Vendredi 19 mars 2010
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Le goitre, augmentation du volume de la glande thyroïde est une affection fréquente. 800 millions de personnes
en seraient atteintes dans le monde. Maladie souvent familiale, plusieurs types d’anomalie peuvent favoriser l’apparition d’un goitre. Spontanément, un goitre peut rester de petite taille ou
augmenter de façon régulière et entraîner à terme des signes compressifs. Auparavant, le goitre était commun dans de nombreuses régions qui manquaient d'iode dans le sol.
Dans un recueil de mémoires de médecine, de chirurgie et de pharmacie militaires, édité en 1861, on peut lire ceci :
Goître – Vers la fin du siècle dernier, le goître était répandu dans une grande partie de la Lorraine et du pays Messin, mais ses limites se sont graduellement
rétrécies, et quelques localités seules ont encore le triste privilège d’alimenter cette infirmité. L’hygiène et le traitement au début l’ont diminué. Plusieurs localités, réputées naguère encore
pour les grosses gorges, n’en présentent plus aujourd’hui que quelques cas isolés.
Dans l’arrondissement de Thionville l’affection est assez disséminée, on y compte 112 cas répandus entre 57 communes (62 en sont entièrement à l’abri). Mais sur ce chiffre de 57, cinq villages
seulement ont un assez grand nombre de goîtreux pour qu’on puisse y considérer cette affection comme endémique. Dans 52 communes elle n’est représentée que par 1 ou 2 cas. Ces 5 villages sont :
Moyeuvre-Grande, situé sur l’oolithe inférieure et sur le lias supérieur : 17 cas ou 1,10 sur 100 habitants.
Anzeling, sur le Nied : 11 cas ou 2,70 sur 100 habitants.
Dalstein, sur le Nied : 17 cas ou 2,50 sur 100 habitants.
Hombourg sur la Canner : 18
cas ou 2 sur 100 habitants
Budling, sur la Canner : 37 cas ou
4,90 pour 100 habitants.
Ces 4 localités reposent sur les marnes irisées. Toutes choses égales, d’ailleurs, le goître est plus répandu dans le pays vignoble que dans les terres de labour ; il est plus fréquent chez les
femmes et les filles que chez les hommes et les garçons, et il est héréditaire dans quelques familles.
A Béning, canton de Saint-Avold, où les eaux sont calcaires, on rencontre 10 à 12 goîtreux sur 350 habitants, tandis qu’il y a très peu de goîtres dans une partie du canton de Bouzonville,
remarquable par ses eaux gypseuses et séléniteuses.
Les conditions d’altitude, d’exposition au soleil et aux vents. Le degré d’humidité de l’atmosphère et les conditions météorologiques paraissent ici avoir en général une influence secondaire.
D’après l’observation de M. l’ingénieur Jacquot, les localités de l’arrondissement de Thionville, situées sur les marnes irisées et sur le plâtre, sont celles où le goître atteint son maximum de
développement.
En dehors de ces conditions géologiques, ce sont les villages dont les eaux sortent de l’oolithe qui en présentent le plus de cas ; ces eaux sont calcaires et magnésiennes et offrent la plus grande
analogie dans tous les lieux (2 grammes de sel pour 10 litres d’eau).
Les causes accidentelles paraissent le plus souvent déterminantes : l’habitation dans des logements bas, froids, humides, mal aérés et fétides ; le mode de transport des fardeaux sur la tête ; les
travaux des champs et de la vigne qui courbent le corps vers la terre et déterminent l’arrivée et l’amas du sang dans la glande thyroïde (M. Grellois). Dans tout notre arrondissement et dans le
département, on n’observe jamais le crétinisme…
Recueil de mémoires de
médecine, de chirurgie et de pharmacie ..., Volume 5, 1861
Par solnade
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Publié dans : Près de chez nous
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