histoire

Mardi 28 octobre 2008 2 28 /10 /Oct /2008 21:21
L’église de Hestroff, placée sous le vocable de la décollation de Saint Jean-Baptiste, fut agrandie avant  1730 comme en témoigne la pierre scellée dans la partie sud du clocher. Le presbytère fut également rehaussé d’un étage.

Lors de la rénovation en 2003 des extérieurs de l’église, une ancienne croix fut mise à jour.  Elle appartenait à la première église. Une autre rénovation, début 2007, des murs de soutainement du cimetière, unique au pays de Nied de par sa position surélevée, mit à jour un premier cimetière situé en-dessous de l’actuel. Denis Mathis, alors 1er adjoint au maire, très engagé dans la restauration de sa commune, eut le génie d’intégrer une stèle, témoin du XVIe, au nouveau mur face au monument aux morts.


De 1680 à 1750, la paroisse se développa rapidement et, sans être à son apogée, passa de 80 à plus de 710 âmes, sans compter le curé, le personnel en service et les personnes échappant à toutes statistiques…

Tous les desservants de la paroisse de Hestroff furent archiprêtres de Kédange relevant du diocèse de Metz.


Ignace ALEXANDRE, curé de Hestroff et archiprêtre de Kédange, dessert la paroisse de Hestroff depuis au moins 1680. Ignace est francophone et francise  tous les noms allemands. Si les Altmeyer se nomment maintenant Vieuxmaire, les Schumacher devenant Cordonnier, etc., il n'en fut pas de même avec d'autres patronymes dont l'éthymologie devait lui échapper tels les Hackspill, Ketzinger et autres ressortants du Tyrol d'alors.

 Le 1er mai 1696, Ignace, licencié ès lois, est nommé vicaire perpétuel de Thionville par l’Abbé de Saint-Maximin.  Il continue cependant à rester responsable de la cure de Hestroff jusqu'en 1700 où il brillait par son absence. C'est un prêtre d’origine parisienne, nommé par le Roi, bachelier et licencié de Sorbonne, aumônier du Roi, vicaire général du diocèse de Namur et curé du château de la même ville qui assure l'intérim jusqu'en octobre 1700, date à laquelle Ignace Alexandre quitte déninitivement Hestroff.  A Thionville, où Il est nommé archiprêtre le 12 décembre 1706, on se rappellera surtout de ses petites chicaneries financières (source : Histoire de Thionville par Gérard Kloppe).



Damien HENWEILLER, curé de Hestroff et archiprêtre de Kédange, décédé en 1747, fut curé de Hestroff de janvier 1701 à  mai 1740. C’est sous son ministère que l’église paroissiale fut agrandie. Il aurait rédigé un testament au profit « des pauvres, surtout des malades, et pour l’écolage des enfants » (voir Gérard Sins).  Damien a inhumé « le huitième du mois d'avril de l'année mil sept cent onze … munie de tous les sacremens de l'église et avec les sentimens d'une piété très chrétienne Demoiselle Françoise Schweis épouse de feu le Sieur Jean Henweiller vivant Officier de Monsieur de Varsberg à Fauquemont et mère de Moy Curé soussigné agée de 73 ans ...inhumée en l'église paroissiale de ce lieu le dixième des mois et an susdis »

Damien, après 40 ans de bons et loyaux services, rédige son dernier acte, au sein de la paroisse de Hestroff, lors de la célébration du mariage de Jean Hackspill en mai 1740. Et puis plus rien. Est-il malade, décédé ? Les registres paroissiaux ne nous en apprennent pas davantage.


Jean Antoine MÜLLER, curé de Hestroff, semble avoir pris fonction début 1741. Sa première cérémonie fut le 2 mai 1741 lors du baptême de Pierre Ketzinger. Müller, contrairement à ses prédécesseurs n'est pas archiprêtre de Kédange (ce titre ayant été attribué à G. STADTER, curé de Drogny et de Burtoncourt). A son arrivée dans la paroisse, il retranscrit 9 actes couchés sur deux feuilles volantes par le vicaire N. JUNG qui officia après la disparition de son prédécesseur.

Müller, qui n'omet jamais son tréma sur le u, est germanophone. Né à Boulay en 1712 d’un père meunier, boulanger et receveur de l’hôtel de ville de Boulay, il est cité, en 1735, clerc au séminaire de Metz.

Sous sa plume, les Vieuxmaire (re)deviennent Altmeyer. Le patronyme Transberg appartient désormais au passé, détrôné par Transberger. Des prénoms comme Jeanne se transforment sous sa plume en Joanne ....

Lors de la rédaction des différents actes de baptême, mariage et décès, il est plus précis, sauf distraction, que ses prédécesseurs. Les jeunes gens non majeurs sont cités avec les deux parents alors qu'auparavant on faisait fi de la mère. Il fait signer les pères lors des baptêmes. En 1747, il rajoute l'heure de naissance (une aubaine pour les astrologues). Lors de l'inhumation, il fait lecture de l’acte et fait signer proches parents et amis présents à l'enterrement.

Sa mère décède chez lui en 1759 mais « son corps selon sa dernière volonté fut mené le lendemain à Boulay où il est inhumé au long de son mari … dans l'église... » en présence de son frère Me Ferdinand Ernest Müller, avoué et notaire royal au baillage royal de Boulay.

Ce n’est qu’en 1765 que Müller signe pour la première fois curé de Hestroff et archiprêtre de Kédange.

L'abbé Müller a eu le privilège de consacrer les reliques venues de Rome en 1771 et de réceptionner les orgues offertes par le géographe ROBERT de HESSELN, enfant de Hestroff et fils du maître d'école Jean François ROBERT.


L’abbé Müller décède le 20 mars 1788 à « onze heures du matin, muni des saints Sacrements et non du viatic à cause d'un délire subitement survenu, accompagné de vomissements ........... après avoir rempli les fonctions pastorales dans cette paroisse pendant quarante-sept ans avec un zèle et charité des plus édifiants. Il  a été inhumé sur le cimetière de cette paroisse devant la croix de la mission ».


