Lundi 4 janvier 2010
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Après avoir littéralement terrorisé le marchand de vin Christian STARCK et son épouse Anna NADé, lui avoir vidé sa cave, nos braves GI's s'en sont pris aux
particuliers. Nous nous sommes déjà fait l'écho d'une sombre histoire de schnaps qui s'était déroulée
chez le Paté Chaadlé.
Aujourd'hui, Alice KIEN-FANTIN nous raconte ses propres expériences.
Le schnaps semblait avoir sérieusement tourné la tête à nos GI's. 3 ou 4 lascars se sont également présentés chez Camille KIEN, le père d'Alice. Alice se rappelle que son père avait refusé itou.
L'un des GI's, particulièrement mauvais, mit alors en joue le père Kien. Derrière lui se tenait un compère qui semblait être de meilleure composition. Il fit discrètement signe à Camille en lui
montrant sa main pleine de cartouches pour lui faire comprendre que la mitraillette qui le menaçait n'était pas chargée.
Par la suite, Camille sympathisa avec quelques GI's qui vinrent régulièrement chez lui prendre leur petit péket. En échange, la famille Kien eut du chocolat, un savon désinfectant rose très vif que
la maman Marie GEANT utilisait parcimonieusement, même des chaussures.
Alice se rappelle que tout ce petit trafic se faisait très discrètement, les GI's prenant la porte de service pour ne pas se faire remarquer par les autres camarades. Parmi eux un Italien, un
dénommé SUSELLI, petit de taille, cheveux noirs. Il avait plus ou moins la quarantaine. Il laissait derrière lui un bistrot aux States. Aussi, était-il fin connaisseur en gnôle et appréciait
parculièrement le schnaps du Camille. De plus, Camille, forgeron de son état qui avait beaucoup travaillé avec les ouvriers italiens lors de la construction de la Ligne Maginot, avaient plus que
des notions de base dans cette langue. Il y eut dialogue. C'est ainsi qu'il sut que si le dénommé Suselli avait laissé derrière lui son saloon, que son compagnon plus jeune, la trentaine
environ, type cow-boy, avait délaissé sa ferme pour venir combattre en Europe. Les deux n'étaient pas mariés.
PS : Les Messins fêtèrent l’armistice avec les GI’s, mais les autorités américaines craignant les débordements de leurs
hommes avaient demandé l’interdiction de la vente d’alcool.
Par solnade
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Publié dans : Libération de Hestroff
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