Mardi 23 février 2010 2 23 /02 /Fév /2010 00:00

Récemment, dans le cadre d'un procès dans lequel était citée la mairie de Hestroff, nous vous avions redirigé vers le Sieur Salmon de Freistroff à qui rendit visite en 1870 le fils de Louis Hackspill de Hestroff, alors jeune capitaine au 64e de Ligne. De son vivant, nous aurions pu lui demander pour quelle raison il n'avait pas rendu visite à Hestroff où il lui restait nombre de cousins. La réponse se trouve peut-être dans la Revue d'histoire rédigée à l'État-major de l'Armée, malgré un décalage de date évident dû certainement au fait que Louis avait été nommé capitaine des éclaireurs volontaires...

Louis Hackspill °1832 † 1919, la guerre de 1870-1871 en Moselle, puis la Commune à Paris


Extrait du carnet de route de Louis Hackspill

1
0 juillet 1870. Déclaration belliqueuse de M. de Grammont

15, la guerre est déclarée à la Prusse.

16, le 54e est sur le pied de guerre.

17, arrivée à Condé (sur l'Escaut) de CL…

20, départ de Condé, étape à Valenciennes.

21, départ de Valenciennes à 5 heures du soir, en chemin de fer. Accueil enthousiaste de la population sur notre passage.

22, nous arrivons à Thionville à 8 heures ½ du matin. Bivouac sur les glacis de la place. Le 54e fait partie de la 5e brigade 3e division, 4e corps d’armée. Généraux Berger, de Lorencez, Ladmirault.

24, 4 heures du matin, nous partons sur la route de Thionville à Metz. Bivouac à Kédange , dans la prairie. Le 1er bataillon se porte en avant pour appuyer la cavalerie. Je suis nommé capitaine des éclaireurs volontaires.

25, orage épouvantable, le tonnerre tombe sur l’état-major du Général Lorencez , blesse 3 officiers et tue un cheval.

26, marche dans la direction de Sarrelouis. Je vais à Frechestroff (forme francique de Freistroff un peu estropiée par l'auteur) où je visite la famille Salmon, parente de ma mère.

29, marche sur Boulay, puis sur Metz.

14 août, bataille de Borny volontaires. Envoyé en reconnaissance au village de Saulny  et trahi par mes guides, je tombe entre les mains des Prussiens.

22, je suis conduit à l’état-major du général Fransèky  à la ferme de Marengo.

23, dirigé sur Doncourt  où se trouve le prince Frédéric Charles, je suis conduit à Pont-à-Mousson où l’on me fait jurer de ne pas chercher à reprendre part à la guerre.
15, marche de nuit sur Verdun.

16, bataille de Gravelotte.

17, nuit sur le champ de bataille, bivouac de jour derrière Amanvillers .

18, bataille de St Privat . Le régiment perd 500 hommes et 12 officiers.

Nuit du 18 au 19, retraite sur Metz.

20, j’enterre le Capitaine Boussarie et je retrouve le colonel à l’ambulance.

21, je réorganise la compagnie d’éclaireurs.

24, prisonnier sur parole et conduit à Mayence. Je visite Wiesbaden. Le prince von Holstein, commandant de Mayence, m’envoie à Spandau  près de Berlin.

Extrait de la Revue d'histoire rédigée à l'État-major de l'armée, 1901

Le général de Ladmirault au Major général à Metz (D. T.).

 

Thionville, 30 juillet, 9 h 35 matin ... expédiée à 40 h 5, matin.

 Il nous manque, pour le service des ambulances du 4e corps, les chevaux et harnais pour atteler 12 caissons à 2 chevaux et pour 6 voitures Masson à 1 cheval. Nous avons les caissons et voitures.

 

Le Ministère de la guerre au Général commandant la 3e division, à Lille (D. T.).

 

Paris, 30 juillet.

 Si les hommes manquent de tentes-abri ou de demi-couvertures, il faut leur en faire envoyer d’urgence par le magasin de campement de Lille.  Les autres effets, ils les recevront à Thionville.  Portez à 600 hommes le détachement du 65e.

 

Thionville, 30 juillet.

 Demain, 31 juillet, le quartier général du 4e corps se transportera de Thionville à Boulay. La route par laquelle ce mouvement s'effectuera passe par Kédange, Dalstein, Eberswiller, Hestroff, Gommelange,

Eblange, la forêt d'Ottonville.  Le départ de Thionville aura lieu à 5 heures du matin.

 

La brigade de dragons (1) et les deux escadrons de hussards (2) partiront de Thionville demain à 6 heures du matin et se rendront à Boulay en 2 jours. La réserve d'artillerie (4 batteries) partira ce soir à 4 heures; elle ira bivouaquer à Kédange et arrivera demain à Boulay.