Il ne fut pas aisé de trouver un successeur à l'abbé Müller.


Lui succédèrent BECKER, vicaire de Hestroff, J. ALBERT, administrateur de Hestroff et F. BARTHELEMY jusque début avril 1788.


Pierre CLAVé, nouveau curé de Hestroff, dresse son premier acte officiel en cette paroisse, le 24 avril 1788, avec le décès d'Elisabeth BRAUN, belle-mère de Pierre NADé, tailleur d'habits, dont aucun descendant sur Hestroff.

Clavé doit faire connaissance avec ses nouveaux paroissiens et sollicite les premiers mois la présence du maître d'école lors de la rédaction des différents actes, s'emmêlant notamment les pinceaux entre les Berdel et les Berdouille...

1789. Rien d'anormal à signaler au village. Clavé continue à faire connaissance de ses ouailles. La rédaction des actes est cependant modifiée. On ne parle plus d'inhumation mais de sépulture, plus d'extrême onction et de saint "viatic" mais des sacrements des moribonds. Davantage de précision dans la citation de l'âge, de l'heure (demie, un quart...), citation des époux précédents, etc. Sur tous les actes figurent les lieux d'origine des personnes concernées, ce qui permet de rectifier ou de combler certaines lacunes. Grande innovation lors des mariages : les femmes sont citées comme témoin ! C'est le cas lors du mariage de Jean Joseph CAUDY d'Edling et Suzanne HACKSPILL, le 17 février 1789, le père du marié étant décédé c'est sa maman, Madeleine MAYER, qui fut invitée à signer l'acte de mariage. Autre innovation, un procès-verbal relatif à un enfant mort-né non ondoyé par la matrone, nous apprend que le bébé fut enterré sans cérémonie religieuse à côté du cimetière de l'église... rejoignant ainsi tant d'autres nouveaux-nés non baptisés dont l'existence fugitive nous est inconnue...

Sous la plume de Clavé les graphies d'anciennes familles résidant dans la paroisse depuis plus de 120 ans se stabilisent enfin : ex. Hackspill, Kien, ...

Août 1791, Pierre Clavé disparaît subitement de la scène. Son dernier acte remonte au 14 mai 1791. Gérard ZINS, dans son fascicule sur la rénovation de l’église paroissiale qu’il réalisa en 1981 au profit de la restauration de l’église Saint-Jean Baptiste, écrivit à son sujet :

"CLAVé aura la redoutable tâche d’affronter la persécution religieuse de la Révolution. Refusant tout acte contraire à la doctrine officielle de l’Eglise et de ses représentants, il deviendra vite suspect aux yeux des éléments les plus exaltés et devra bientôt s’exiler. Revenu clandestinement en 1800, il célébrera d’abord les cérémonies religieuses en secret. Découvert et arrêté, il sera un moment emprisonné à Metz. Mais peu à peu la tourmente s’apaise et, à partir de 1804, Hestroff est rattaché à la cure de Bouzonville dont le responsable est, depuis l’année précédente, Pierre Clavé lui-même".

François FRANTZ entre en scène au mois de juin 1790 lors de l'inhumation de Henry Nicolas LECLERE, arpenteur. Son dernier acte officiel, le 7 novembre 1792, est l'inhumation de Pierre WACHS, veuf depuis six ans, père de huit enfants dont les trois filles encore en vie ont quitté le village avec mari et enfants. On peut lire notamment que "pendant la nuit du cinq au six novembre 1792 en revenant de Bettange est décédé dans les champs Pierre Wachs mendiant agé de quatre vingt huit ans environ époux de feu Catherine Hachspille et le sept vers les trois heures de relevé après que la visite a été faite par le ? juré en présence de l'officier de la justice de paix et l'accident ayant par eux été  vérifié son corps fut inhumé par moi soussigné sur le cimetière de cette église avec les cérémonies usitées en présence de Jean Dalstein et Antoine Nadé tous deux citoyens de ce lieu qui ont signé avec nous après lecture faite".

François Frantz semble avoir été nommé administrateur de Guinkirchen en 1792 :  "an quatrième de la liberté le neuf aoust vers les onze heures du matin est né et fut baptisé le même jour par moi soussigné prêtre et administrateur de Genkerchien, de Jean Jacques fils légitime de Jacque Hamentien et de Marie Baour de Riderchen paroisse de Genkerchien.."

Le curé Frantz, en butte avec les nouvelles autorités locales, écrit le 9 janvier 1792, lors du décès de Jean NADé "vers les sept heures du matin est mort sans être muni de sacrements à cause de la circonstance des opinions mal attendu et inspiré mal a propos Jean Nadé agé de soixante sept ans, manoeuvre, époux de Madeleine Hartenstein et le lendemain a été inhumé..."  Puis plus rien. Frantz est-il encore à la tête de sa paroisse ? Les derniers actes des registres paroissiaux sont désormais rédigés et signés par des laïcs, notamment par Frédéric RAUBER, maître d'école devenu secrétaire de la toute nouvelle commune de Hestroff, puis le registre est clos en décembre 1792 par Jean-Pierre HOMBOURGER, nouveau maire qui écrit "arrêté et clos par nous maire et officier publique et à la demande de notre Secrétaire greffier de la commune de ce lieu de Hestroff le vingt six novembre mil sept cent quatre vingt douze an premier de la république française".



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Mardi 28 octobre 2008 2 28 /10 /Oct /2008 21:26
Les reliques dont il est question ici ont dû se volatiliser lors des temps troubles de la Révolution. Aucune trace en 2008 ni dans l'église de Hestroff ni dans la mémoire des plus anciens.


« Faisons savoir à Messires les Curés nos successeurs, que nous (nous) sommes procuré de Rome une partie de la Sainte Croix par le Ministère du Révérend Père Antoine o'Neill, ancien professeur en théologie, Récollet Irlandais ci-devant du couvent de Boulay, actuellement demeurant en celui de St Isidore de ladite ville de Rome; lequel nous a obtenu ladite particule avec une relique de Saint Jean-Baptiste notre Patron sous le titre de la décollation, de son Eminence Dominus Giordanus, Patriarche d'Antioche, ... le Pape Clément XIIII, assistant du siège pontifical, avec les lettres authentiques ci-jointes en date du 4 octobre 1769.

