En préparant notre itinéraire, nous avions envie de suivre les étapes de notre arrière-arrière-petit cousin, Louis Hackspill, décrites dans sa correspondance de la 2e moitié du 19e.
Ainsi, dès le départ de Hestroff, nous avions opté de passer le col du Bonhomme pour rejoindre l'Alsace et visiter Hunawihr où Marguerite Salomé FRANCK, la maman de Louis l'académicien, possédait le domaine du Windsbühl hérité de ses parents trop tôt disparus. Situé entre Ribeauvillé et Riquewihr, ce village paisible, plus authentique que ses deux voisines, s'enorgueillit d'une église fortifiée classée monument historique en 1929.
Petit détour par Riquewihr, tant prisé par les Belges, un tantinet trop touristique.
Pause à Neuf-Brisach où nous étions sensées rencontrer les cousines bretonnes. Traversée du Rhin. Passage à Freiburg puis direction vers le Titisee et le Val d'enfer où il pleuvait à verse, nous rappelant ce qu'avait écrit Louis Hackspill le 4 juillet 1882 :
J’ai traversé hier le Val d’Enfer qui m’a rappelé notre passage du Bruning. Si vous aviez été là, je crois que vous seriez tombée en pamoison; c’est vraiment splendide et grandiose. A 1 heure j’arrivais au lac de Titisee au sommet d’un col. C’est là que l’on s’arrête pour faire l’ascension du Feldberg. Mais le temps était sombre, la pluie commençait à tomber, toutes mauvaises conditions pour une excursion.
Frustrées -pas d'images-, de nombreux contournements nous faisant perdre un temps précieux, nous abandonnons l'idée de rejoindre Innsbruck via Kempten et Garmisch.
Nous continuons notre route vers Fridrikshaven et Lindau et bénéficions, malgré le temps plutôt maussade, d'une belle vue sur le lac de Constance.
De Lindau, nous prendrons la voie rapide qui traverse partiellement le canton de Saint-Galles. Succession incessante de tunnels dont nous craignons à tout moment ne pas en voir le bout... Jacques, notre GPS ainsi nommé, en avait perdu la boussole. Limitations de vitesse à respecter, de 60 à 80 km/h.
Plus nous descendons vers le sud, plus les journées raccourcissent. Nous roulons depuis 12 heures et il nous reste 120 km à tirer jusqu'à Stans via Innsbruck. Il est 9h00 du soir, la nuit tombe déjà. Petite halte pour faire le plein. Bonne surprise. Le 95 qui nous a coûté 1,333 euro à Nancy est tombé à 1,210 en Autriche. Même la salade du petit restoroute est délicieuse.
9h30, nuit noire et il pleut. Cette voie rapide, encaissée dans la montagne, tous ces tunnels, le Jacques qui bredouille et n'arrête pas de nous demander de faire demi-tour, finit par nous donner le bourdon. Et si Jacques, qui pédale dans la choucroute tant il est perdu dans ses calculs astronomiques, n'était plus capable de nous mener à bon port ?
il
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Pas la peine de prendre un raccourci par une porte dérobée. Il faut tenir jusqu'au
bout. Epuisées, nous touchons au but et sans regrets.
Le petit train vous emmènera dans le ventre argenté de la montagne. Attention,
accrochez-vous et adoptez une attitude humble pour ne pas être lacéré au passage par les parois du tunnel très étroit par endroits qui vous mènera au coeur de l'action. Certaines armoires à glace
risquent d'avoir des problèmes... Pas de photos ! C'est beaucoup trop dangereux.
Bitte besuchen Sie Gwandhaus, die Heimat der Tracht. Sie werden
begeistert sein.
Après Lindau, nous décidons le prendre le bac à Meersburg pour Constance, que nous
ne visiterons pas faute de temps.