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Le parlement de Metz a été établi sous Louis XIII, par édit du mois de janvier 1633, pour servir par semestre : chaque semestre est composé d’une grand’chambre
& des enquêtes-tournelle.
La grand’chambre est composée de quatre présidents & de 21 conseillers. La chambre des enquête-tournelle est composée de trois présidents & de dix-neuf conseillers.
Il y a, outre ces juges, un certain nombre de conseillers d’honneur nés : savoir, les évêques des trois évêchés, les abbés de S. Arnould & de Gorze, le gouverneur & le commandant du
gouvernement général des villes pays & évêchés de Metz & Verdun ; un conseiller d’honneur, qui est le maître-échevin de cette ville ; quatre conseillers-chevaliers d’honneur
& sept conseillers honoraires. Viennent ensuite les gens du roi, servant à toutes les chambres du parlement ; les substituts du procureur général ; les substituts honoraires ;
les greffiers en chef ; les greffiers des présentations, actes d’affirmations & défauts du parlement ; les trésoriers payeurs des gages du parlement ; les
secrétaires-interprètes du parlement ; le maître-clerc de la chambre du conseil ; le maître-clerc de la chambre du conseil de l’audience des semestres de février & d’août
& le contrôleur des greffes ; les commis-greffiers ; le greffier garde-fac du dépôt du parlement ; le greffier garde-fac du dépôt des instances ; le receveur des
consignations ; le commissaire aux saisies-réelles ; le contrôleur du commissaire aux saisies-réelles ; le receveur des amendes & droits réservés ; le concierge
garde-meuble & l’aumônier des prisons.
Les juges qui ont servi à la grand’chambre le semestre de février & d’août, passent l’année suivante aux enquêtes & ceux des enquêtes à la grand’chambre.
La rentrée du parlement se fait annuellement le premier février & le premier août, auxquels jours les juges de chaque semestre assistent à la messe solemnelle qui se dit à la cathédrale
& de retour au palais, le premier président reçoit les sermens des avocats & procureurs.
Les gens du roi tiennent leurs audiences au parquet & jugent les conflits d’entre les chambres du parlement, les incompétences & c. Les avocats généraux prennent communication par
les avocats & le procureur-général par ses substituts, de toutes les affaires dans lesquelles ils doivent donner leurs conclusions.
Le roi a attribué à la cour de parlement la jurisdiction & connoissance en dernier ressort de toutes les matières civiles & criminelles, béneficiales, mixtes, réelles, personnelles, aides
& finances & autres sans exception, à l’instar du parlement de Paris & autres cours & compagnies souveraines ; de même que celle des appellations des juges des
villes & de toutes les terres & seigneuries appartenantes, tant aux seigneurs ecclésiastiques que temporels, comprises dans l’étendue des provinces & évêchés de Metz, Toul,
Verdun & ancien ressort, souverainetés & enclaves ; ensemble des paroisses communes & tenues en surséance, dépendantes des élections de Langres & Chaumont en Bassigny,
excepté celles d’entre elles qui ressortissent au parlement de Paris & en outre des villes de Mouzon, Château-Regnault, des terres & seigneuries qui en dépendent, avec pouvoir
néanmoins aux maires, échevins & officiers de l’hôtel-de-ville de Metz, Toul & Verdun & à ceux de Vic de juger en dernier ressort jusqu’à cent livres.
Les jurisdictions de l’enclos du palais à Metz sont, le parlement, la chambre des comptes, la cour des aides & monnoies, les requêtes du palais, la chancellerie, la chambre des trésoriers de
France, la table de marbre & maîtrise des eaux & forêts, le bailliage, le siège présidial & la police.
Les audiences publiques du parlement se tiennent les lundis & jeudis à huit heures du matin.
Celles du parquet les lundis & jeudis à dix heures.
Les audiences à huis clos, les mardis & samedis à dix heures.
Celles des enquêtes, cour des aides & tournelle, les mercredis vendredis à dix heures.
Les audiences de relevée de la cour, les mardis à deux heures ; & quand ces jours ne sont pas libres, elles se tiennent les vendredis à la même heure.