En conséquence,  nous ont été expédiées à  l'Evêché les patentes en due et légitime forme le 20 mars de l'année courante de Monsieur l'Abbé de Vareilles, Vicaire général du diocèse de Metz,  lesquelles patentes ensemble les susdites mentionnées lettres authentiques ont été déposés dans le coffre de notre fabrique d'église paroissiale de Hestroff.

Pour rendre la cérémonie plus solennelle, avec laquelle nous avons exposé ladite Sainte Particule en notre susdite Eglise , avons invité M. Turck, Curé de Gommelange, le Révérend Père Lothaire, Capucin de Sarrelouis, Confesseur, M. Bassompierre, Vicaire résidant à Anzeling, annexe de Freistroff, M. Admant, Diacre, neveu de feu M. Ernest, Curé de Drogny et M. Cabé, séminariste minoré, présent audit Drogny, lesquels se sont transportés avec empressement en ce lieu le jour de Vendredi Saint à deux heures après midy."



Plusieurs passages du Révérend Père F. Antonius o'Neill, curé récollet de Boullaÿ, tel qu'il signait, sont signalés par plusieurs actes de baptême et un décès au registre paroissial de Hestroff entre 1757 et 1759 :

Baptême : dimanche 6 mars 1757 Hestroff (57) , CORDONNIER Jean Pierre
Baptême : mercredi 22 novembre 1758 Hestroff (57) , HOMBOURGER Suzanne
Baptême : mercredi 29 novembre 1758 Hestroff (57) , OSBILD Mathias
Décès : mercredi 29 novembre 1758 Hestroff (57) , OSBILD Mathias
Baptême : mercredi 21 novembre 1759 Hestroff (57) , HACKSPILL Anne



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Mardi 28 octobre 2008 2 28 /10 /Oct /2008 21:27
« Monsieur Robert de Hesseln, né du Sieur François Adam Robert, ancien maître d'école de cette paroisse, et de Marie Girardin son épouse, actuellement demeurant et établi à Paris, ci devant Professeur en langue allemande et Inspecteur de Messieurs  les élèves de l'Ecole Royale militaire de Paris et auteur du dictionnaire universel de France , se sentant disposé de contribuer à augmenter la Gloire de Dieu et la Solennité du Service Divin, qui doit se faire en cette église, m'écrivit une lettre du 15 9bre 1771 et par laquelle il me manda d'avoir un présent à faire à notre église de Hestroff et qui consistait en une belle et bonne orgue proportionnée à l'église,  mais qu'il ne nous la ferait tenir que préalablement il en soit informé par moi Curé, soussigné, avec les Paroissiens nous l'acceptassions en conséquence.

J'ai requis  le consentement de la saine partie de cette Communauté et l'ayant obtenu,  j'ai demandé audit Robert, en luy témoignant notre juste reconnaissance, que nous souhaitons transmettre à tous nos successeurs pour un don aussi précieux que nous certifions avoir reçu de Paris dudit Bienfaiteur en offrant nos voeux au Seigneur pour son bien-être et en mettant notre confiance en Dieu, qui comme nous (l') espérons fournira les moyens à cette communauté pour l'entretien de cet orgue et le payement d'un organiste
. »

A Hestroff ce dix sept juin mille sept cent soixante treize.
A. Müller, curé de Hestroff et archiprêtre de Kédange.

  "La dite orgue a été montée et mise d'accord par le Sieur Barthélémy Chevreux, facteur d'orgue  demeurant à Bouzonville, et a été touchée pour la première fois à la fête de la Pentecôte de l'an 1772 et depuis continue d'être touchée par Jean Antoine fils de Noêl Kieffer, maître d'école de cette paroisse, qui a appris à la toucher chez  le vénérable Bernard, Maître organiste à Villers-Bettnach".
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Mardi 28 octobre 2008 2 28 /10 /Oct /2008 21:36
La paroisse de Hestroff a une école.

Dès 1682,  différents maîtres d’école s’y sont succédés jusqu’à la Révolution :

1682 : Claude TÜPPENWEILLER est cité marguillier à Hestroff en 1682 lors de son mariage. En 1696 il est cité absent au service de sa Majesté.

1684 : Pierre LIGNIER, ca 1661, régent d'école entre 1684 et 1696. Décédé en 1737.

1696-1726 : Thimothée ROBERT, maître d'école depuis 30 ans vient de mourir à l'hôpital St Georges, à Metz.

1727 : Jean Baptiste PONTRY jusqu'en 1730 et 1740.

1740 : naît le premier enfant de François Adam ROBERT, cité régent d'école. François est le fils de Thimothée. François Adam sera maître d'école à Hestroff jusqu'en 1749 .  On le retrouve encore comme témoin en 1752. Son fils, géographe de Louis XV, est l'auteur, en 1771, du dictionnaire universel de la France et le généreux donateur en 1773 des orgues de Hestroff. François Adam mourut en 1776 mais n’eut pas l’honneur d’être enterré dans l’église malgré la générosité de son fils envers la paroisse.

1753-1777 : Noël KIEFFER, fils de Pierre le Tonnelier et ancêtre de Clément Kieffer, graveur en pays de Nied, prend la relève. Il intervient à divers événements dès 1753, notamment les enterrements des Metensis (enfants de Metz) de plus en plus nombreux, en nourrice à Hestroff. En 1777, Noêl, agé de près de 60 ans, cède la place à un nouveau venu. Il décède en 1788 dans d'étranges conditions : "Cejourd'hui dix neuf janvier mil sept cent quatre vingt huit a été trouvé mort dans le chemin de Freistroff à Edling et le lendemain la levée du corps a été faite par la justice de Bouzonville après laquelle a été amené en cette paroisse à savoir Noêl Kieffer agé de soixante ans environ, ancien maître d'école de cette paroisse, époux de feue Catherine Hette. Le vingt et un courant a été enterré sur le cimetière de cette paroisse par nous curé, soussigné, en présence de plusieurs nommément de Noel Kieffer maître d'école à Hautvignel et de Jean Antoine Kieffer organiste à Boulay, l'un et l'autre fils dudit défunt, qui ont signé avec Louis Kieffer, frère dudit défunt (après) lecture faite avec le consentement de Mr Doniers, curé de Freistroff, et de Mr Tock, commissaire pour la levée du corps."


