Samedi 24 octobre 2009 6 24 /10 /Oct /2009 00:00

L’administration et la justice

Sur les 9 arrondissements qui composaient le département de la Moselle, Hestroff appartenait à l’arrondissement de Boulay.

Charles BOURRAT dirigeait l’administration départementale depuis le 10 mars 1939; Etienne JUNG, originaire de Petite-Rosselle, était sous-préfet de Boulay. 

Les tribunaux cantonaux de Boulay et Bouzonville étaient chapeautés par le tribunal de première instance de Metz.

 

L’organisation militaire

Le département était réparti sur 2 régions militaires, la 6e et la 20e. Boulay dépendait de la 6e région, commandée par le général-gouverneur militaire de Metz, Lucien LOIZEAU, dont dépendaient aussi les arrondissements de Metz-Ville & Campagne, de Thionville. Boulay disposait d’un régiment d’infanterie et d’une chefferie des travaux de fortification.

L’état-major de la Région fortifiée de Metz résidait à Metz. Le 162e RIF,  Régiment d’Infanterie Fortifié, défendant le SF, secteur fortifié, de Boulay, était en garnison à Metz avec deux détachements à Boulay et à Bockange.

D’autres éléments non endivisionnés comprenaient le C.M. d’infanterie à Metz avec un détachement à Bockange.

La 6e Région comprenait des unités et organes de formation de corps d’armée, de secteurs fortifiés, de divisions et de réserve générale. Nous ne mentionnerons que les 162e et 164e du régiment de pionniers pour le SF de Boulay. RIF et le II/460.

L’effectif de la compagnie de gendarmes de la Moselle fut de 8 officiers et de 429 chefs de brigade et de gendarmes, renforcés par des pelotons de la garde républicaine mobile.

 

La vie sociale

 

L’arrondissement de Boulay, près de 50000 habitants, était avant Château-Salins, l’arrondissement le moins peuplé du département.

 

La Moselle comptait 10 hôpitaux publics, dont Boulay, 25 hôpitaux privés dirigés soit par des religieuses soit par des sociétés minières et métallurgiques, 16 hospices, asiles, orphelinats publics et une 40taine d’établissements de bienfaisance, dont l’hospice israélite de Metz, le foyer des jeunes ouvriers de Metz ainsi qu’une 60taine de bureaux de bienfaisance.

 

La vie religieuse et intellectuelle

 

Le diocèse de Metz était dirigé par Mgr Joseph HEINTZ (1886-1958). Hestroff faisait partie des 59 paroisses qui composaient le diocèse.

 

L’Eglise réformée, qui dépendait du Conseil synodal de l’Eglise réformée d’Alsace, disposait d’une paroisse à Boulay.

L’Eglise de la Confession d’Augsbourg avait également des paroisses situées principalement en Moselle-est.

Le culte israélite était assuré par 10 personnes, dont le chef de file était le grand rabbin Nathan NETTER.

 

Quelques chiffres : un peu plus de 600000 catholiques, environ 30000 protestants, plus de 8000 juifs et +/- 30000 dissidents ou sans confession (ce type de statistiques existent-elles encore de nos jours ?).

 

L’Inspection d’Académie de la Moselle, dirigée par Adolphe GRINER, était rattachée à l’Académie de Strasbourg (cette situation perdura jusque dans les années ’70 jusqu'à la création de l'Université de Metz).


L'enseignement secondaire était dispensé dans les lycées de garçons de Metz, Sarreguemines et Thionville, les collèges et le lycée de jeunes filles de Metz, etc.. Il existait un grand nombre d'établissements privés, surtout religieux, dont le collège Saint-Clément de Metz, le grand séminaire, le petit-séminaire de Montigny, etc..., le pensionnat de Sainte-Chrétienne à Metz, le pensionnat de la Providence de Saint-André à Peltre, le pensionnat de la Providence de Saint-Abdré à Bouzonville - toujours prospère -, etc...


Les instituteurs et institutrices étaient formées par les écoles normales de  Metz et de Montigny-lès-Metz.


La recherche historique était assurée par les Archives départementales de la Moselle, les Archives municipales de Thionville et de Sarreguemines, les bibliothèques municipales, les musées, la Société d'histoire et d'archéologie de la Lorraine qui fêta son 50naire au mois de mai 1939, etc. sans oubier l'Académie nationale de Metz.


La presse se composait à Metz du Messin, du Lorrain, du Républicain lorrain, du Metzer Freies Journal, de la Lothringer Volkszeitung ou la Libre Lorraine, du Metzer katholisches Volksblatt ou l'Ami des Foyers chrétiens.


En 1936, +/- 160000 mosellans ne parlaient que le français, 25000 le français et le dialecte, 140000 le français et l'allemand, 155000 le français, le dialecte et l'allemand, 15000 le dialecte seulement, 88000 le dialecte et l'allemand, 60000 l'allemand seulement, 7000 une autre langue et 35000 une langue non déclarée. Au total près de 75 % savaient parler le français, 43 % le dialecte et 68 % l'allemand. La Lorraine germanophone s'étendait, comme aujourd'hui, sur quelque 3300 km2.


Ces statistiques, faites sur l'entièreté de la Moselle, ne reflètent en rien la situation linguistique de l'arrondissement de Boulay.

Source : Ils disent : Drôle de guerre, ceux qui n’y étaient pas…

Henri Hiegel


Par solnade - Publié dans : Ligne Maginot et Guerre 39-45
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