Partager l'article ! La guerre des fumiers: Comme chacun sait... la Moselle, aujourd'hui 3e département le plus fleuri de France, était surtout connue pour se ...
Comme chacun sait... la Moselle, aujourd'hui 3e département le plus fleuri de France, était surtout connue pour ses signes extérieurs de richesse... Alors que la proche Alsace s'enorgueillissait de ses géraniums, nos villages n'intéressaient que les coureurs de dot qui évaluaient les fumiers avant de prendre future épouse ?
Charriots et autres outillages de ferme encombrant les usoirs. A droite les maisons Hann, Reimeringer et Lemmery.
Hestroff, village lorrain, compromis entre village-rue et village-tas, regroupant de part et d'autre des rues des fermes mitoyennes ou des maisons de
manouvrier, ne dérogeait pas à la tradition. En retrait de la chaussée, laissant libre un espace autrefois ouvert et semi-collectif appelé l'usoir, qui était
et est toujours propriété communale, on stockait le bois de chauffage, les chariots, les charrues et le fumier...
Eugène KLEIN, 2e maire après 1945, grand amoureux des fleurs, écolo avant l'heure, décida de supprimer les fumiers. Il dut livrer une longue bataille tant certains ouvriers/employés-paysans
étaient fiers de leurs derniers investissements : de véritables bunkers s'érigeant sur les usoirs pour récolter le fumier. Le recyclage de la biomasse n'ayant pas encore été d'actualité, le purin
continua à polluer nos caniveaux et éclabousser nos chaussettes blanches
Bref la résistance fut grande au sein de la communauté. Mais Eugène Klein, opiniâtre, finit par remporter la bataille et Hestroff fut le premier village du val de Nied à s'offrir des trottoirs et
bannir de son quotidien l'élixir suédois.