1777-1792 : Frédéric RAUBER, qui signe "Friderique", est originaire de St Ingberg, aujourd’hui en Sarre. Dans son sillage, il amène à Hestroff, ses deux beaux-frères RHEINLÄNDER, teinturiers de métier. Le tissage devait être important en cette fin de siècle à Hestroff, car on y trouve rien moins que 18 tisserands ou tissiers et 18 tailleurs d’habits pour un village qui compte près de 800 âmes.

Frédéric Rauber fut nommé secrétaire de la commune en 1792.

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Mardi 28 octobre 2008 2 28 /10 /Oct /2008 21:36
Les sages-femmes étaient élues conformément au rituel du diocèse, à l'issue des vêpres, en présence des échevins synodaux, à la pluralité des voix.

Nous avons pu relever Marie MÜLLER, veuve Nicolas Toussaint, 1710. Lui succéda Catherine VIEUXMAIRE, veuve de Paul ESTIENNE ou STENAY ou ESTINNET "le 14e du mois de septembre 1732 après avoir invoqué le Saint Esprit l'on a procédé en présence des sinodaux  à l'élection d'une matrone ou sage femme par la pluralité des voix Catherine Vieuxmaire veuve de feu Paul Stiennay en ayant eue vingt trois  l'a emportée et à prêté en même (temps) le serment  comme il est ... dans notre rituel entre mes mains en présence de Nicola Boulangé,  Noel Cordonnier, Jean Vieuxmaire, et François Perrin sinodaux  et  de toute l'assemblée. En foy dequoy j'ay signé D. Henweiller, curé de Hestroff et archiprêtre de Kédange"

Catherine décéda peu de temps après sa nomination.

Qui est matronne de 1732 à 1744 ?

Suzanne MÜLLER, épouse Vieuxmaire, prend la relève en novembre 1744 (elle fut nommée en présence des synodaux Jean Jacques CORDONNIER et Mathis TRITZ). Elle fit l'unanimité auprès des femmes moins une seule voix.

Le 3 juillet 1761, c’est Sieur Vigne, chirurgien à Boulay qui pratiqua une césarienne sur Marie Catherine WACHS lors de la naissance du Hugo SCHILTZ. Suzanne est-elle déjà décédée ? Nous n’avons aucun acte d’inhumation la concernant.

Catherine SPRINGER, x Antoine FREY xx Simon SCHUE ou SCHOUE est nommée le 13 juillet 1766. Le 22 août suivant, Catherine assista la naissance de Jean Sébastien BOLZINGER et l'abbé MÜLLER de faire la remarque suivante : "né devers les cinq heures du matin... a été ondoié par la sage femme à cause du danger de mort. Cependant eu égard au  trouble dans lequel se trouvent ordinairement les femmes qui en pareilles circonstances administrent ce sacrement, pour plus grande assurance a été baptisé sous condition par moi Curé soussigné..."

A Catherine succède Angélique WILHELM, épouse de Jean REUTER, le 26 juillet 1772. Angélique décède le 12 juin 1779 et le 26 du même mois on procède à l'élection de Jeanne JUNGMANN, femme de François CERFF. Jeanne brille par son absence. Le 11 août 1779, l'enfant LAPICIDA, fils du meunier de la  Guissenmill, est ondoiée par Elisabeth CORDONNIER, veuve Nicolas HESLING, nommée sage-femme le 11 septembre de la même année.

Elisabeth est remplacée par Marie BOLZINGER, épouse de Jean BOUVIS ou BOUVIé, le 17 février 1782. Etait-ce parce qu'elle quittait Hestroff ? Elle est décédée à Vigy en 1819 selon Alfred LOUIS.

Marie BOLZINGER, épouse en 2e noces de Jacques BOUVIS, est la dernière sage-femme connue jusqu'à la Révolution. Elle excerça son "métier" au moins jusqu'en août 1791 quand elle ne réussit pas à sauver les jumeaux de Pierre NADé et Elisabeth BEITZ. 

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Mardi 28 octobre 2008 2 28 /10 /Oct /2008 21:38

Le cimetière de la paroisse, en même temps que l’église, devint rapidement trop petit.

Il fut dans un premier temps « rehaussé » et rebâti sur l’ancien cimetière comme en atteste la stèle retrouvée début 2007 lors de la réfection du mur de soutainement.

On avait coutume d’enterrer les personnes n’ayant pas vécu au village au « septentrion ». Tel fut le cas pour les personnes décédées au village mais n’y ayant pas résidé ainsi que les nombreux enfants de Metz placés en nourrice à Hestroff et y décédés.

Les familles présentes dès 1680 occupèrent d’abord le «midi » puis l’extension du cimetière se fit vers le « levant » entre le presbytère et l’église, à moins que cela ne soit le contraire...

Parallèlement, de nombreux paroissiens furent aussi enterrés dans l’église jusqu’en 1761. Cet honneur était monnayable. A partir de 1764, une bulle papale mit fin à cette pratique. Le désir d’être enterré dans l’église dut aussi s’estomper, le prix à payer étant certainement prohibitif. Ils furent tout de même nombreux, nos ancêtres, à vouloir être plus proches du Bon Dieu…



Les paroissiens inhumés dans l’église par Ignace ALEXANDRE

 

 

 

  Jean NADé, 1680,

son corps a été inhumé dans l'église


  • Sébastien NOIRJEAN ou SCHWARTZHANS, 1685,
    second mari de Brigitte MILLY, grand-mère de Louis DALSTEIN,  inhumé devant l'autel de St Sébastien à l'église de Hestroff

  • Hugo NADé, 1706, maire de Son Altesse Royale,
    âgé de cinquante ans, enterré dans l'église dudit lieu y ayant sa place

