d'arriver à Montier-en-Der en Haute-Marne.
C'est grâce à la mémoire de nos anciens, dont les rangs se sont encore éclaircis cette année, et à l'association du Fort aux Fresques que nous avons été en mesure de restituer le parcours de cette
sinistre évacuation.
L'association du Fort aux Fresques, dont le Président est Adrien MASSON né à Hestroff, se propose de vous faire découvrir de village en village jusqu'à Montier-en-Der la route sur laquelle ont été
jetés nos parents il y a aujourdhui 70 ans.
En vue de préparer ce parcours de mémoire, vous pouvez dès maintenant vous manifester par mail à solnade@aol.com. Toutes les suggestions seront bienvenues.
Par solnade
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Mercredi 2 septembre 2009
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Evacuation des villages de la Ligne Maginot : 70 ans après
Tel est le titre donné ce matin par notre journal local à l'évacuation, il y a 70 ans exactement, des villages de la région frontalière située en avant de la Ligne
Maginot.
Des dizaines de milliers de Mosellans ont dû quitter leur foyer, avec un seul bagage à main autorisé, quelques heures après un ordre adressé par les instances
préfectorales aux mairies concernées.
Aux dernières nouvelles le service départemental des Archives, en collaboration avec le Conseil général de la Moselle, a décidé de marquer cet anniversaire lors d'une manifestation publique du
souvenir programmée à Metz courant novembre prochain.
Par solnade
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Jeudi 3 septembre 2009
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Aujourd'hui, 3 septembre 1939, suite à l'invasion de la Pologne il y a 2 jours par les troupes allemandes, la
Grande-Bretagne et la France se déclarent être en guerre avec l'Allemagne, respectivement à 12h et à 15h.
Le 2e conflit mondial démarre aujourd'hui.
A Paris et à Londres les monuments se parent de leurs couleurs de guerre à grands renforts de sacs de sable afin de préserver au mieux le patrimoine. Les plus grands chefs-d'œuvre des musées
français sont également mis à l'abri.
France3 avait programmé le 31 août dernier un documentaire inédit britannique "3 septembre 1939, la déclaration", de Martina Hall.
Les habitants de Creutzwald furent évacués vers des destinations prévues de longue date. Certains prenaient la direction de
Béthines, d'autres de Saint-Savin, Antigny, La Trimouille, Lathus-Saint-Rémy ou encore Saint-Germain dans la Vienne…
En 2000, une rue de Creutzwald est inaugurée dans la commune d'Antigny.
Nous sommes un dimanche. Hestroff a quitté à l'aube Saint-Privat-en-Montagne et se remet en route vers
Fresnes-en-Woëvre.
Par solnade
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