Vendredi 29 mai 2009
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70 ans plus tard, Hestroff garde toujours rancune
Alors que nous nous posions la question de savoir comment les autres villages du pays de Nied avaient fait face à l'évacuation de la zone rouge, ordonnée le 1er septembre 1939, Mamacricri vient de
nous faire parvenir le témoignage de François de Filstroff :
"L'ordre d'évacuation a été donné à la population par le garde-champêtre avec son tambour; les gamins le suivaient ... Les familles ont embarqué par groupe de 2 ou 3 familles sur la même
charrette, direction Bouzonville.
Je me souviens qu'une de nos vaches a suivi le convoi jusqu'à Bonzonville; ma mère lui parlait depuis la charrette...
Débarquement à Hagondange où un train s'est formé pour les évacués (opération parfaitement préparée). Nous avons dormi sur la paille dans l'école de Hagondange. On nous a aussi distribué du
lait, d'ailleurs ma soeur Josette, 6 mois, en est tombée
gravement malade (soyons tous rassurés, elle vit toujours et profite de sa retraite) !!!
A l'arrivée à Hagondange, une "maîtresse" femme m'a pris dans ses bras pour m'aider à descendre de la charrette... J'étais encore petit, 4 ans.
En cours de route sur la charrette, je me suis fait disputer parce que j'avais piétiné le chapeau à perles de la "Käte", notre voisine qui était sur la même charrette que nous; j'ai eu une taloche
parce que je m'étais couché sur son chapeau...
La grand-mère Barbe Winckel avait été évacuée la veille par convoi sanitaire (encore une preuve que rien n'a été fait dans la précipitation).
Mon père a toujours raconté que le jour où il a le plus pleuré dans sa vie a été le moment où il a retrouvé sa maison déserte mais encore chaude de la présence de ses habitants...
Comme tous les hommes mobilisables, il a dû rester au village."
Par solnade
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Publié dans : Ligne Maginot et Guerre 39-45
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