  • Louis DALSTEIN, 1706,
    le vingtsixième du mois d'octobre est décédé muni des sacremens de l'église vivant laboureur de Hestroff lequel pour marque de sa piété et de sa dévotion a donné 400 francs barrois  à l'église paroissiale de ce lieu à charge que le Sr Curé chantera quatre messes pour le soulagement de son âme chaque année à savoir une à chaque quatre temps  d'icelle et a fondé pour la rétribution desdites messes  huit frans au Sr Curé quatre au marguillier et les huit restans à la fabrique. Son corps a été inhumé en l'église devan le banc de communion du côté de St Sébastien .
    Par
    moi soussigné le 27 8bre 1706


Les paroissiens inhumés dans l’église par Damien HENWEILLER

  • Françoise CHWEIS, 1711,
    mère de Damien Henweiller, inhumée en l'église paroissiale de Hestroff

  • Jodoque TRITZ, 1729,
    a été inhumée dans l'église paroissiale

  • Anne ZORN, deuxième épouse de Louis DALSTEIN, 1729,
    devant le banc de communion à côté de son marry

  • Julianne DALSTEIN, 1730,
    épouse de Jodoque TRITZ, inhumée dans l'église devant le banc de communion

  • Ignace ROBERT, 1731,
    enterré en l'église de Hestroff du côté du banc des synodaux

  • Marguerite SCHWARTZ ou LENOIR, 1735,

    (soeur du curé d’Ebersviller)

    inhumée dans l'église paroissialle devant l'autel de la Sainte Vierge


Les paroissiens inhumés dans l’église par Jean Antoine MÜLLER

  • Pierre KIEFFER dit le Tonnelier, 1741, 
    est inhumé à l'église devant l'autel de Saint Sébastien

  • Pierre DICOP, 1745,
    enterré dans l'église de cette paroisse devant l'autel de la très Sainte Vierge

  • Nicolas BOULANGER, 1747,
    Maître de la Confrérie du très Saint Sacrement... agé de soixante sept environ... a été enterré dans l'église sous la pierre marquée de son nom et fournie à ses frais

  • Mathis ou Mathieu TRITZ, 1749,
    a été enterré dans l'église en bas du choeur dans la tombe appartenant aux héritiers
    de Jodocus Tritz

  • Marie WAGNER, veuve de Nicolas BOULANGER, 1753,
    enterrée dans l'allée de l'église

  • Nicolas HACKSPILL, 1755,
    agé de quatre vingt quatre environ... enterré dans l'allée de l'église

  • Catherine DALSTEIN, veuve de Pierre KIEFFER, 1755,
    agée de soixante cinq ans enterrée à l'église à côté de l'autel collatéral de Saint Nicolas ;

  • Noël DALSTEIN, époux de Marie Catherine OSBILD, 1756,
    enterré à l'église à la gauche du ban des échevins côté de l'autel de la Sainte Vierge

  • Anne Catherine FERINGER, 1757,
    agée de soixante dix ans, veuve de Jacques WILLAUME, a été inhumée dans l'allée de l'église

  • Jeanne GUIRE, 1759, veuve de Nicolas MÜLLER, mère du curé Jean Antoine Müller fut inhumée à Boulay le 4 avril 1759.
    Son corps "est inhumé au long de son mari mon père dans l'église...en foi de quoy j'ai signé avec mon frère Me Ferdinand Ernest Müller avoué et notaire royal au baillage royal de Boulay"

  • Philippe de WALMON, 1761,
    fils de Mr de WALMON, Colonel et Commandant de l'infanterie de Nassau, 6 mois, en nourrice chez la femme de Pierre KIEFFER (Anne Catherine CERFF), décédé le 9 février, le lendemain a été enterré sous le marchepied de l'autel de la très Sainte Vierge

  • Martin CORDONNIER, 1761,
    agé de 19 ans, fils de Noêl Christian CORDONNIER, échevin synodal et Jeanton KOUNE, décédé le 9 mars  et enterré le lendemain en l'église à côté de l'épître de l'autel de la Très Sainte Vierge

    (son parâtre fut Henry LECLERE, arpenteur de  la prévôté de Boulay et maire de Hestroff en 1761. Martin, qui est mort en réalité à l'âge de 21 ans, avait-il entrepris des études au séminaire à l'instar de son frère aîné Jean, latiniste en 1752 et neveu du curé d'Ebersviller ?)

 

Visite virtuelle du cimetière de Hestroff

 

 

 

 

 

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Mardi 28 octobre 2008 2 28 /10 /Oct /2008 21:54
Il peut être intéressant de noter les naissances gémellaires dans le cadre de recherches génétiques.

  • Françoise & Catherine CORDONNIER, filles de Martin et Suzanne BAUR, nées le 2 février 1712
  • Martin & Marie DALSTEIN, enfants de Noel et Anne GRAFF, nés le 4 avril 1713
  • Marie Catherine & Anne Marguerite FREY, filles de Pierre et Catherine MASSON, opérateur, nées le 15 dec 1726
  • Jean & Anne Marie VIEUXMAIRE ou ALTMAYER, enfants de Jean Gaspard et Suzanne MULLER, nés le 11 mai 1736,
  • Pierre & Nicolas EPPINGER, fils de Nicolas et Catherine BERNARD, nés le 24 avril 1740
  • Pierre & Catherine BOLZINGER, enfants de Pierre et Anne Marie GRELLE, nés le 19 juillet 1741
  • Jean & Jean Jacques HERMANN, enfants de Jean et Marguerite CERVO, nés le 11 septembre 1745
  • Simon & Jean HERMANN, enfants du couple ci-dessus, nés le 27 octobre 1748
  • Nicolas & Louis BACCUS, fils de Mathias et Reine TRANSBERGER, née le 30 janvier 1754
  • Nicolas & Catherine RITZ, jumeaux de Paul et Marie ZIMAR, nés le 9 décembre  1757
  • Anne & Marie CORDONNIER, filles de Nicolas et Barbe JACOB, nées le 12 juin 1759 à sept heures du matin et deux heures après midi
  • Jean & Anne LANIO, enfants de Nicolas et Anne GENEVAUX, nés le 26 novembre 1760
  • Magdalena & Catherine OSBILD, filles de Michael et Catherine COMPAIN, nées le 25 janvier 1761,
  • Jacob & Jean BOUVIS, fils de Jacques et Marie BOLZINGER, nés le 31 janvier 1762
  • Anne Barbe & défunte sœur KIEFFER, filles de Louis et Anne CORDONNIER, nées le 17 juin 1767
  • Laurent Mathias & Catherine ALEXANDRE, enfants de Jean et Catherine LEiDINGER, nés le 9 août 1770,
  • Anne & Jean WOITRIN, enfants de Jean et Marguerite MAURICE, nés le 30 janvier 1783
  • Barbe Thérèse & Marguerite Madeleine HOMBOURGER, filles de Jean Pierre et Barbe LAGUERRE, nées le 5 novembre  1786
  • Jean Henry & Michel SCHNEIDER, fils de Jean Jacques et Barbe TRANSBERGER ,  nés à Edling le 4 février 1789
  • Jumeaux NADé, fils de Jean et Elisabeth BEITZ, nés et aussitôt décédés le 6 août 1791
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Mardi 28 octobre 2008 2 28 /10 /Oct /2008 21:56
Faits particulirers relatés dans les registres paroissiaux de Hestroff


