Partager l'article ! Vaudrevange et Sarrelouis selon Dom Calmet: En 1680, après le traité de Nimègue, que le duc Charles V n'avait pas voulu accepter, le roi Louis ...
En 1680, après le traité de Nimègue, que le duc Charles V n'avait pas voulu accepter, le roi Louis XIV demeura maître de la Lorraine. Comme Vaudrevange était fort
diminué par le malheur des guerres, le roi fit ruiner cette ville et n'y laissa que très peu de bâtiments : à quelque distance de là, sur le même côté de la Sarre, il fit construire une
très belle forteresse, une ville qu'il nomma Sarre-Louis, et qui est de ce côté-là un poste important.
Depuis ce temps-là Vaudrevange n'est plus qu'un village du diocèse de Trèves. La montagne au pied de laquelle était bâti la ville de Vaudrevange, se nomme Limberg, que l'on distingue en haut et
bas Limberg. Le Haut-Limberg est un village commencé en 1706, à gauche de la Sarre, à deux lieues de Bouzonville. Le Bas-Limberg est un autre village, sur la partie de Vaudrevange, restée à la
Lorraine, à une demie-lieue du Haut-Limberg.
Limberg est un ermitage et chapelle dédié à la Sainte-Vierge, bâti sur la montagne de Vaudrevange en 1680, par l'entrepreneur des fortifications de Sarre-Louis. Le roi de Pologne Stanislas 1er,
duc de Lorraine, donna cet ermitage aux carmes déchaux de Lorraine, le 30 juin 1751, pour y établir un hospice de leur ordre.
Les auteurs Lorrains qui ont traité des particularités qui se trouvent dans la province, ont aussi parlé de la carrière d'azur qui se trouve à Vaudrevange. Le minéral se trouve par grumeaux de la
grosseur d'un pois ou d'une noisette enveloppés de sable, que l'on ôte pour nettoyer et découvrir l'azur. Les peintres se servent de cet azur pour peindre en bleu.
On trouve aussi à Vaudrevange, des mines de cuivre, de plomb et même d'argent. Ces mines ont été de nouveau ouvertes il y a quelques années, et on y a travaillé avec succès. On est parvenu en
creusant jusqu'au lieu où les anciens avaient poussé leurs travaux, et on y a trouvé les outils
anciens, rangés en leurs lieux. Ces carrières ou mines sont d'une étendue et d'une profondeur prodigieuses, parce qu'on en a tiré une quantité extraordinaire de pierres à bâtir.
Il y a à Vaudrevange un couvent de religieux augustins.
Il y avait ci-devant encore à Vaudrevange un couvent de capucins, qui en 1692, fut transféré à Sarre-Louis.
Quoique toute la Lorraine ait été rendue au duc Léopold, fils du duc Charles V, en vertu du traité de Risvic, néanmoins Sarre-Louis par l'article 32, a été réservé au roi de France, avec une
demi-lieue de terrain autour de la place. Comme cette forteresse était trop resserrée, et que cela incommodait la garnison, le duc de Lorraine, par le traité de 1718, a cédé à la France cinq
villages voisins de Sarre-Louis et l'emplacement de Vaudrevange, avec les bâtiments qui y restent, et qui multiplient de jour en jour. Cette cession fut faite moyennant un certain dédommagement
qui lui a été donné.
La ville de Sarre-Louis est bâtie sur le territoire de
Listroff, où l'abbé de Vadegatz est seigneur haut justicier, moyen, bas et foncier. Elle est située dans l'isthme d'une presqu'île que forme la rivière de Sarre, sur laquelle elle est bâtie. Sa
figure est un hexagone régulier de six bastions, sur les plans du maréchal de Vauban. Le côté qui est sur la rivière, est plus étendu que les autres; au-devant des courtines sont placés des
petits ouvrages tenailles : cinq de ces fronts sont couverts d'autant de demi-lunes, le tout revêtu de bonne maçonnerie. Le fossé qui entoure tous ces ouvrages, et qui est accompagné d'un bon
chemin couvert, est plein d'eau : au-delà de ce chemin couvert règne tout autour un avant fossé dans lequel on a élevé neuf redoutes, revêtues de pierres. Cet avant-fossé est défendu par un autre
chemin couvert, du côté de la terre, c'est-à-dire depuis le retranchement des capucins jusqu'à la rivière. On entre dans Sarre-Louis par deux portes diamétralement opposées : les rues de la place
sont fort régulières, et laissent entr'elles une grande place carrée, sur un des côtés de laquelle est l'église paroissiale, et de l'autre côté la maison du gouverneur.
Le 29 avril 1685, le roi Louis XIV donna sa déclaration par laquelle il donne à la ville de Sarre-Louis l'exemption de droit d'entrée dans la ville et de sortie d'icelle, faculté de faire
commerce de toutes sortes de marchandises et manufactures, sans payer aucun droit d'entrée et de sortie; comme aussi exemption de la taille et subvention, de quartier d'hiver des troupes, etc.,
permet d'y établir foires et marchés avec un siège de justice.
Sarre-Louis est du diocèse de Trèves. Il y a un couvent d'Augustins, celui des PP. capucins est à un quart de lieue de la ville.
Le bailliage de Sarre-Louis a été créé par édit du mois de février 1685, et le présidial par le même édit; il est régi par la coutume de Lorraine, rédigée et homologuée par lettres-patentes de
Charles III, duc de Lorraine, des 17 mars et 16 septembre 1594.
Le corps de l'hôtel-de-ville est composé d'un maire royal ancien et alternatif; de deux échevins électifs, d'un secrétaire-greffier, d'un procureur syndic, et dun sergent de ville. Ces officiers
sont chargés de l'administration des biens et revenus de la ville.
Il y a à Sarre-Louis un corps de casernes, qui est ordinairement occupé par quatre bataillons et deux escadrons. Il y a un hôpital militaire.
Le corps du génie est composé d'un directeur des fortifications, d'un ingénieur en chef, et de plusieurs ingénieurs ordinaires.
En 1755 et 1754, il y a eu des camps à Sarre-Louis, l'un et l'autre commandés par M. de Chevert, lieutenant-général, sous les ordres de M. le maréchal duc de Bellisle. Le quartier général était
au village de Listroff, à un quart de lieue de la ville.
Voici les noms des communautés qui sont dans le ressort du bailliage de Sarrelouis. La ville de Sarre-Louis, Beaumarais, Enstroff, Frauloutre, les censes de Favart et du Houssart, Listroff,
Roden, Sainte-Marie, cense, Valdrevange. Tous ces lieux sont du diocèse de Trèves.
Les villages de la route cédés en exécution de l'article XIII du traité de 1661, ressortissent au même baillage, et sont régis par la coutume de Lorraine. Ces villages sont Donnelay, Gelucourt,
Juvelize, le Fief de Kraffzel, Lézey, les Récourts : ces lieux sont du diocèse de Metz.