Le parlement, outre les dimanches & fêtes, n’entre point non plus le 20 janvier, les lundi, mardi-gras & mercredi des cendres & depuis le mercredi-saint jusqu’au
lendemain de la Quasimodo ; le surlendemain de la Pentecôte, le jour de l’octave du S. Sacrement, les premiers & 9 mai, les 24 & 29 juin, le 25 juillet, les 10 & 25 août, les 9
& 21 septembre.
La cour préfixe vers l’ouverture des vendanges un temps aux avocats & procureurs pour vaquer à leurs affaires, temps pendant lequel elle vaque elle-même, à l’exception des samedis. Elle vaque
aussi le 28 octobre, les 11, 23 & 30 novembre ; les 6, 8 & 27 décembre.
Outre ces jours de vacation, le parlement ne tient point d’audience publique ni de relevée, les quinze premiers & les quinze derniers jours de chaque semestre.
Lorsqu’un des jours ci-dessus désignés ou de quelques fêtes tombe les lundis ou jeudis, les grandes audiences sont remises au lendemain mardi & vendredi, auxquels jours il ne se tient point
d’audience de relevée.
Lorsqu’un des jours ci-dessus désignés ou de quelques fêtes tombe les lundis ou jeudis, les grandes audiences sont remises au lendemain mardi & vendredi, auxquels jours il ne se tient point
d’audience de relevée.
Les jurisdictions subalternes, qui ressortissent au parlement de Metz, sont :
Les justices des seigneurs particuliers ressortissent en général aux bailliages & autres jurisdictions dans la dépendance desquelles elles sont situées.
On suit dans le ressort de ce parlement douze coutumes : celles de Metz, Toul, Verdun, Sedan, évêché de Metz, Paris, Vitry, Luxembourg, Lorraine, Vermandois, Saint-Mihiel & la
Petite-Pierre.
La chambre des requêtes, établie en 1694, est composée d’un président, de 11 conseillers, d’un greffier en chef, d’un payeur des gages & de trois huissiers.
Les audiences se tiennent les lundis & jeudis à dix heures.
La chambre des comptes, établie en 1661 est composée de deux conseillers-correcteurs, de quatre conseillers- auditeurs & d’un pareil nombre d’auditeurs honoraires. Le bureau s’ouvre les
lundis, mardis, jeudis & samedis à dix heures.
Outre le corps des avocats au parlement, composé de 60 ou environ, il y a une chambre de consultations, établie dans la salle basse du palais, en conséquence d’une délibération de l’ordre du 22
avril 1761, homologuée par arrêt du parlement du premier juin suivant.
La salle que l’on a fait construire à cet effet sert en même temps de bibliothèque, ouverte une demi-heure avant les audiences des jurisdictions de l’enclos du palais & les mercredis
& samedis depuis deux heures de relevée jusqu’à cinq heures en été & jusqu’à quatre en hiver.
Cette bibliothèque n’est point publique ; les officiers du parlement & du bailliage & les avocats inscrits sur le tableau sont les seuls qui y soient admis : toutes
personnes cependant peuvent, avec l’agrément du bâtonnier, en consulter les livres sans déplacer.
Le premier samedi non férié de chaque mois, il y a dans la salle de la bibliothèque des conférences publiques sur le droit canonique, civil & coutumier, dont l’affirmative & la négative
sont traitées par deux jeunes avocats & la matière résumée par un ancien. On y prononce aussi quatre discours relatifs à la profession d’avocat, dont deux les premiers samedis d’après
les grandes vacances & les deux autres les samedis d’après la quinzaine de Pâques.
Le corps des procureurs au parlement est d’environ trente.
Les huissiers au parlement sont au nombre de quinze.
La chancellerie, établie près le parlement, est composée de deux gardes des sceaux, un pour chaque semestre ; de quatre audienciers, d’un pareil nombre de contrôleurs ; de quatorze
secrétaires du roi ; de deux payeurs des gages ; de deux sceleuis ; de quatre référendaires-rapporteurs, un pour chaque quartier de l’année ; de quatre receveurs des émolumens
du sceau, un pour chaque quartier de l’année ; d’un commis de la chancellerie & de dix huissiers en chancellerie.
Les procureurs au parlement sont propriétaires du greffe de la chancellerie & les quatre anciens remplissent par quartier les fonctions de cet office.
