Samedi 24 octobre 2009 6 24 /10 /Oct /2009 18:49
... j'ai plusieurs questions concernant la ligne de chemin de fer "Bouzonville-Metz" et j'ai toujours été un peu intrigué par les ruines d'un bâtiment qui devait avoir bien plus l'apparence d'une gare que celui se trouvant rue des Tilleuls, bâtiment qui est situé à 300 ou 400m plus à l'est, vers les Colverts. Etait-ce là la gare d'Hestroff (soit entre Hestroff et Anzeling), et
le bâtiment rue des Tilleuls n'était-il pas plus simplement une maison de garde-barrière ? 
Si tel est le cas, pourquoi y a-t-il une autre gare à Anzeling, alors que les deux lignes "Bouzonville-Metz et Bouzonville Thionville rejoignaient je suppose dans cette commune.
Et si tel n'était pas le cas, alors à quoi servait ce bâtiment vers les Colverts ? Et pourquoi est-il en ruines ?

Jean-Luc DODELLER

Hestroff n'a jamais eu de gare alors que dans le cadre de la construction de la ligne Anzeling-Metz, cela fut proposé à la commune qui refusa. Méfiance pour les nouvelles technologies ou ignorance de l'impact futur qu'aurait pu avoir la présence d'une gare au sein de la commune ?

Cette gare aurait dû se situer à la hauteur de la moribonde Eselsbréck. Hestroff, qui comptait un nombre incalculabre de cheminots, devait se rendre à Ebersviller, Anzeling ou Piblange en fonction de sa destination.

Le bâtiment, rue des Tilleuls, transformé il y a quelques années en résidence de luxe, était occupé par un garde-barrière qui s'appelait Alfred MICHAUX, né vers 1902 (dixit Alice et MLH).


Michaux's Barrière

Le bâtiment, situé vers les Colverts, semblant plus imposant que ne l'était celui de la rue des Tilleuls, n'est plus en ruines et été revalorisé par de nouveaux citoyens qui honorent, chaque année, la commune par leur présence au repas des anciens.

Repas des anciens de Hestroff en 2003. En avant-plan les HUBERT.

A quoi pouvait servir ce bâtiment ? Fichtre..., nous nous posons la même question ! Nous n'avons pas trouvé de réponse dans les articles du Metzer Zeitung consacrés à la livraison de la ligne le 1er avril 1908. Il semblerait, d'après nos anciens, selon les uns d'une "gare de triage", selon d'autre d'une garde-barrière. D'ailleurs nos anciens l'auraient appelé Géant's Barrière, du nom de son dernier occupant, un certain Jean GEANT de Férange, qui avait épousé Anne-Marie COLBUS de Hestroff, dont 1 fils et 2 filles.

Géant's Barrière

Il y avait une barrière qui permettait aux agriculteurs de traverser la ligne pour se rendre au Colvert. Marchandage des élus quand la commune fut expropriée ?

A proximité de ce bâtiment, aux alentours de 1930-1931, il y eut un fait divers qui marqua les esprits des enfants de l'époque.



Inauguration du Chemin de fer de Metz-Vigy-Anzeling   L'inauguration d'aucune autre ligne de chemin de fer en Lorraine n'avait été attendue avec autant d'impatience que celle de la ligne de Metz à Vigy et à Anzeling. La région que traverse cette nouvelle voie passait à juste titre pour une de plus abandonnées du département. Depuis longtemps déjà les représentants des populations intéressées avaient travaillé pour obtenir ce chemin de fer. Il fallut des efforts persévérants pour faire adopter le projet, et il y aurait un chapitre curieux à écrire sur les péripéties par lesquelles il dut passer. Il convient ici de rendre hommage au dévouement que déploya en particulier feu M. Régnier, le représentant du canton de Vigy au Conseil général, député du Landesausschuss, lequel, comme l'a fort bien dit M. Pierson au cours du repas qui a eu lieu hier à Vigy, à la suite de l'inauguration de la nouvelle ligne, a été à la peine mais n'a pas eu la satisfaction d'être à l'honneur.
Plus tard lorsque la construction de la ligne fut décidée, des difficultés imprévues, d'ordre technique, surgirent. Le pays que sillonne le chemin de fer de Metz à Vigy et à Anzeling est caractérisé par une succession ininterrompue de collines et de dépressions qui devaient donner beaucoup de fil à retordre aux ingénieurs. On se rappelle la lenteur des travaux de construction des viaducs de Nouilly, de Failly et de Villers-Bettnach, les éboulements successifs qui se produisirent pendant la percée du tunnel de Failly. On peut bien dire qu'aucune ligne en Lorraine n'a nécessité autant de travaux d'art, en raison de la configuration du sol et de la nature du terrain, que précisément cette ligne de Metz-Vigy-Anzeling. En la parcourant hier pour la première fois en train spécial, nous avons pu nous en rendre compte : tantôt ce sont de profondes tranchées qu'il a fallu creuser en consolidant les talus ; tantôt ce sont de larges vallées qu'il a fallu franchir à l'aide d'immenses constructions en fer. Ajoutons que cette ligne pourra revendiquer l'honneur de figurer parmi les plus coûteuses de l'Allemagne. Quelques chiffres sont plus éloquents qu'une longue description.
La ligne, qui a une longueur totale de 30 kilomètres a coûté 24 millions, soit 800 000 M par kilomètre. Le viaduc de Failly, long de 600 mètres et d'une hauteur de 35 mètres, a nécessité une dépense de 2,500,000 M, le tunnel de Failly a absorbé 1,800,000 M ; les viaducs de la vallée de Vallières, de la Canner et de Villers reviennent chacun à un million ; le tunnel de Saint-Bernard, d'une longueur de 925 mètres, représente une dépense de plus de deux millions.
De même que pour les autres lignes construites en Alsace-Lorraine par l'administration des chemins de fer de l’Empire, le Landesausschuss a accordé pour celle-ci une subvention de 40,000 M par kilomètre, ce qui, il est vrai, ne représente qu’une faible partie de la dépense totale. Mais si la nouvelle ligne ne sera pas d’un grand rendement financier pour l’Empire, d'autres sont plus productives. Ce n'est d'ailleurs un secret pour personne que la ligne de Metz à Anzeling est appelée à avoir une importance stratégique de premier ordre. Elle est à deux voies. Quand les lignes de communications vers le nord-est de la province rhénane seront achevées, la ligne de Metz-Vigy-Anzeling-Dillingen-Türkismühle représentera le trajet le plus court entre Metz et Mayence.
Ce qui nous importe pour le moment, c'est, ainsi que nous le disions plus haut, qu'une des régions les plus délaissées de la Lorraine soit dotée d'une voie de communication.


Source : http://train-de-la-canner-57.over-blog.com

 







Par solnade - Publié dans : Cadastre hier et aujourd'hui
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