Jeudi 12 novembre 2009
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Edouard Daladier, président du Conseil et ministre de la Guerre, dans une émission radiophonique
appelle à la mobilisation générale au cours de l'après-midi du 1er septembre 1939. La mobilisation doit être effective quelques heures après, c-à-d le 2 septembre à 0:00 h.
Cet ordre de mobilisation entraîna immédiatement l'évacuation de la zone dite rouge située entre la frontière allemande et la Ligne Maginot.
On ferme les frontières. Des dispositifs de destruction sont mis en place sur les routes. On enlève les rails dans les gares faisant frontière : Apach, Hargarten-aux-Mines où il y eut quand même
quelques couacs comme des wagons oubliés.
Le 2 septembre, Metz et Thionville sont déclarées villes fortifiées. Personne ne peut entrer ou sortir sans autorisation. Les habitants font provision. Certains préfèrent quitter les deux villes
pour aller rejoindre familles ou amis vers l'intérieur de la France.
Pourtant le 1er septembre 1939, quand Hitler envahit la Pologne, Mosellans et Sarrois sont encore nombreux à espérer la paix.
Alors que nos villages situés dans la zone rouge sont évacués, de l'autre côté en Sarre les hôpitaux l'avaient déjà été deux jours plus tôt, le 30 août. Le 31 août ordre fut donné de poser des
mines à la frontière. Le 1er septembre on évacue en Sarre les femmes et les enfants de moins de 15 ans. L'armée et le parti national-socialiste encadrent les frontaliers qui refluent vers
l'intérieur. L'évacuation continue le 2 et le 3 septembre. Le 4 elle est rendue obligatoire. Les communications ferroviaires sont interrompues vers la France le 2. La frontière est fermée le 3. Les
soldats remplacent les douaniers et les gardes frontaliers. Le 3 est donné l'ordre de faire sauter les ponts en cas d'attaque française. Les relations postales avec la France sont
interrompues.
A Hestroff, le 2 septembre au petit matin, tout le monde est parti. Reste au village "Bockange" pressé de s'installer. Les soldats, aux dires de nos parents, avaient été arrogants la veille. Alors
qu'ils préparaient leurs maigres bagages, ils se sont sentis épiés et violés dans leur intimité. Les soldats s'étaient déjà appropriés les lieux et ne leur
lâchaient plus les baskets.
Aujourd'hui, dans votre confort, dans quel désarroi seriez-vous si un soldat faisait irruption chez vous, s'y installerait en y choisissant la pièce la plus agréable, en mettant les pieds sur la
table tout en vous pressant de dégager de façon peu amène ?
Par solnade
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Publié dans : Ligne Maginot et Guerre 39-45
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