La table de marbre, établie en 1679, est composée, pour les affaires à l’ordinaire, d’un grand-maître, d’un lieutenant-général, de quatre conseillers, d’un procureur du roi, d’un avocat du roi,
d’un greffier en chef & d’un receveur des amendes.
Pour les affaires au souverain, ce tribunal est composé du double en nombre de présidens & de conseillers au parlement, qu’il y a d’officiers de la table de marbre : d’un
procureur-général, d’un avocat-général. Les autres officiers sont les mêmes que ceux de la table de marbre à l’ordinaire, à l’exception du dernier conseiller de ce tribunal qui ne siège pas au
souverain.
Le lieutenant-général de la table de marbre à l’ordinaire, est au souverain le rapporteur né & siège immédiatement après le dernier des conseillers du parlement.
Il y a quatre huissiers pour la table de marbre à l’ordinaire & au souverain.
Les audiences de la table de marbre à l’ordinaire se tiennent les mercredis &é samedis à neuf heures : elles se tiennent à deux heures de relevée à la chambre du parlement, à huit clos,
pour les affaires au souverain.
La maîtrise particulière des eaux & forêts a été établie en 1661 : elle est composée d’un maître particulier, d’un lieutenant particulier, d’un procureur du roi, d’un garde-marteau, d’un
greffier, de deux arpenteurs, d’un receveur des amendes & d’un garde-général.
Il y a trois huissiers pour cette jurisdiction.
Les audiences se tiennent les lundis & les jeudis à dix heures.
Le bailliage & le siège présidial ne forment en quelque sorte qu’un même tribunal divisé en deux chambres ou sièges.
Le bailliage a été créé par édit du mois d’août 1634 & le présidial par édit du mois de février 1685.
Ce dernier siège est composé d’un premier président et de deux autres présidens : le dernier n’est que président honoraire. Les autres juges sont le lieutenant-général de police,le
lieutenant-criminel, le lieutenant particulier, l’assesseur civil & criminel.
Les officiers communs aux deux sièges sont, dix-huit conseillers, avec un conseiller chevalier d’honneur ; deux avocats du roi ; un procureur du roi ; un substitut du procureur du
roi, un greffier en chef, trois greffiers commis ; un commissaire aux saisies-réelles & receveur des consignations ; un payeur des gages ; dix soneillers du roi notaires ;
seize procureurs ; huit huissiers ; six huissiers jurés & un concierge garde-meuble du bailliage & siège présidial.
Les audiences du bailliage se tiennent les mercredis & vendredis à huit heures ; celles du présidial les mardis à huit heures & pour le criminel, les samedis à la même
heure.
La ville de Metz, une grande partie des villages du pays Messin & la terre de Gorze sont régis par la coutume de Metz, rédigée en conséquence des lettres-patentes de Louis XIII de l’an
1611.
La chambre de police a été établie en 1699. Elle est composée d’un lieutenant-général de police & de deux conseillers au bailliage, qui selon l’ordre du tableau ont droit de venir
siéger à cette chambre ; d’un procureur du roi & d’un greffier en chef. Il y a, outre ces juges, dix commissaires de police maîtres & trois huissiers.
Le dernier des commissaires est établi par commission du conseil.
Les audiences pour les grandes affaires se tiennent les jeudis & pour les rapports les samedis à deux heures de relevée.
L’hôtel des monnoies de la ville de Metz a été établi en 1661 & les officiers ont été créés en 1690. Ils sont commensaux de la maison du roi & jouissent des mêmes
privilèges : ils ont été renouvelés & confirmés par lettres-patentes de 1719, par apprêt du conseil & lettres-patentes du 5 février 1760, registrés au parlement, cour des monnoies de
Mets, le 24 mai suivant. Nous avons déjà dit que les espèces étoient distinguées par la double lettre AA.
Les officiers qui composent ce tribunal, sont le premier juge-garde, le second juge garde, le contrôleur-contregarde, le procureur du roi en titre, le procureur du roi commis par la cour, le
greffier en chef.
Il y a, outre cela, un greffier commis, deux huissiers & les officiers du travail, savoir le directeur, l’essayeur, le graveur, le monnoyeur & prévôt, le monnoyeur & lieutenant, le
monnoyeur, l’ajusteur-vérificateur & l’ajusteur pour les poids & balances.
