La disparition d'un proche est toujours une expérience douloureuse. Leur oubli serait regrettable. Aussi
avons-nous ouvert une nouvelle catégorie :
Souvenirs de nos proches disparus
Chacun de nous aura la possibilité de contribuer à ce nouveau chapitre en vue d'honorer leur souvenir.
Au fond d'un tiroir ou d'une bibliothèque dorment encore les missels de
nos parents dans lesquels ils avaient l'habitude de glisser des images pieuses qui les accompagnaient dans leurs prières.
Un bref regard nous permettra d'en extraire des images en souvenir de nos gens partis souvent prématurément. La coutume les ayant reléguées dans l'oubli, ne les jetez-pas !
A partir du 1er décembre, nous publierons au fur et à mesure les images mortuaires qui nous parviendront. Un peu de généalogie si nous disposons de ce type de données pour la personne décédée et
toutes les informations autres en notre possession. Votre contribution, vos commentaires sont souhaités.
Aujourd'hui, nous évoquerons Alphonse DEPENWEILLER, jeune homme qui, à l'âge de vingt ans à peine, est tombé en
Norvège en 1943. Alphonse a accompagné plus de 62 ans Catherine JAKYNIW-SCHNEIDER dans ses prières.
Alphonse DEPENWEILER
décédé en Norvège le 23 octobre 1943
Collection Catherine Schneider
Alphonse a suivi les gens de Hestroff dans leur exode en 1939. Il avait 16 ans à peine. Nous ne savons pas s'il était à Saint-Sauveur dans la Vienne.
A souligner que de nos jours on trouvera rarement un adolescent se dévouant pour couper les ongles d'un vieil homme. Ce que fit pourtant Alphonse. Sur le chemin de l'exode, il soigna les pieds
endoloris du doyen de cette lamentable aventure : Jean-Pierre HACKSPILL, alors âgé de 86 ans.
Les arrière-grands-parents maternels d'Alphonse sont Marco Antonio SANDONA, ouvrier de chemin de fer, et Rosa FAGGIONATO originaires de Caltrano près de Padova
en Vénétie.
Du côté paternel, Alphonse appartenait à une famille présente à Hestroff dès 1680.
L'abbé Fr. MOHNEN, chevalier pontifical, commandeur de l'Ordre du St-Sépulcre, Officier d'académie,curé de Lemberg en
Moselle-Est de 1909 à 1937,était un homme de lettres.
La paroisse de
Hestroff lui ayant été attribuée en 1944, il succéda ainsi à l'Abbé SCHERTZ qui avait accompagné ses ouailles évacués en 1939. La cure était vacante depuis le retour des réfugiés en
1940, Hestroff, occupé par les Allemands, s'adressant alternativement à l'abbé HAMAN, curé de Drogny et l'abbé KOCH, curé d'Ebersviller.
L'abbé Mohnen était également un globe-trotter comme d'autres curés de son époque. Ses souvenirs de voyage en Grèce, Turquie, Syrie, Palestine et en Egypte furent
édités en 1925. Meine Orientreise - Griechenland, Turkei, Syrien, Palestina, Egypten fut imprimé par les soins de J. SIEBERT, Generalvikar. Ce pélerinage en Terre Sainte, bien que
riche en enseignement, laisse percer les préjugés de l'époque, notamment l'antisémitisme rampant de ce premier quart du 20e siècle.
Collection Marie-Louise HUMBERT-NADé
L'abbé Mohnen fut remplacé par l'abbé Louis WAGNER.
Né à Halstroff le 25 août 1895 et décédé à Hestroff le 9 avril 1961, l'abbé Louis WAGNER fut ordonné prêtre en 1920 à Metz. Vicaire à Saint-Martin de Metz de 1920 à 1924. Curé à
Puttelange-les-Thionville de 1924 à 1936. Curé de Alsting-Zinzing de 1936 à 1953. Curé de Hestroff de 1953 jusqu'à son décès en 1961.