1703, Anne Marie est née sur la route menant de Hestroff à  Edling, dépendant de la paroisse de Freistroff.  Sa mère suivait son mari, soldat...
Le bébé a été apportée à Hestroff  ... "à cause de Guillaume Sartoff curé de Freistroff"

1703, 3 mai, Nicolas FRANCOIS. maître tailleur, décède à l'âge de 44 ans à Rurange de la paroisse de Guinkirchen. Il y fut attaqué en cours de chemin par un homme. Son corps fut rapatrié à Hestroff où il fut inhumé le lendemain.

1728,  décembre, Jean , fils de François JUNG lanternier et d'Agnès SARQUE sa femme lesquels n'ayant aucune résidence fixe se sont trouvéz icy au temps de l'accouchement de laditte Agnès...

1729, Jean Anthoine LIZER ... a été baptisé à la maison à cause du péril de mort par Christian Starck, maître masson, un garçon fils illégitime de Marie Lizer, quelle dit avoir eû des oeuvres de Jean Anthoine de BOCK pour lors soldat au régiment d'Alsace selon ce qu'il nous a rapporté par Marie Muller nôtre sage femme laquelle nous a dit que la susdite Marie a assuré dans les douleurs de l'enfentement  être enceinte des oeuvres dudit de Bock. Le susdit enfant a été Jean Anthoine...

Le 22 décembre 1753 est décédé Laurent GUELER de la paroisse d'Aboncourt, lequel ayant travaillé dans les bois de Hargarten., est décédé dans la maison de Jacob Koin après avoir été "transporté dans sa maladie de village en village"

1759, 19 août "a été conduit sur une voiture d'Edling en  ce lieu un nommé Philippe SENSE, veuf, âgé de soixante trois ans, ci devant demeurant à Kegelborn près de St Wendel; dans les environs duquel lieu il a par une chute cassé une jambe il y a sept à huit semaines et faute de domicile et de parents il a été dans la nécessité de se faire transporter d'un village à l'autre jusqu'à celui-ci dans la maison de Jean Nadé tailleur d'habits et syndic de cette commune où il a été couché pendant 3 semaines, a reçu tous les soulagements possibles dans ses grandes douleurs et afflictions. Le 9 du mois de septembre de l'année dite, après avoir reçu les saints sacrements de pénitence, viatic et extrême onction est mort le dit Zense et le lendemain a été enterré par moÿ curé soussigné sur le cimetière du côté de Septentrion en présence de plusieurs paroissiens nommément dudit Jean Nadé, Noêl Kieffer, maître d'école  de cette paroisse qui ont signé.
Jean Nadé, Noêl Kieffer, JA Müller, curé de Hestroff
"

Naissance de Dominique ADOLFF né le 2 mai 1764  vers deux heures du matin...
demeurant dans la paroisse de Northen ? Baillage de Boulay... lesquels deux conjoints revenant de Thionville ont été contraints de s'arrêter en ces lieux dans la maison de Jean Nadé laboureur où elle est..

Le 27 mars 1742 est mort... un pauvre homme François, lorrain de nation, nommé par le nom de baptême Nicolas, son surnom inconnu, qui était en qualité de hardier logé chez Jean Wachs, agé environ de soixante ans, son corps a été inhumé  sur le cimetière de cette église le lendemain...

Le 17 mars1768 Jean LUDEN, né vers les huit heures du soir .. fut ondoiée par un entonnoir dans le corps de la mère par la sage femme...

Le 9 décembre 1774. décès d'Elisabeth KETZINGER.

Décès en réputation de sainteté. Ce jourd'hui 9 décembre 1774, après avoir souffert avec patience et résignation pendant plusieurs années une espèce de chancre qui avait rongé et couvert de plaies tout le corps ainsi que le visage, est décédée munie du sacrement de pénitence et non du Saint Viatique, ni de l'extrême onction par rapport à la mort imprévue ayant encore récité à haute voix le chapelet et la litanie de la Très Sainte Vierge Marie quelques heures avant qu'on l'eut trouvée morte en son lit, Elisabeth KETZINGER, fille majeure âgée de 52 ans. Le lendemain son corps a été inhumé par moi curé soussigné avec les cérémonies accoutumées de ce diocèse sur le cimetière de cette église paroissiale en présence de plusieurs habitants et parents, nommément de Pierre KETZINGER, manoeuvre, frère de la défunte et de Henry KRATZ, manoeuvre, de ce lieu, l'un et l'autre ont signé l'an, jour et mois comme ci-dessus.

Le 3 mars 1778 ... est décédé par un accident fâcheux d'un pignon de la grange de Dominique Lanio ,qui en (se) renversant ... sur la maison de Pierre THOMASSIN, a écrasé et tué ladite Marie ALTMEIR agée de quarante six ans environ, épouse dudit Thomassin , manoeuvre, et ayant été retirée par les personnes concernées, sans aucun signe de vie attesté, n'a eu aucun sacrement...