La jurisdiction des traites & fermes du roi a été établie en 1691. Ce tribunal est composé d’un président-juge, d’un procureur du roi, d’un greffier & d’un huissier. Cette juurisdiction
connoît de toutes les matières qui concernent la ferme générale du tabac, des droits sur la formule des papiers & parchemins timbrés, des droits de marc d’or & d’argent, des
contraventions sur les marchandises dont l’entrée est prohibée & des droits sur les cuirs, établis par édit du roi du mois d’août 1759.
La subdélégation de la commission de Rheims, est un tribunal établi dans l’étendue des évêchés de Metz & Toul, pour instruire jusqu’à jugement définitif, exclusivement, les procès concernant
les contrebandes en sel & tabac faites parc port d’armes, ou par attroupement au nombre de cinq & des faits de rébellions des contrebandiers en quelque nombre qu’ils soient.
Elle est composée d’un commissaire-subdélégué, d’un procureur du roi & d’un greffier.
La juridiction consulaire de Metz, établie en 1716, est composée d’un juge, de deux consuls, d’un greffier & de quatre huissiers-audienciers. On y connaît en dernier ressort, jusqu’à la somme
de cinq cens livres, de toutes les contestations entre marchands & négocians, de tous billets, lettres de change & autres effets de commerce ; les appels pour les sommes plus fortes
se portent au parlement.
Toutes personnes ont droit de défendre leurs causes dans cette juridiction. Les audiences se tiennent les jeudis à neuf heures.
La juridiction de la marque des fers a été établie par arrêt du conseil & lettres-patente des 18 & 29 novembre 1727, registrées au parlement de Metz. Elle est composée d’un juge, d’un
procureur du roi, d’un greffier, d’un directeur & receveur général, d’un contrôleur ambulant & d’un receveur particulier.
Son objet est la connoissance en première instance, des droits de marque des fers, aciers & quincailleries, dans l’étendue des trois évêchés, les appels se portent au parlement.
Les jours d’audiences ne sont point fixés ; elles se tiennent lorsqu’il est nécessaire les jours non fêtés, à deux heures de relevée.
Le bureau de la recette du prêt & du droit annuel pour les officiers de judicature, police, finances &é autres, sujets aux revenus casuels du roi dans la généralité de Metz, st composé
d’un trésorier-général des revenus casuels, d’un trésorier & receveur particulier pour la généralité de Metz & d’un contrôleur, commis par le contrôleur général des finances.
L’ouverture de ce bureau se fait ordinairement le premier novembre jusqu’au dernier décembre inclusivement de chaque année, depuis huit heures du matin jusqu’à midi & depuis deux heures
jusqu’à six du soir.
Outre ce bureau, il y en a encore plus de douze autres en cette ville, concernant différens objets, tels que la direction des fermes générales ; la direction des domaines & droits y
joints ; la recette des droit d’ensaisinemens ; la direction des octrois municipaux ; la direction & recette des droits des inspecteurs aux boucheries ; la direction des
poudres & salpêtres ; le bureau du vingtième ; la régie du droit sur les cartes à jouer & c.
La juridiction du bureau de l’hôtel-de-ville est composée d’un maître échevin, de dix conseillers échevins, d’un syndic royal, d’un ancien syndic honoraire, d’un substitut, d’un
secrétaire-greffier en chef, de sept procureurs postulans, maîtres, d’un receveur, d’un inspecteur des bâtiments & de deux stipendiés : il y a deux médecins, deux chirurgiens & un
apothicaire.
Les membres qui composent ce tribunal ont été établis pour le gouvernement & l’administration de la maison commune, à l’instar & aux mêmes fonctions, honneurs, autorités, prérogatives,
prééminencs &é libertés dont jouissent les officiers municipaux de la ville de Paris. Le maître-échevin &é les conseillers-échevins sont choisis à la pluralité des voix entre les plus
notables bourgeois de la ville. Ils ont la jurisdiction civile & criminelle & jugent tous les différends concernant les droits & deniers domaniaux. Ils exercent aussi toute
jurisdiction sur leurs officiers, fermiers & sous-fermiers, pour les abus & exactions qu’ils pourroient commettre en leurs charges seulement ; aussi bien que sur les fermiers des
usines publiques & maltôtes, en ce qui concerne les abus, jusqu’à peine capitale & de mort inclusivement, suivant & conformément aux ordonnances. Les magistrats de cette
ville sont aussi, comme ceux de la ville de Paris, toute jurisdiction & police sur les rivières, ports & quais, officiers, gage-deniers, marchands & marchandises.