Germanophone, à l'instar de son prédécesseur l'abbé Mohnen, dont il n'avait hélas pas
le charisme, il enseigna le catéchisme en allemand aux enfants nés après guerre. Quel hallucinant paradoxe ! Alors que dès la première année de primaire, les élèves n'avaient plus le droit
de s'exprimer en patois sous peine de sévices hélas trop souvent physiques, pour l'abbé Wagner, ils étaient censés maîtriser la langue de Goethe bannie du programme scolaire.
On ne comprenait rien à ce que le brave curé nous racontait et on répétait comme des perroquets, les uns peut-être mieux que les autres. Aussi Wagner s'époumonait-il tous les jours en
criant "Sprechen sie doch Hochdeutsch !" (comprenez par là que le« haut allemand » était dans ce cas l'allemand des couches
supérieures de la société). Le plus francophone des élèves, dont le père était originaire du pays messin, figura parmi ses victimes favorites pour le
oafaïa... qui consistait à saisir la tête d'un élève par les oreilles pour la cogner violemment contre le bureau. Que notre ami Gérard, qui eut droit à tel régime quasi tous les jours,
n'eût pas succombé à une commotion cérébrale ou n'eût pas eu les oreilles arrachées relève encore aujourd'hui du miracle.
Le curé Louis Wagner était néanmoins relativement respectueux envers les filles. Ou étaient-elles plus assagies car déjà traumatisées par les coups de verges
assenés par leur maîtresse d'école, la soeur Justine ?
Que leur Dieu qu'ils étaient censés servir aient pitié de leur âme. N'ont-ils pas appliqué des préceptes catholiques dont eux-même avaient probablement été victimes ?
L'Abbé Louis Wagner, succomba, semble-t-il, à un infarctus dans la nuit du 8 au 9 avril. Ce dimanche matin, la nouvelle de son décès foudroyant tétanisa Hestroff. Il y avait ce jour-là, à 10h00,
communion solennelle des enfants nés en 1948 et renouvellement des voeux de ceux nés l'année précédente selon les us et coutumes de l'époque.
Louis Wagner, se
livrait chaque matin, à des incantations aux pieds de la Croix de la Mission et des sépultures des abbés ayant desservi la paroisse au 18e. Les servants de messe désignés pour les Laudes étaient
terrorisés par le visage exalté de leur curé au cours de ces imprédications étranges auxquelles ils ne comprenaient rien...
L'abbé Wagner avait formulé le désir d'être inhumé à cet endroit. Or, sa famille préféra rapatrier sa dépouille à Halstroff où il était né 66 ans plus tôt. Paix à son âme.
Pierre Divot et Louis Wagner, tous deux desservants de la paroisse de Hestroff, reposent en paix, l'un à côté de l'autre, dans
la paroisse qui les a vu naître à un an d'intervalle : Halstroff- 4 mai 2010 -
Eugénie DODELLER, qui repose àEteignères dans les Ardennes françaises, estnée à Hestroff le 24 novembre 1919. Elle était le 3e enfant, après les jumeaux Louise et Joseph, de Nicolas de Flastroff et de Marie-Suzanne
SCHERER ou SCHERRER de Menskirch.
Alors que la présence de ses ancêtres tyroliens était déjà avérée dès 1680 à Hestroff, Génie, comme on avait coutume de l'appeler, est la petite dernière d'une branche qui eut la bougeotte.
Ayant quitté Immenstadt en Allgaü, non loin d'Oberstaufen où se sont rencontrés les HACKSPILL au mois de juin dernier, son premier
ancêtre au val de Nied naquit à Gomelange. Ensuite les générations se succèdent et transitent par Freistroff, Diding, Château-Rouge, Schwerdorff, Flastroff
avant de revenir à la case départ.
Remonter l'arbre agnatique de Génie aurait été mission impossible sans le précieux concours du CG571 de Filstroff.
Quand Nicolas DODELLER de Flastroff élut domicile à Hestroff, il ignorait probablement y rejoindre beaucoup de cousins de longue date, en l'occurrence tous les
descendants Hackspill.
