Hestroff, village de la Moselle francique
Il est certes prématuré d'aborder le chapitre des dommages de guerre qui divisa tant nos gens et généra des haines encore tenaces aujourd'hui.
Il faut tout de même se pencher sur le désarroi des réfugiés qui se préoccupèrent d'obtenir une garantie d'indemnisation pour les éventuels dommages causés à leurs biens.
Le Gouvernement fit donc la promesse d'indemniser équitablement les réfugiés pour leurs biens laissés en zone armée.
L'armée avait des droits de réquisition en cas de guerre sur le terrain et, dans chaque localité, un état de cantonnement détaillant les lieux devait être réalisé. "Tout déplacement hors des locaux de meubles importants qui représentent une valeur réelle" devait être constaté par un document pour en assurer la traçabilité et la restitution ultérieure.
Aussi, pour rappel, l'article 1er du décret du 1er septembre 1939 qui stipulait que "Sont punis de peine de mort en temps de guerre les crimes, les pillages prévus par les articles 440, 441, 442 du Code pénal. Sera puni de la même peine tout vol commis dans une maison d'habitation ou dans un édifice évacué par leurs occupants par suite d'événements de guerre"
Toutes ces mesures n'empêchont en rien les abus commis par les troupes en stationnement conscientes qu'en cas de guerre réduisant tout à feu et à sang ces documents restaient illusoires.
Plus tard, nos gens seront indemnisés sur base de leur bonne foi et de témoignages pas toujours fiables.
La Biblé avait une vache jamais sortie de l'étable. Sa Charlotte était si belle et si grasse qu'on eut du mal, à l'aube du 2 septembre 39, à lui faire passer le couloir en vue de lui rendre sa liberté. Charlotte était aussi une grande gourmande, si gourmande qu'elle rendit l'âme d'avoir trop mangé. Au retour à Hestroff ses propriétaires apprirent que Charlotte avait été retrouvée morte dans un champ de luzerne à l'orée du bois d'Ebersviller, le lendemain déjà du départ de sa maîtresse... dixit un témoin qui l'avait bien reconnue la Charlotte... Il n'y avait pas plus grosse vache dans tout le canton.
Après guerre, au moment de recueillir des témoignages dans l'espoir d'être indemnisée, la Biblé fut accusée par le Pauline's Georges d'avoir vendu sa vache avant de partir... ce qui eut comme effet que la Biblé a fait interdire à ce Monsieur l'accès à sa porte d'entrée jusqu'à ce qu'elle ferme les yeux...
Bref, déjà en 1940, le village entier fut divisé. Il y avait ceux qui ne voulaient pas rendre les meubles du voisin tant qu'on n'avait pas retrouvé les leurs, ceux qui avaient des pertes de mémoire subites, ceux qui profitèrent de l'opportunité pour régler certains comptes, etc. etc.
Tant de rancunes laissées en héritage... que la sagesse devrait nous dicter, sinon d'oublier, de chercher la vérité pour déméler le vrai du faux.
Il faut tout de même se pencher sur le désarroi des réfugiés qui se préoccupèrent d'obtenir une garantie d'indemnisation pour les éventuels dommages causés à leurs biens.
Le Gouvernement fit donc la promesse d'indemniser équitablement les réfugiés pour leurs biens laissés en zone armée.
L'armée avait des droits de réquisition en cas de guerre sur le terrain et, dans chaque localité, un état de cantonnement détaillant les lieux devait être réalisé. "Tout déplacement hors des locaux de meubles importants qui représentent une valeur réelle" devait être constaté par un document pour en assurer la traçabilité et la restitution ultérieure.
Aussi, pour rappel, l'article 1er du décret du 1er septembre 1939 qui stipulait que "Sont punis de peine de mort en temps de guerre les crimes, les pillages prévus par les articles 440, 441, 442 du Code pénal. Sera puni de la même peine tout vol commis dans une maison d'habitation ou dans un édifice évacué par leurs occupants par suite d'événements de guerre"
Toutes ces mesures n'empêchont en rien les abus commis par les troupes en stationnement conscientes qu'en cas de guerre réduisant tout à feu et à sang ces documents restaient illusoires.
Plus tard, nos gens seront indemnisés sur base de leur bonne foi et de témoignages pas toujours fiables.
La Biblé avait une vache jamais sortie de l'étable. Sa Charlotte était si belle et si grasse qu'on eut du mal, à l'aube du 2 septembre 39, à lui faire passer le couloir en vue de lui rendre sa liberté. Charlotte était aussi une grande gourmande, si gourmande qu'elle rendit l'âme d'avoir trop mangé. Au retour à Hestroff ses propriétaires apprirent que Charlotte avait été retrouvée morte dans un champ de luzerne à l'orée du bois d'Ebersviller, le lendemain déjà du départ de sa maîtresse... dixit un témoin qui l'avait bien reconnue la Charlotte... Il n'y avait pas plus grosse vache dans tout le canton.
Après guerre, au moment de recueillir des témoignages dans l'espoir d'être indemnisée, la Biblé fut accusée par le Pauline's Georges d'avoir vendu sa vache avant de partir... ce qui eut comme effet que la Biblé a fait interdire à ce Monsieur l'accès à sa porte d'entrée jusqu'à ce qu'elle ferme les yeux...
Bref, déjà en 1940, le village entier fut divisé. Il y avait ceux qui ne voulaient pas rendre les meubles du voisin tant qu'on n'avait pas retrouvé les leurs, ceux qui avaient des pertes de mémoire subites, ceux qui profitèrent de l'opportunité pour régler certains comptes, etc. etc.
Tant de rancunes laissées en héritage... que la sagesse devrait nous dicter, sinon d'oublier, de chercher la vérité pour déméler le vrai du faux.
Dim 29 nov 2009
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