L’office de maître-échevin donne la noblesse à laquelle est attachée le titre de chevalier, accordé par une ordonnance du mois de juillet 1305.
Lorsque le maître échevin parle au roi, il jouit des mêmes privilèges que les officiers municipaux des autres principaux hôtels-de-ville du royaume.
Les offices de maître-échevin & échevins s’acquièrent, comme on l’a déjà dit, par la voie de l’élection. Lorsqu’il est question de remplacer ces officiers, qui n’exercent ordinairement que
pendant trois ans, on assemble les députés des paroisses jusqu’au nombre de soixante, suivant l’édit du roi du mois de décembre 1640, pour donner leurs voix à ceux qu’ils jugent les plus capables
d’administrer la chose publique ; & leur choix étant fait, savoir, de trois sujets pour chaque place vacante, on dresse un procès verbal qui contient les noms des candidats qui ont le
plus grand nombre de suffrages, parmi lesquels le roi en choisit le tiers pour remplacer ceux des officiers municipaux qui ont fini leur exercice.
Les trois ordres de la ville sont composés du bureau de l’hôtel-de-ville, des nobles résidans dans la ville, des députés du clergé, du bailliage & du tiers-état ; ils s’assemblent avec
la permission du gouverneur & sont convoqués & présidés par le maître-échevin ; le syndic de la ville y remplit les fonctions de partie publique.
Le syndic, qui étoit en place en 1763, a obtenu le 22 juillet 1760, un brevet de sa majesté, par lequel il est confirmé, retenu & établi en sa charge sous la dénomination de syndic royal
& procureur pour sa majesté en la ville de Metz.
Les audiences du bureau de l’hôtel-de-ville se tiennent les mercredis à dix heures du matin & les assemblées du conseil les mercredis & vendredis à neuf heures.
Chacun des quartiers de la ville déjà nommés plus haut, a un bannerot ou commissaire, chargé de faire les visites pour les logemens des troupes & lorsqu’il est question de composer les
rôles de la capitation ; ce qui se fait conjointement avec les conseillers-échevins.
Il y a, outre les bannerots ou commissaires, un premier huissier & maître des sergents, dix-sept autres messagers de ville.
Les sergents ont pouvoir d’exploiter dans la ville, banlieue & biens appartenant à la ville, pour toutes les procédures & affaires qui regardent les revenus de l’hôtel-de-ville.
Les sergents & messagers font leur service à l’hôtel-de-ville, chez le maître-échevin & chez le syndic, pour y exécuter les ordres & commissions qui leur sont donnés.
Il y a dans la ville de Metz une communauté d’environ 3000 juifs que l’on y tolère. Ils occupent un quartier séparé & limité à la droite de la Mozelle, près du retranchement de Guise.
Leur nombre étant devenu beaucoup plus considérable qu’il n’étoit autrefois, ils sont obligés d’élever leurs maisons jusqu’à cinq & six étages pour pouvoir se loger. Ils ont une magnifique
boucherie sur le bord de la rivière. Il est libre à chaque particulier ou bourgeois de la ville de Metz d’y aller faire sa provision, mais il est défendu aux Juifs de porter de la viande hors de
leur quartier pour la vendre ailleurs.
Quant au commerce, ils peuvent faire toute sorte de trafic & l’on trouve chez eux des marchandises de toutes espèces, quoiqu’il ne leur soit pas permis d’avoir des boutiques. Lorsqu’ils
sortent de leur quartier, ils sont obligés d’avoir un manteau noir, qu’ils portent ordinairement sous le bras & un rabat blanc. La plupart ont aussi une barbe qui les distingue. Ils ont
un synagogue qui n’a rien de remarquable : elle est fort petite & les femmes y sont séparées des hommes. Elles sont placées dans une salle élevée d’où elles ne sont pas vues, mais
où elles peuvent entendre tout ce qui se dit & voir tout ce qui se passe dans la synagogue. On y lit le texte de la loi, écrit d’un côté à l’antique, su de grands rouleaux de
parchemins, qu’ils renferment soigneusement derrière les rideaux d’une armoire ; ils ont d’une manière de chanter en lisant & l’honneur de lire le texte sacré s’achète au plus
offrant : le rabbin explique ce qui a été lu. Ils font des prières pour le roi, les princes & les magistrats.