2 DODELLER Nicolas dim 1er juil 1877 dim 8 aoû 1954
Flastroff, 57 Hestroff, 57
Génération III
4 DODELLER Nicolas dim 14 nov 1841 dim 9 déc 1906
Mécanicien Flastroff, 57
Flastroff, 57
Génération IV
8 DODELLER Nicolas mar 23 aoû 1808 dim 25 avr 1897
Menuisier Schwerdorff, 57
Flastroff, 57
Génération V
16 DODELLER Claude mar 2 avr 1776 jeu 9 oct 1856
Menuisier Chateau-Rouge, 57
Schwerdorff, 57
Génération VI
32 DODELLER
Nicolas sam 23 fév 1743
jeu 4 jan 1810
Vigneron des marquis de Dampont Diding, 57
Schwerdorff, 57
Génération VII
64 DODELL Mathias. Mathieu dim 13 mai 1696
dim 28 aoû 1746
Journalier à Diding (Freistroff) Freistroff, 57
Freistroff, 57
Génération VIII
128 DODELL ; DODELLER ; DODELER François ca 1665 lun 8 sep 1710
Probablement maçon
Gomelange, 57
Ernest SCHNEIDER était le fils de Jean, dit Marlou's Jean et Catherine NADé. Son grand-père Jean Schneider était originaire de Wallerfangen près de Sarrelouis.
Suite à un accident du travail au cours duquel il eut la jambe broyée, Ernest fut engagé par Joseph SCHMIDT, dit Péta's Nécklé, notre dernier menuisier. C'est ainsi qu'Ernest échappa tant aux
travaux forcés qu'à l'enrôlement de force au cours du dernier conflit.
Ernest était un homme bon, un simple dans le sens non péjoratif du terme. Sa jeune vie fut jalonnée de grandes déceptions. Son coeur notamment se brisa quand les parents de l'amour de sa vie
repoussèrent sa demande en mariage.
Sa fiancée, Marie M. d'Anzeling, accablée par le véto parental, prit le voile. Elle entra dans les ordres à Peltre en 1948après des études d'enseignante. Elle fut nommée à son premier poste à l'école de Longwy-Bas, pour être nommée ensuite successivement dans les écoles de Boulay,
Velferding, Corny, Rosselange et Bouzonville, où elle termine sa carrière d'enseignante en 1986.Elle s'est retirée à Jouy-aux-Arches en 2004.
C'est semble-t-il Herrens' Justine en service chez le curé de Hestroff, cousine de la mère de Marie, qui aurait influencé la décision des parents à Anzeling. La soeur aînée d'Ernest,
Marie, était divorcée, ce qui, à l'époque, était un péché mortel aux yeux des catholiques pratiquants.
Quand Ernest apprit que sa fiancée entrait dans les ordres, il en fut si désespéré que l'envie de vivre le quitta. Il négligea de plus en plus sa santé puis succomba à une pneumonie ramassée sur
les bords de la Nied oùindifférent à la pluieil avait été pêcher. Ernest est décédé le 7 avril 1949 à Belle-Isle à
Metz.
A l'entrée du cimetière, Ernest Schneider repose à votre gauche, tombe 4
anciennement Hann.
Il a été inhumé dans l'ancien caveau HANN, qui jouxtait la dernière demeure de ses grands-parents maternels. Sa jeune
soeur Jany, sa préférée, fut incinérée il y a quelques années à Metz et n'a pu venir le rejoindre comme elle l'avait promis.
Nous avons désiré tirer Ernest SCHNEIDER de l'oubli parce qu'il nous a été rapporté que son repos éternel au cimetière de Hestrofftôt ou tardsera troublé.
...
Tout d'abord meilleurs voeux à Hestroffpour l'an 2010 !
Hestroff et son nouveau lotissement "Les Chênes" fin décembre 2009
Tout au long de l'année 2009, nous avons eu un énorme plaisir de vous faire (re)découvrir votre village. Que Hestroff vous ait vu naître ou grandir, que
Hestroff vous ait accueilli plus ou moins récemment, peu importe ! L'essentiel étant de savoir d'où nous venons pour mieux savoir où nous allons...
Nous resterons en contact, mais plus au rythme actuel, au cours de l'année qui vient de s'amorcer pour continuer à vous parler de tous ceux qui y ont laissé leur empreinte aussi modeste
soit-elle.