 

La compagnie du génie et le parc partiront aussi ce soir à 4 heures, pour aller bivouaquer à Hombourg.

 

Le bataillon du 64e de ligne (3) et 1 bataillon du 98e partiront demain, à 4 heures du soir, pour aller coucher à Kédange. Le bataillon du 64e de ligne, qui est à Kœnigsmacker, s*y rendra directement, d'après les ordres qu'il recevra.

 

(1) « brigade de la division de cavalerie du 40 corps

(2) la 1ère brigade de la division de cavalerie du 4e corps se composait des 2e et 7 hussards. Le 2e hussards (4 escadrons) fut attaché à la division de Cissey le 27 juillet; le 7e hussards (4 divisions à la division de Lorencez le 28 juillet. Les deux 5 escadrons dont il s'agit plus haut sont ceux des 2° et 7° hussards.

(3) Il s'agit du bataillon du 64e qui est à Thionville; les deux autres sont l'un à Kédange, l'autre à Kœnigsmacker.

 

 

Le général Pradier (1) marchera avec ces troupes et il lui sera adjoint un demi-peloton de hussards. Il recevra, à Kédange, des ordres du général commandant la 2e division.  Il restera à Thionville 2 bataillons du 98e (2), l’ambulance, le trésor, le convoi de l’administration, 6 gendarmes, 2 batteries de la réserve d'artillerie.  Les militaires des divers corps, détachés de l'administration, resteront provisoirement à Thionville. Tous les corps partants auront 6 jours de vivres de réserve et 4 jours de fourrage.

 

Le général de Ladmirault au Major général.

 

Thionville, 30 juillet (n° 24)

 

J'ai l'honneur de vous accuser réception de votre dépêche n° 75, relative aux mouvements qui devront s'opérer les 31 juillet et 1er août.  Tous les ordres sont donnés pour l'exécution de ceux de ces mouvements qui concernent le 4e corps d'armée. Toutes les positions indiquées par votre dépêche, pour les différentes fractions de ce corps, seront rigoureusement occupées.

 

Je dois vous informer qu'il m'est impossible de mettre en route demain le trésor du corps d'armée; ses chevaux de voitures et harnais, achetés à Paris par le ministère des finances, ne sont pas encore arrivés. Il en est de même de l'ambulance, à laquelle manquent les attelages et les harnais ». J'aurais bien pu acheter les chevaux, mais, quant aux harnais, il m'eût été impossible de les faire confectionner. M. l'intendant militaire a vainement cherché à s'en procurer à Metz.

 

Je laisse à Thionville un bataillon du 98° (2) pour escorter toute cette portion isolée et pour surveiller le convoi civil que je ferai diriger sur Boulay.

 

Je dois ajouter qu'il manque, dans les corps, beaucoup de grandes gamelles, marmites et grands bidons. J'en ai fait demander à Lille, mais ils ne sont pas encore arrivés.

Je serai demain à Boulay, avec une partie de mon état-major; le reste y arrivera le 1er août, la distance (40 kilomètres) étant trop grande pour une étape. Vous pourrez donc, dès demain, m'adresser vos ordres et instructions à Boulay.

 

(1) Commandant la 2e brigade de la 2e division.

 (2) Un seul bataillon du 98e, le 3e, est resté à Thionville le 31, au lieu de deux que le général de Ladmirault avait indiqués dans l'ordre de mouvement ci-dessus (n° 15).

 

 Le maréchal Bazaine au général de Ladmirault, à Thionville. (Confidentielle)

 

Boulay, 30 juillet.

 

Je vous remercie des renseignements que tous m'envoyez sur le cours de la Sarre. Il est probable que, si les pluies torrentielles qui ont été signalées ces jours derniers continuaient, il y aurait des modifications dans le régime des eaux ; mais je sais que l’on prépare, au grand quartier général, les moyens qui nous sont nécessaires pour franchir ce cours d'eau.

 

Vous devez avoir reçu la feuille de renseignements n° 5, par laquelle on vous avise de grands mouvements de troupes sur la Sarre et de l'arrivée du roi de Prusse à Coblence. J'ai vu hier l'Empereur (Napoléon III) à Saint-Avold ; rien n*est encore bien arrêté sur les opérations que doit entreprendre l'armée française. Il semble cependant que l’on penche vers un mouvement offensif en avant du 2e corps.

 

Le général Bellecourt, commandant provisoirement la 1ère division du 4e corps, au général de Ladmirault.

 

Ferme de Sainte-Anne, 30 juillet.

 

J'ai reçu les ordres de mouvement à 9 heures; j'ai expédié immédiatement la dépêche adressée au général de Lorencez et pris mes dispositions de manière à être arrivé, avec toute la brigade, l’artillerie et la réserve d'artillerie, à Bouzonville dans le milieu du jour (à 3 heures au plus tard) (1).