Tous les ans au mois de juillet, ils font une assemblée, dans laquelle on procède en forme d’élection, soit pour nommer leurs nouveaux syndics, qui sont ordinairement au nombre de sept, soit pour
confirmer les anciens. Ces syndics sont chargés de la police ; ils administrent les affaires de la communauté & imposent par rôle toutes les sommes nécessaires à leurs charges
& autres objets.
Dans les affaires qui naissent entr’eux, ils n’ont point d’autre juge que leur rabbin, qu’ils font ordinairement venir de loin, afin que n’ayant point de parens il ne favorise personne ;
mais sa décision n’a force qu’autant que les deux parties veulent s’y soumettre. Quant aux affaires qu’ils ont avec les catholiques, ils sont traduits devant les tribunaux ordinaires ; &
lorsqu’ils sont obligés de faire serment, ils le font sur le texte de la loi que le rabbin y apporte.
Les juifs de Metz observent des coutumes & usages extraits du cahier qu’ils ont présenté le 2 mar 1743 au parlement de Metz, en exécution des lettres patentes du roi du 20 août 1742,
registrées au parlement le 30 du même mois. Ces coutumes ont été lues en l’assemblée des commissaires le 20 février 1744, mais elles ne sont pas encore homologuées (1767).
Outre un grand nombre de manufactures qui sont dans la ville de Metz, il y en a une qui mérite une attention particulière. Cette manufacture, déjà une des plus considérables du royaume, a été
établi en 1761, sous la protection du conseil & celle de l’intendant de Metz & par les soins du maître-échevin & conseillers-échevins de la même ville.
Elle a pour objet 1° La fabrique de toutes les espèces de mousselines unies, rayées, à carreaux & brochées. 2° Celle des toiles de coton, dites futaines unies & croisées ; des toiles
de coton propres à faire des indiennes, perses & toiles peintes ; de toutes les espèces & qualités de toiles, fil & coton, dites siamoises rayées & à carreaux. 3° La filature
de toutes les espèces de coton, lins & chanvres, propres à faire les mousselines, toiles de coton, futaines & siamoises ci-dessus mentionnées.
Cette manufacture a aussi pour objet la fabrique de teinture, peinture & impression des toiles de coton. Elle fournit du travail à près de 3000 personnes des deux sexes & occupe 70
métiers, dont 52 pour les mousselines & 18 pour les autres toiles.
L’éducation des vers à soie fait à Metz l’objet des soins d’un grand nombre d’habitants. Ils ont formé des plantations de muriers, dont les jeunes plants leur ont été fournis par l’intendant, qui
en a fait établir une pépinière. La soie recueillie de ces vers est de très bonne qualité & il y a tout lieu d’espérer qu’avec le temps on entretiendra en cette ville plusieurs métiers
pour en fabriquer diverses sortes de marchandises.
Il y a d’ailleurs à Metz des fabriques d’étoffes de laine, de bas à l’aiguille, de ratines, de droguets, d’étamines, de petites serges & un grand nombre de tanneries. On y fait commerce
de vins, de grains, de sel, de fourrages, de confitures renommées (des mirabelles sèches & autres fruits) & de peaux d’ours.
Correspondance. Il y a une gondole qui part tous les mercredis & dimanches de Metz pour Paris & de Paris pour Metz. Elle fait la route en six jours & contient 8, 12
& 14 places, à raison de 36 livres chacune. Le panier contient aussi six places à raison de 20 livres. Un sac de nuit de poids de dix livres ou environ est passé franc ; le surplus
de l’équipage se paie à raison de trois sols par livre de Metz à Paris & à proportion de la distance pour les autres villes & lieux de la route.
On trouve souvent au bureau de Metz ou de Paris des voitures extraordinaires pour faire la même route.