Le 24 août 1778... est décédé Michel GASPARD, entre huit et neuf heures du soir ... mort subite... agé de quarante ans ... époux de Anne  Marie WASSAIS demeurant à Scheierwald paroisse de Tintshoff, diocèse de Trêves ...lequel voulant aller à Boulay pour paier la subvention de Scheierwald, et s'étant trouvé incommodé à ne plus pouvoir continuer son chemin, s'est retiré dans la maison de Mathias Voitrin manoeuvre de ce lieu où il est mort à l'heure mentionnée ci dessus. Le lendemain vers le soir a été enterré sur le cimetière de cette paroisse par nous curé soussigné en présence de plusieurs paroissiens  et parents nommément de Jeanne Lenigue veuve et mère dudit défunt demeurant à Férange paroisse d'Ebersviller, de Jean Weller, laboureur demeurant à Waldveistroff, beau-frère dudit décédé, de Joseph Greinmesch, manoeuvre, de Férange, aussi beau-frère dudit deffunt et de Jean Hacspil, maire de cette communauté. Tous ont signé à l'exception de ladite mère...
 (Scheuerwald PR Tintstroff , Marie Wathier selon AL)


Le 10 septembre 1783 est décédé Jean Baptiste Etienne COINTIN demeurant à Villers Bettnach qui à cause d'une affliction s'était rendu chez le Sr Frey chirurgien ...le lendemain son corps a été conduit sur une voiture audit Villers accompagné de nous Curé soussigné jusqu'à hors du village et de plusieurs paroissiens en foi de quoi ont signé Georges Tritz tailleur d'habits, de Jean Louis Kieffer fils de Louis Kieffer l'un et l'autre de ce lieu l'an jour et mois comme ci-dessus avec Frédérique Rauber maître d'école de cette paroisse.

Le 19 janvier 1788 l'ancien Maître d'école Noel KIEFFER est retrouvé mort entre Freistroff et Edling :
"Cejourd'hui dix neuf janvier mil sept cent quatre vingt huit a été trouvé mort dans le chemin de Freistroff à Edling et le lendemain la levée du corps a été faite par la justice de Bouzonville après laquelle a été amené en cette paroisse à savoir Noêl Kieffer agé de soixante ans environ, ancien maître d'école de cette paroisse, époux de feue Catherine Hette. Le vingt et un courant a été enterré sur le cimetière de cette paroisse par nous curé, soussigné, en présence de plusieurs nommément de Noel Kieffer maître d'école à Hautvignel et de Jean Antoine Kieffer organiste à Boulay, l'un et l'autre fils dudit défunt, qui ont signé avec Louis kieffer, frère dudit défunt. Lecture faite avec le consentement de Mr Doniers, curé de Freistroff, et de Mr Tock, commissaire pour la levée du corps. Approuvé."

Le 8 janvier 1792, année particulièrement troublée, Jean NADé, première victime du nouvel ordre en place : vers les sept heures du matin est mort sans être muni de sacrements à cause de la circonstance des opinions mal attendu et inspiré mal a propos Jean Nadé agé de soixante sept ans, manoeuvre, époux de Madeleine HARTENSTEIN et le lendemain a été inhumé...

Les 5 et 6 novembre 1792 Pierre WACHS, originaire de Buding, père de huit enfants, dont tous les garçons sont morts prématurément vit seul (ses trois filles respectivement épouses REFUSE, BOLZINGER et BOUZENDORFFER semblent avoir quitté le village) : pendant la nuit du cinq au six novembre en revenant de Bettange est décédé dans les champs d'une mort subite ... mendiant agé de quatre vingt huit ans environ époux de feu Catherine Hackspill et le sept vers les trois heures de relevé (soit trois heures du matin - à noter que les sépultures ont lieu de nuit depuis le début de 1792) après que la visite a été faite par le ? juré en présence de l'officier de la justice de paix et l'accident ayant par eux été vérifié son corps fut inhumé par moi soussigné sur le cimetière de l'église paroissiale de ce lieu avec les cérémonies usitées en présence de Jean Dalstein et d'Antoine Nadé tous deux citoyens de ce lieu qui ont signés avec nous après lecture faite.
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Mardi 28 octobre 2008 2 28 /10 /Oct /2008 22:01

La Guerre de Trente Ans (1618-1648), ayant provoqué une catastrophe économique et démographie sans pareil en Lorraine, ne connut son apogée que vers 1650-1655.

La densité en milieu rural était passée à plus ou moins 7 habitants au km2. Pour se faire une idée, on dénombrait moins de 60 habitants dans un village qui, auparavant, en comptait de 150 à 200.

D’une manière globale, la perte démographique fut de 60%. D’est en ouest, en Moselle, elle se situe entre 80% du côté de Bitche jusqu’à plus de 87% du côté de Sierck.

La restauration économique et démographique est tentée à partir de 1660. Des incitations fiscales auraient été proposées, notamment à ceux qui s’installaient. L’immigration est encouragée. Dès 1663, on notait la présence de colons originaires de Picardie et du Vermandois, autour de Dieuze et Lorquin.

En fait, les premières migrations ont concerné essentiellement des personnes d’outre-Rhin (Suisses, Badois, Tyroliens, etc. de religion protestante). Cette population, toutefois ne repeupla que l’Alsace également très touchées par les ravages de cette guerre.

En Lorraine, Louis XIV, inquiet par l’afflux de ces populations protestantes, pour contrebalancer fit appel aux populations du royaume ou de régions catholiques tandis que Charles IV, notre duc, s’adressa essentiellement aux immigrants catholiques venant de l’est.

En 1680, au moment où commencent nos registres paroissiaux, Hestroff, aux confins de trois frontières linguistiques (roman, franciques mosellan et luxembourgeois), se situe sur le "chemin des Français" de  Sierck à Sarrebourg permettant aux troupes françaises de rejoindre Strasbourg.

Hestroff  était le siège d'un fief mouvant du roi de France dans la prévôté de Freistroff.

