Partager l'article ! L'indignation morale est jalousie avec un halo: Abbé Pierre DIVOT La malédiction proférée il y a plus de 80 ans par l'abbé Pierre DI ...
Nous en avons peut-être trop dit ou pas assez, aussi rappelons les faits.
Nous sommes en 1937 ou 38. Une grande rivalité s’était installée entre le Café lorrain et le Café de la Poste qui possédaient chacun un jeu de quilles.
Or les soldats du camp de Bockange se pressaient davantage au Café lorrain où l’abbé Divot aimait, après la messe, y retrouver le Capitaine Guichard et ses gaillards.
Hippolyte Maillard, le tenancier du Café lorrain, avait une très jolie fille. Jeunes et vieux - bref tout ce qui portait un caleçon – succombaient à son charme. Les soldats eurent-ils plus de plaisir à être servis par une créature si belle que même un curé ne pouvait rester insensible ?
Le thermomètre du succès étant simplement la jalousie des mécontents, il est facile de s’imaginer que l’envie ulcéra l’âme du concurrent, qui lui aussi avait une jolie fille mais dont le charisme rapportait apparemment moins.
La tenancière du Café de la Poste avait une sœur restée célibataire pour mieux s'occuper de sa vieille mère et de son commerce. Le dimanche, de chez elle, elle voyait tous les allers et venues du Café lorrain. Elle était probablement très jalouse qu’Anna Maillard fusse plus courtisée que sa propre nièce. De surcroît, elle ne devait pas, elle non plus, être indifférente au charme du beau curé. Tant d'ulcération allait engendrer petit à petit la calomnie.
Comme il était vain d'égratigner la fille de l'aubergiste, notre vieille fille mit donc en doute la vertu de
son curé, entraînant dans sa rancœur quelques vieilles bigotes et des maris frustrés.
Les protagonistes de ce climat de délation s'en allèrent personnellement à l'évêché pour déposer plainte contre leur curé. Suivirent le maire du village et ses adjoints pour défendre avec fougue l'accusé. L'évêque, probablement las d'être tant harcelé désireux de calmer les esprits, décida-t-il d'attribuer une autre paroisse à notre malheureux curé.
Ainsi, l'abbé Divot, dut-il quitter une paroisse qu'il appréciait par dessus tout. Grand mélomane, il y avait fondé une chorale. Il avait d'excellents contacts avec la municipalité. Il entretenait de solides amitiés au
sein du camp de Bockange qui par sa présence relevait si bien ses cérémonies.
Or, Il dut quitter Hestroff le dimanche précédant la fête patronale pour laquelle il s'était tant préparé. Il avait appris de nouveaux chants à sa chorale et aux soldats. Il avait prévu une messe grandiose à la gloire du Saint-Patron de la paroisse.
Aussi faut-il comprendre que l'abbé Pierre Divot , victime du venin mortel distillé par la jalousie, était en état de grande révolte. Mais en proférant sa malédiction, n’a-t-il pas succombé à un autre poison létal, la vindicte … ?