Il y a aussi une messagerie, autrement appelée diligence ou guimbarde, qui ne met que six jours pour la route. Elle part tous les dimanches à quatre heures du matin de Metz et de Paris.
On peut aussi prendre des bidets qui suivent la messagerie, pour 33 livres : quant aux places de la messagerie, elles coûtent 20 livres & 3 sols de port.
Il y a d’autres carrosses à Metz pour Thionville & Sarrelouis, Sedan & Longwy.
Il y a aussi à Paris, rue Mêlée, un carrosse qui part tous les dimanches pour Metz & les autres villes des trois évêchés.
Place de Chambre, aux pieds de la cathédrale, départ des diligences pour Paris
Pour la correspondance de Metz à Francfort, il y a un chariot de poste ou diligence, qui part de Metz tous les samedis à dix heures du matin pour arriver le
quatrième jour à Francfort. Il contient huit places de 25 livres chacune, le paquet de nuit peut être de 50 livres pesant ou environ ; le surplus de l’équpage se paie 15 livres part cent
pesant. Ce chariot va & vient sans s’arrêter que pour changer de relais & couche seulement la première nuit à S. Avold ; il revient les vendredis à dix heures du matin.
A Metz & dans le pays Messin l’arpent ou le journal contient 400 verges carrées, la verge 9 pieds 2 pouces de roi : la verge carrée 84 pieds 4 lignes ; ainsi l’arpent du pays fait
69 perches & demie 9/80 de Paris.
Cet arpent se divise pour les vignes en huit parties qu’on nomme mouées : une mouée contient huit perches quarrées de Paris.
L’arpent de Lorraine contient 250 verges, la verge 10 pieds, le pied 10 pouces 7 ligns de roi ; ainsi cet arpent peut donner 40 perches 2/5 de Paris.
On nomme quarte la mesure ordinaire de bled : elle se divise en demie & en quart qui se nomme bichet. Le out fait cinq boisseaux un tiers mesure de Paris. Le mesurage se fait ras. Ce
sont les mêmes mesures pour l’orge & l’avoine, mais le mesurage se fait comble.
La mesure de bois à Metz se nomme corde : elle a huit pieds de roi de longueur sur quatre de hauteur & la buche trois pieds & demi entre les deux coupes.
La corde de Lorraine est également à celle de Metz pour les longueur & hauteur, mais la buche a quatre pieds de longueur entre les deux coupes.
L’aune de Metz contient 24 pouces 11 lignes 3/7 mesure de roi ; ainsi une aune 3/4 de Metz est égale à l’aune de Paris & sept aunes de Metz font quatre aunes de Paris.
L’aune de Lorraine contient 22 pouces 11 lignes mesure de roi ; ainsi une aune 7/8 de Lorraine fait l’aune de Paris & 15 aunes de Lorraine sont égales à 8 aunes de Paris.
Les autres mesures sont égales à celles de Paris.
La ville de Metz s’est toujours maintenue dans un état très-florissant, malgré toutes les guerres qu’elle a soutenues & les révolutions qu’elle a essuyées.
En 1552 Henri II, roi de France, lorsqu’il marchait à la tête de son armée pour aller donner du secours aux princes d’Allemagne contre l’empereur, passa par Metz avec son armée, mit cette ville
sous sa protection & y établit un gouverneur. La même année l’empereur Charles-Quint vint pour assiéger cette ville avec une armée de deux cents mille hommes, mais il fut repoussé par
le duc de Guise, quoiqu’il y fit tirer plus de dix-sept mille huit cents coups de canons.
Metz a constamment joui de ses anciennes prérogatives jusqu’à la paix de Câteau-Cambrésis & cette ville est demeurée sous la protection de la France, qui n’y avoit qu’un gouverneur
jusqu’en 1648, où le traité de Munster réunit définitivement les villes de Metz, Toul & Verdun à la couronne de France.
L’article LXVII de ce traité porte que la souveraine puissance sur les villes & évêchés de Metz, Toul & Verdun & leurs détroits, nommément sur Moyenvic, appartiendra désormais à
la couronne de France & lui sera incorporée à perpétuité & irrévocablement, en la même façon que jusqu’à présent elle avoit appartenu à l’empire Romain, conservant le droit
métropolitain de l’archevêché de Trèves.
