Mercredi 31 mars 2010
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Bildstock de Guiching, copyright Solange Carpentier
Ce bildstock, encadré par trois frênes, date de 1597 et se situe à l'entrée de Guiching en venant de Freistroff, paroisse et commune dont dépend Guiching. Il ne
repose pas sur un socle contrairement aux bildstocks de Diding et de Hestroff.
Le fût, à base carrée, après une moulure devient octogonal (trapézoïdal à Diding et à Hestroff).
L'édicule a la particularité d'avoir les doubles bâtières surmontées d'un pyramidon terminé en croix fleurdelisée.
Le prolongement de l'arête supérieure de l'avant de chaque bâtière est décoré d'un arcotère d'où s'échappent des rampants
floraux ornant les pans de bâtière. Ce bildstock se caractérise par sa croix fleudelisée qui le couronne, sans Christ, parce que le Christ en croix est représenté dans une niche (idem à
Hestroff).
Les personnages contenus dans les quatre niches flamboyantes sont d'un concept un peu naïf. L'inscription sur l'avant, fortement martelée, est devenue illisible.
LE CHRIST MORT SUR LA CROIX
sur l'avant
Le Christ en croix, la mort de Jésus.
L'année 1597, inscription martelée devenue illisible
LA SAINTE VIERGE AVEC JESUS SUR SES GENOUX
sur la gauche
La descente de la
Croix
La Vierge tient avec difficulté le cadavre de
son fils dénudé et recroquevillé
Le personnage à genoux, en prière, selon le chanoine Jean-Pierre
Kirch (1868-1939), serait Marie
Madeleine. Il s'agit d'une pietà, thème privilégié de la piété des hommes de la fin du Moyen Age. La pietà représente le Christ mort sur les genoux de sa mère. On appelle Pietà toute
représentation du corps du Christ dans les bras de Sa mère, après la descente de la croix. Cette représentation est très courante et nous montre comment Marie participa intensément et dans la
douleur au sacrifice de son Fils.
La plus belle et la plus célèbre, a été réalisée en 1499 par Michel-Ange.
Elle est conservée à la Basilique Saint-Pierre du Vatican. La Pietà de Michelangelo di Lodovico Buonarroti Simoni °1475 +1564, dit Michel-Ange, était une commande du cardinal français Jean Bilhères de Laugraudas, cardinal et ambassadeur de France.
SAINT ETIENNE ou SAINTE MARGUERITE ?
à droite

D'après le chanoine J.-P. Kirch, il s'agirait de saint Etienne...
Ce saint paraît bien trop efféminé pour représenter St Etienne, patron de la paroisse de Freistroff et qui figure sur le bildstock de Diding, pierres dans sa main gauche
et palme des martyrs dans la main droite, encolure spécifique de sa dalmatique de diacre. Il n'y a qu'à comparer...
Le personnage illustré dans la niche a toutes les apparences d’une femme, sa féminité étant caractérisée par la robe avec son encolure en V (on y verrait bien le port d'un collier...), le tombé
de la robe évasée dans sa partie inférieure, différent de la classique dalmatique d'un diacre dont le port est plus droit. La robe marque d'ailleurs bien la ceinture du personnage. Des
ondulations se prolongent sur toute la partie inférieure de la niche. A la base de la robe, représentation naïve du dragon. Il ne peut s'agir que de Sainte Marguerite d'Antioche tenant une croix
dans sa main gauche.
SAINT NICOLAS
à l'arrière

Evêque portant la mitre et tenant dans la main gauche la crosse épiscopale.
A ses pieds, un enfant agenouillé en prière
D'après le chanoine J.-P. Kirch, le personnage aurait peu de chance d’être Saint Nicolas, car, selon lui, en
Lorraine, Saint Nicolas serait toujours représenté avec le cuvier et les 3 enfants ; il avance Saint Willibord... sans donner plus de précisions. Or, on ne retrouve pas les traditionnels
attributs de ce saint qui sont l'habit d'évêque, la mitre et le livre traversé par une épée.
A la place du cuvier, nous avons à Guiching un enfant qui implore Saint Nicolas... Le commanditaire NDSM
avait-il l'intention de se personnifier priant son saint patron ou a-t-il voulu représenter son premier fils, prénommé aussi Nicolas ?
Une étude plus approfondie de Nicolas de Myre, patron des enfants, certes, mais aussi des célibataires,
s'imposera dans l'étude généalogique du donateur.
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NB : Texte et photos sont copyright Solange Carpentier, qui rappelle une étude
réalisée par Mellinger et Nicolas Fantin de Guiching pour le Collège Adalbert de Bouzonville
:
"Ce bildstock se trouve au bord de la route et une légende dit que les trois
frênes qui l’entourent sont des sorcières qui ont été punies et qui sont condamnées
maintenant à surveiller cette croix pour l’éternité. Voici comment est décrite cette croix dans les archives paroissiales de Freistroff. Cette croix a la forme d’un pilier carré. Elle se compose
d’un socle, largeur et longueur 0 .75 m, sortant de terre environ 0 .05 m. Au-dessus du socle il y a : une stèle octogonale, hauteur 1 ,60 , largeur, 0 ,28 mètre
au-dessus de cette stèle, il y a quatre niches quadrangulaires, larges de 0,48 m, hautes de 0,85 mètres, une dans chaque direction. Elles sont arrondies vers le haut et munies d’ornementations
gothiques (arcs en dos d’âne). Dans chacune de ces niches se trouve une statue sculptée : sur la façade : le Christ sur sa croix du côté droit) ; à gauche : La Sainte Vierge
avec Jésus sur ses genoux (après la descente de la croix) ; à gauche une personne (Madeleine ?) à genoux tenant la tête du Christ. Au fond : un évêque revêtu de ses ornements avec
la crosse et la mitre ; quelqu’un à genoux à droite. Ne serait ce pas Saint Nicolas ? On n’aura mis qu’un enfant au lieu de trois à cause du manque de place. Au dessus de ces niches se
trouve une croix que se rétrécit vers le haut. Cette croix est postérieure à la révolution. Hauteur : 0,50 m »
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