Cependant, à l'aube de cette année 2010, un autre devoir nous appelle.
Après la saga des Hackspill, après l'histoire de Hestroff, il est temps de nous consacrer aux humbles acteurs de notre histoire que furent ces
Nadé qui ont infiltré tous les arbres généalogiques de notre village.
Aucun personnage illustre à vous faire découvrir. Juste continuer nos recherches sur les ascendance et descendance de Jean NADé né vers 1620 et décédé en 1680 à Hestroff.
Sur notre nouveau blog sur les Nadé de Hestroff, nous
évoquons ce jour feu Raoul GAMA, professeur d'histoire au lycée Fabert à Metz et président du souvenir français, qui
avait réalisé il y a plus de 30 ans les premières tables de mariage de la commune de Hestroff.
Raoul Gama est hélas décédé le 5 mars 2002.Le parcours de ses ancêtres Gama, dont nous retrouvons des traces en
Moselle tout au début du 16e, nous aurait intéressée.
L'ascendance de son épouse Bernadette est à chercher sur Hestroff parmi les DICOP et les HACKSPILL, d'où probablement l'intérêt que porta Raoul aux archives de notre commune.
Avant d'appartenir à Edmond SCHNEIDER, le Café Lorraine était la
propriété de Sieur Hipplolyte MAILLARD qui donna rapidement son nom au dernier bistrot de Hestroff. N'avait-on pas coutume de dire aller chez leMèlliaa et puis
chezla Mèlliaa's Catherine ?
Collection Gisèle SCHNEIDER-MASSON
Qui était donc Hippolyte Maillard ? Si nous n'avons pas encore réussi à remonter son ascendance aux Maillard, meuniers de la Geissenmillen au 18e, ni au sanguinaire Capitaine Maillard du 17e qui
n'avait comme seul mérite que d'avoir chassé provisoirement les Français de Sierck, nous savons en revanche que les parents
de Hyppolite étaient Simon né vers 1860 et Marie Madeleine Julie JACOB de Guerstling.
Hippolyte, né le 5 avril 1882 à Hestroff, épousa Louise NEISIUS qui décéda prématurément en 1938. Hippolyte avait une fille qui se maria avec un gars du 162e RIF. La
belle Anna mourut le 2 octobre 1941 après avoir mis au monde un petit garçon à
Bouzonville. Celui-ci fut élevé par une dénommée BRETBEIL, épouse SCHIDLER. Le petit-fils de Hyppolyte, après une carrière
dans l'enseignement, s'est expatrié en Bourgogne où il s'est reconverti dans le vin et où il réside encore aujourd'hui.
Notre Hyppolyte se retrouva donc bien seul au cours de la dernière guerre. Perdre son épouse et sa fille bien-aimée à 3 ans d'intervalle fut une cruelle
épreuve.
Il lui fallait de l'aide et dans son commerce et dans son écurie. Car Hyppolite, comme tout le monde, avait une petite exploitation agricole, une vache à traire et
des cochons pour le saloir.
Son bistrot ne désemplissait pas. Avant la guerre c'était les soldats de Bockange qui s'y bousculaient, maintenant ce sont tous les officiers de la
Wehrmacht et aussi quelques SS incontournables en ces temps plus que troublés. C'est ainsi que notre Hippolyte eut vent qu'il pourrait disposer d'une aide. Il fallait se rendre à la gare de Boulay
où arrivaient hommes et femmes de l'Est.
C'est ainsi qu'il se rendit à Boulay en compagnie de son beau-frère Louis HACKSPILL déjà motorisé. Sur le quai de la gare on débarquait des prisonniers. Hippolyte eut immédiatement le flash. C'est
cette jolie Slave et pas une autre qu'il veut.C'est elle qui le secondera efficacement et lui restera fidèle jusqu'à ce qu'il ferme les yeux, chez lui, ce 5
février 1966.
:
Hestroff avant, pendant, après, de 1680 à 1789, 1939-45, 2009, 2010, 2011. Ses habitants, son histoire, sa généalogie, son actualité. Histoire et généalogie pays de Nied, Metz, Moselle