Samedi 6 mars 2010 6 06 /03 /Mars /2010 18:09
Un fragment historique est extrait d'un grand ouvrage de M. le docteur Begin, de Metz, ouvrage que l'académie de cette ville est sur le point de publier. Notre infatigable et savant compatriote a bien voulu nous autoriser à reproduire ce fragment de son ouvrage; qu'il en reçoive nos publics remerciements. Déjà il a enrichi notre Recueil d'un travail sur les juifs de l'est de la France, et ce travail a tellement intéressé nos lecteurs que plusieurs d'entre eux nous ont à diverses reprises témoigné le désir d'en voir la continuation.


Etat des Juifs
depuis Karl-Magne jusqu'à la fin du règne de Karl-le-Chauve
Annales juives de la France


Il était dans l'inconstante destinée du peuple juif de marcher, ballotté sans cesse entre la crainte et l'espérance. Lorsque Léon l'Isaurien, empereur de Constantinople, leur faisait subir une des plus cruelles persécutions dont l'histoire ait conservé la mémoire, Allmanzour, ce chef abasside, appelait dans le brillant khalifat du Tigre les juifs d'Asie adonnés aux lettres, et Abdalrahman entraînait avec lui, sur la plage ibérique, la population virile d'Israel, désireuse de mener une existence active et de laver, dans le sang des chrétiens, les affronts que ses pères subissaient encore. Enfin Léon mourut; le calme se rétablit aussitôt parmi les juifs, depuis l'Archipel jusqu'au Golfe persique, depuis la mer Noire jusqu'à la mer Caspienne; mais à peine levaient-ils sans crainte leur pensée reconnaissante vers ces étoiles d'Orient qui semblaient luire enfin pour eux, qu'une nouvelle persécution surgit du sein de l'Islamisme. Giafar - le - Juste (Sadek), le sixième Iman, força les juifs du khalifat d'Arabie d'embrasser le mahométisme, et, pour mieux y parvenir, fit déclarer par Mohamed-Mahdi que tout israélite qui renoncerait à sa croyance hériterait des biens de sa famille. Le même monarque imposa aux juifs une marque d'infamie, idée barbare qui trouva bientôt, au sein même de la civilisation européenne, de nombreux partisans.

L'empire Bysantin ne se montrait guère plus favorable alors aux fils d'Abraham, qu'il ne l'avait été sous Léon l'Isaurien. Abdhalla, général en chef des armées de Léon IV, parcourait la Judée comme un incendie porté sur l'aide des vents, flétrissant chrétiens et juifs d'une marque qu'ils devaient porter sur la main. Les chrétiens se dérobèrent presque tous aux poursuites de leur ennemi. Les juifs pouvaient choisir entre la fuite et l'infamie; beaucoup d'entre eux préférèrent l'infamie, parce qu'elle se présentait accompagnée de gains assurés, d'avantages ignominieux ramassés avec la boue, à la suite des escadrons du vainqueur. Il n'était sorte d'avanies que les officiers grecs et turcs ne fissent subir à ces juifs que la soif de l'or attachait aux pas de leurs tyrans : un gouverneur de Thrace ordonnait qu'on fixât de la poix à leur longue barbe et qu'on y mît le feu, pour se procurer, après le repas, la barbare distraction de voir leurs contorsions et leurs grimaces. Quelques révoltes partielles eurent lieu; un faux messie, entre autres, Hakens, surnommé Burca, parce qu'il portait un masque d'or, prêcha la transmigration des âmes, et tâcha d'exciter à la révolte ses coreligionnaires; mais il fut vaincu par les troupes de Mohadi, et ces tentatives ne firent qu'aggraver les chaînes d'Israel sur le continent asiatique.



suite demain...




Par solnade - Publié dans : histoire
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