 

Les réquisitions de fourrage et de pain, qui ont été faites par le sous-intendant, nous suivront. Nous avons également une réserve de viande sur pied, à notre suite.

 

Cette lettre est la confirmation de la dépêche télégraphique que je vous adresse à Kédange; mais elle vous arrivera peut-être la première, le télégraphe de Kédange, ou étant encombré, ou marchant de la façon

la plus irrégulière.

 

(1) Voir, au sujet de la 2* brigade, la note (3) de la page 161. La compagnie du génie dont il n'est pas fait mention

 

 

Le général Bellecourty commandant provisoirement la 2e division du 4e corps, au général de Ladmirault.

 

Ferme de Sainte-Anne, 30 juillet.

 

J'ai l’honneur de vous rendre compte que, suivant vos ordres, j'ai quitté Kédange ce matin, avec la 1ère brigade de la 2e division. Le départ n'a pu avoir lieu qu’à midi, les distributions ayant pris un temps considérable.

 

Les troupes sont ainsi placées : 5e bataillon, à Waldweistroff;  3e de ligne, 1 bataillon à Lacroix, 2 à Laumesfeld; 

43e de ligne, avec l’artillerie et l'ambulance (1), à Monneren.  Mon quartier général est à la ferme Sainte-Anne, à moitié chemin de Monneren à Lacroix, avec la compagnie du génie.  L'état sanitaire est bon.  Les réquisitions deviennent de plus en plus difficiles; le pays s'épuise. Le sous-intendant de la division déploie un zèle infatigable et digne d'éloges; il a fait connaître hier la situation et mes besoins à M. l'intendant du corps d'armée.  Aucun renseignement sérieux ne m'est parvenu.

 

Le bataillon du 3e de ligne, cantonné à Lacroix, y a trouvé un bataillon du 15e (3e division) qui y a été envoyé, ce matin sans doute, pour occuper le nœud de routes que le 13° de ligne garde maintenant.

 

J'ai avisé le général commandant la 3e division de mes positions.

 

P. S. — Au moment où cette lettre allait partir, je reçois, par cavalier, une lettre du maréchal Bazaine, que je vous transmets immédiatement par un cavalier frais.

 

d) Effectifs et emplacements

 

Situation sommaire d'effectif du 4e corps au 30 juillet.  Officiers 1 .237) 3_ ^^,  Troupe 26,386) *^'*'^^-  Chevaux 5,534 (2).

 

(1) D'après le journal de marche de la division, l’ambulance serait avec le quartier général à la ferme Sainte-Anne.

(2) Ces nombres se répartissent ainsi d'après les situations particulières :  Officier. Troupe. Chevaux.  Etat-Major général 32 75  1e division (de Cissey) 290 7,502 537  2« — (Bellecourt) 319 7,303 545

 

Emplacement des troupes au 30 juillet

 

Quartier général à Thionville.  Division de Gissey à Sierck et environs.  Division Bellecourt à Lacroix — Waldweistroff -  Laumesfeld (I).  Division de Lorencez (entre Thionville et Bouzonville) à Filstroff— Lacroix

— GQlroen— Waldwisse— Halstroflf— Flastroff (2).   Division de cavalerie (Legrand).. à Sierck — Bouzonville— Colmen.  Réserve d'artillerie à Thionville (3) (4).

 

 

Journée du 30 juillet

 

5e CORPS D'ARMÉE

 

a) Journaux de marche. Journal de marche du 5° corps d*armée.

 

Voir Revue militaire, août 1899, page 293.

 

Journal de marche de la division de L’Abadie d'Aydrein.

 

30 juillet. Les troupes de la division de L’Abadie restent dans les positions qu'elles occupaient la veille. Le général de division fait reconnaître les Officiers. Troupe. Chevaux.

 

3e division (de Lorencez) 312 7,804 635

 

Division de cavalerie (Legrand) 178 2,303 2,400

 

Réserve d'artillerie 26 990 1,009

 

— du génie 4 136 77

 

Services 44 348 181

 

(1) Et Monneren.

(2) D'après les historiques des corps de la division, Waldwisse et Halstroff n'étaient pas occupés. Par contre, il y avait un bataillon du

65e à Ritzing.

(3) Réserve du génie à Thionville. Le parc d'artillerie s'organise à Verdun.

(4) La réserve d'artillerie est à Thionville jusqu’à 4 heures de l’après-midi

 

________

N. B. Le document est quasi illisible et nos connaissances quasi nulles dans le domaine militaire font que certaines corrections restent hasardeuses. Aussi pour ceux qui s'intéressent aux prémices de la guerre 1870-1871, nous leur conseillons de faire une relecture de l'original du document.

 

Par solnade - Publié dans : histoire
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