A l'instar de nombreux villages lorrains, Hestroff subit durement la Guerre de Trente Ans et peu de familles autochtones survécurent. Les massacres, la peste et le typhus décimèrent plus des deux tiers de la population locale.

Nous ne sommes pas en mesure de chiffrer l’étendue du désastre. Tout au plus sommes-nous en mesure d’affirmer que trois ou quatre familles indigènes seulement auraient survécu aux horreurs de la guerre. En 1680, vingt ans après l’apogée de cette période désastreuse, on n’y trouve plus que quelques laboureurs et un vigneron.

Nos premiers immigrants viennent du bâtiment (maçons, charpentiers, couvreurs) et sont généralement des hommes, célibataires et catholiques, venant des pays de montagne comme le Tyrol. Les Hackspill, maçons, et les Transberg/er charpentiers sont déjà bien ancrés dans la paroisse avant 1680. Quelques familles du pays messin comme les Nadé, laboureurs, et les Bernard, vignerons, ont aussi rejoint – au moins avant 1667 - les Cordonnier/Schumacher, les Masson/Steinmetzer, les Vieuxmaire/Altmeyer et les Wagner/Charon, qui s’ils ne sont pas vraiment originaires de Hestroff, le sont tout au moins des villages tout proches.

Dans le cadre de la restauration entreprise en Lorraine dès 1661 par le Duc de Lorraine et Louis XIV qui ne désespère pas d’annexer le duché à la France, Hestroff a attiré principalement une main d’œuvre en majorité tyrolienne surtout après les nouvelles mesures d’ordre économique de 1696.

Hestroff, fruit d’un brassage de deux cultures fondamentalement opposées, est bien positionné pour offrir une ouverture graduelle vers la France, nouveau pôle d’attraction pour les immigrants venus de l’est. Même son climat, rude en hiver, chaud et sec en été, contribuera à la bonne insertion des montagnards d’Europe centrale.

Pour mieux comprendre l’impact de l’immigration principalement tyrolienne, une mise en perspective chronologique s’impose avec la distinction de deux périodes, avant et après 1700.
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Mardi 28 octobre 2008 2 28 /10 /Oct /2008 22:08

La Guerre de Trente Ans, ayant provoqué une catastrophe économique et démographie sans pareil en Lorraine, connut son apogée vers 1650-1655.

La densité en milieu rural était passée à plus ou moins 7 habitants au km2. Pour se faire une idée, on dénombrait moins de 60 habitants dans un village qui, auparavant, en comptait de 150 à 200.

D’une manière globale, la perte démographique fut de 60%. D’est en ouest, en Moselle, elle se situe entre 80% du côté de Bitche jusqu’à plus de 87% du côté de Sierck.

La restauration économique et démographique est tentée à partir de 1660. Des incitations fiscales auraient été proposées, notamment à ceux qui s’installaient. L’immigration est encouragée. Dès 1663, on notait la présence de colons originaires de Picardie et du Vermandois, autour de Dieuze et Lorquin.

En fait, les premières migrations ont concerné essentiellement des personnes d’outre Rhin (suisses, badois, tyroliens, etc. de religion protestante). Cette population, toutefois ne repeupla que l’Alsace également très touchées par les ravages de cette guerre.

En Lorraine, Louis XIV, inquiet par l’afflux de ces populations protestantes, pour contrebalancer fit appel aux populations du royaume ou de régions catholiques tandis que Charles IV, notre duc, s’adressa essentiellement aux immigrants catholiques venant de l’est.



En 1680, au moment où commencent nos registres paroissiaux, Hestroff, aux confins de trois frontières linguistiques (roman, franciques mosellan et luxembourgeois), se situe sur le "chemin des Français" de  Sierck à Sarrebourg permettant aux troupes françaises de rejoindre Strasbourg.

Hestroff  était le siège d'un fief mouvant du roi de France dans la prévôté de Freistroff.

A l'instar de nombreux villages lorrains, Hestroff subit durement la Guerre de Trente Ans et peu de familles autochtones survécurent. Les massacres, la peste et le typhus décimèrent plus des deux tiers de la population locale.

Nous ne sommes pas en mesure de chiffrer l’étendue du désastre. Tout au plus sommes-nous en mesure d’affirmer que trois ou quatre familles autochtones seulement auraient survécu aux horreurs de la guerre. En 1680, vingt ans après l’apogée de cette période désastreuse, on n’y trouve plus que quelques laboureurs et un vigneron.

Nos premiers immigrants viennent du bâtiment (maçons, charpentiers, couvreurs) et sont généralement des hommes, célibataires et catholiques, venant des pays de montagne comme le Tyrol. Les Hackspill, maçons, et les Transberg/er charpentiers sont déjà bien ancrés dans la paroisse avant 1680. Quelques familles du pays messin comme les Nadé, laboureurs, et les Bernard, vignerons, ont aussi rejoint – au moins avant 1667 - les Cordonnier/Schumacher, les Masson/Steinmetzer, les Vieuxmaire/Altmeyer et les Wagner/Charon, qui s’ils ne sont pas vraiment originaires de Hestroff, le sont tout au moins des villages tout proches.

Dans le cadre de la restauration entreprise en Lorraine dès 1661 par le Duc de Lorraine et Louis XIV qui ne désespère pas d’annexer le duché à la France, Hestroff a attiré principalement une main d’œuvre en majorité tyrolienne surtout après les nouvelles mesures d’ordre économique de 1696.

Hestroff, fruit d’un brassage de deux cultures fondamentalement opposées, est bien positionné pour offrir une ouverture graduelle vers la France, nouveau pôle d’attraction pour les immigrants venus de l’est. Même son climat, rude en hiver, chaud et sec en été, contribuera à la bonne insertion des montagnards d’Europe centrale.

Pour mieux comprendre l’impact de l’immigration principalement tyrolienne, une mise en perspective chronologique s’impose avec la distinction de deux périodes.

Partons à la découverte de ceux qui ont reconstruit notre village, qui ont fait ce que nous sommes, de tous nos aïeux venus d’horizons divers pour devenir des Lorrains à part entière.  Que le rideau se lève …




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