En 1744, le roi Louis XV étant parti de la Flandre pour aller au secours de l’Alsace qui était menacée par les Impériaux, sa majesté passa par Metz, où elle fut reçue le 4 août avec les
démonstrations de la joie la plus vive. Quelques jours après son arrivée il lui survint une maladie qui mit le roi en grand danger & l’obligea de rester en cette ville jusqu’au 29
septembre suivant.
Ce malheureux événement fut cause que la reine, M. le Dauphin & toute la famille royale se rendirent en cette ville, ainsi que les princes & princesses du sang, les grands & les
ministres du royaume, avec les ambassadeurs des cours étrangères.
Le premier Te Deum pour la convalescence du roi fut chanté à la cathédrale le 20 août & toute la cour y assista. Ce fut le même jour, époque mémorable de l’attachement des Messins
envers leur roi, que M. l’abbé Josset, chanoine de la cathédrale de Metz, dans un discours qu’il fit en présence de la reine, de M. le Dauphin & de toute la famille royale, donna au meilleur
des rois le juste titre de Louis le bien-aimé, que l’amour de ses sujets lui a conservé depuis.
« Non, jamais prince ne fut plus sincèrement regretté, plus amèrement pleuré & plus ardemment demandé ; & si l’histoire lui donne un jour quelque titre, quel titre mieux
mérité, plus justement acquis & qui fasse plus d’honneur à un roi, que celui de Louis le bien-aimé ».
Parmi les hommes illustres auxquels la ville de Metz a donné naissance, on remarque les suivants : David Ancillon, savant ministre protestant, mort à Berlin l’un 1692 ; Paul Ferry,
aussi ministre protestant, qui s’acquit tant de réputation par ses sermons & ses écrits, mort l’an 1669 ; Abraham Fabert, maréchal de France, plein de mérite, de probité & de
modestie, mort l’an 1662 ; Jacob le Duchat, écrivain plein d’érudition, mort à Berlin l’an 1735 ; Anutius Foès, fameux docteur en médecine, mort l’an 1595 ; Jean-François Baltus,
Jésuite, mort en 1743 ; Sébastien le Clerc, excellent graveur, mort en 1637.
M. Baumé, apothicaire de Paris, dans un voyage qu’il a fait en Lorraine en 1767, a découvert aux environs de Metz une carrière de marbre dans une chaîne de montagnes, s’étendant d’une part du
côté de S. Avold & de l’autre faisant partie de la côte de Delme, passant par Château-Salins & finissant au pied du monastère de Salival, près Moyenvic. Il y a beaucoup de
blocs de cette carrière hors de terre à Vazucremont. Les fortes communes dans cette carrière sont du marbre blanc, du rouge tiqueté comme le porphire, du rouge veiné, du gris clair, du noir, du
vert mélangé. M. Baumé a fait travailler des échantillons de chacun de ces marbres : ils ont été trouvés très durs, d’un grain fin & fort compact, susceptible d’un poli brillant.
Le désir que j’ai de mettre dans cet ouvrage toute l’exactitude possible, m’a fait prendre toutes les mesures qui ont pu dépendre de moi. Par rapport à la ville de Metz & ses dépendances,
j’avais envoyé l’article à la société royale de cette ville & je l’avais prié de me donner les éclaircissements et les suppléments qui pouvaient y être nécessaires. M. Stemer,
auteur du journal de Metz, qui s’est trouvé saisi, je ne sais comment, de mon manuscrit, a prétendu que ce n’était qu’une copie littérale de son journal & a empêché la société royale
d’en prendre une connoissance suffisante, parce qu’elle s’en est tenue à son rapport. J’invite le public à comparer cet article avec le journal & à juger : j’avoue que j’en ai tiré
des secours, car un ouvrage comme celui-ci ne se fait pas autrement.
Tome IV, page 428
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Avertissement : le français du 18e avait coutume d'éliminer le t final d'un mot quand il était mis au pluriel. Exemple : un enfant, des enfans; un habitant, des habitans, etc...
Pour faciliter la lecture il était préférable de les retranscrire avec leur orthographe moderne. Au risque de trahir l'auteur, nous l'avons fait. Idem pour le verne la 3e personne du singulier ou pluriel de l'imparfait et du conditionnel il étoit, il resoit...)