Partager l'article ! 18 novembre 1944 - Histoire de cloche(s): Notre souci de reconstituer le plus fidèlement possible la journée du 18 novembre 1944, suite aux der ...
Notre souci de reconstituer le plus fidèlement possible la journée du 18 novembre 1944, suite aux derniers témoignages de Roland et d’Alice, nous a fait prendre contact avec Gérard NADé de Moulins.
Gérard, 11 ans, était réfugié au n° 13 à Hestroff avec son frère Guy et sa maman Berthe chez la cousine Céline NADé, épouse du Paté Chaadlé.
En arrière-plan les n° 13 et 14 avec leurs portes de grange à l'ancienne au début du 20e avant incendie en septembre 1944. La maison
d'angle fut arrachée après guerre.
Quand le n° 13 fut pris comme cible par un avion américain au cours du mois de septembre 1944, Gérard y était et s’en rappelle fort bien. L’étable dut être évacuée en grande hâte, on chassa la truie et ses petits dans le jardin, de grandes flammes sortaient de partout. Tous les voisins accoururent pour aider à éteindre l’incendie qui se propageait à la maison voisine.
Le refuge étant devenu indisponible, la petite famille de Metz-Sablon fut relogée au
presbytère où elle fut accueillie par l’Abbé Mohnen, nouveau pasteur de la communauté, et sa soeur Madeleine.
Hélas, quand à la journée du 18 novembre 1944, Gérard n’a pas gardé de souvenirs. Il ne sait même plus si sa famille était encore à Hestroff à ce moment-là ou si elle était déjà de retour à Metz. De la présence américaine à Metz, il s’en rappelle fort bien et a beaucoup d’anecdotes à nous raconter. Mais nous c’est Hestroff qui nous intéresse. Aussi attendons-nous d’autres témoignages susceptibles d’écrire un scénario tenant la route.
Gérard Nadé, longtemps trésorier de la Société d’histoire et d’archéologie de Lorraine (SHAL), oeuvrant toujours avec son frère Guy pour la sauvegarde de l’histoire du Sablon, nous avait bien soulagée, il y a quelques années déjà, au sujet de cette histoire de cloche sonnée par Alice BLUME. En évoquant cette cloche avec feue Catherine SCHNEIDER, d’autres personnes présentes, nées bien après la fin de la guerre, avaient contesté cette version sous prétexte que toutes les cloches du pays avaient été sacrifiées pour en faire des canons. Donc ce 18 novembre 1944, personne n’était en mesure de sonner une cloche qui n’existait plus… Ces affirmations nous troublèrent. Or, avant de mettre en doute ce que les parents nous avaient maintes et maintes fois répété, nous avions pris contact avec Gérard. Ce dernier nous délivra d’un grand fardeau en nous confirmant la présence de cette cloche que lui-même, à la demande de l’abbé Mohnen, faisait sonner chaque dimanche. Il nous rappela même qu’il y prenait grand plaisir et qu’elle se trouvait à l’entrée de l’église.
Maintenant que des échanges de tir viennent se rajouter à notre fameuse cloche…, toujours soucieuse de vérité, nous avons continué nos investigations auprès de MLH. A ses dires, elle nous rajoute avoir rapporté cette histoire de cloche, non pas parce qu’elle l’avait entendue ce jour-là – les tirs d’ailleurs non plus -, car se trouvant à l’intérieur de la maison du beau-père probablement trop excitée, mais parce que le lendemain tout le village en parlait. Nous vous avions d’ailleurs, à ce propos, parlé du courroux des GI’s.
Avec les nouveaux témoignages de Roland et d’Alice, le voile se lève un peu plus. La panique engendrée dans le haut du village cet après-midi là … c’était parce que deux Allemands, planqués dans un petit bunker face au Moulin des Chèvres, la Geissenmillen, avaient instantanément réagi aux premiers raisonnements de la cloche. Avaient-ils repéré avec une longue vue la silhouette du tank stationné devant la forge de Camille KIEN ? La cloche ou les "cloches" ont-elles trahi l'avancée américaine ? Plus que probable...